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2019, une année à hauts enjeux politiciens : L’économie algérienne dans la crainte d’un nouveau statu quo

07 janvier 2019 à 10 h 30 min

Alors que l’économie figure parmi les plus grandes préoccupations des Algériens, aucune attention particulière ne lui est accordée par la classe politique, à trois mois du scrutin présidentiel d’avril 2019.

Ni le parti du Président, qui s’apprête, selon toute vraisemblance, à briguer un 5e mandat, ni même ceux de l’alliance présidentielle, qui soutiendront sa candidature, et, encore moins les partis de l’opposition, qui sont censés lui livrer concurrence, n’ont publié de programmes formulant des stratégies de sortie de crise pour notre économie.

Une véritable chape de plomb couvre les intentions de la classe politique algérienne, qui a subitement sombré, selon le cas, dans l’intrigue ou l’attentisme, plutôt que dans la formulation de programmes électoraux proposant des réponses claires aux préoccupations des Algériens.

Il est vrai que les partis d’opposition ne sont pas dans une situation confortable. Si le président Bouteflika, qui n’a toujours pas officialisé sa participation au prochain scrutin, venait à briguer un autre mandat, il est tout à fait clair qu’il l’emportera sans difficulté, du fait qu’il sera puissamment épaulé par une multitude de partis alliés, les organisations de masse et les hommes d’affaires.

Face à ces forces coalisées, les partis d’opposition n’auront pas d’autre choix que le boycott ou l’humiliation.

A quoi bon alors publier des programmes électoraux qui ne serviront à rien. Pour ce qui est du candidat à un 5e mandat, il lui suffira de dépoussiérer son programme précédent en prenant le soin d’ y ajouter quelques lignes qui, de toute façon, ne seront ni lues, ni appliquées.

Tout ira dans le sens du maintien du statu quo actuel, qui permet à la classe dirigeante de se maintenir encore longtemps au pouvoir, et à ses soutiens de continuer à réaliser de juteuses affaires. Si elle venait, comme tout semble l’indiquer, à se concrétiser, l’hypothèse du 5e mandat n’aura d’autre issue que celle qui avait prévalu tout au long des quatre mandats précédents.

Une issue qui ne présage évidemment rien de bon sur la manière de gouverner le pays et, tout particulièrement, son économie.

Une économie qui risque de ne plus jamais se remettre du statu quo supplémentaire qu’on va nécessairement lui imposer pour des raisons inhérentes au mode de fonctionnement du système politique rentier et bureaucratique qui nous gouverne. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la visibilité économique sera de toute évidence encore plus opaque et les réformes susceptibles d’y remédier, impossibles à réaliser dans un tel contexte.

État-providence

Pour se maintenir au pouvoir durant le prochain quinquennat, il faudra que le Président, mal élu, évite de mettre en œuvre des réformes, quand bien même indispensables, pour ne pas susciter des protestations susceptibles de dégénérer en remise en cause frontale du Président élu dans des conditions contestables.

Le calme souhaité étant essentiellement une affaire de rente à répartir à différents échelons de la société, le Président, réélu pour la cinquième fois, n’aura d’autres choix que celui de dépenser sans compter en puisant dans les recettes des hydrocarbures, les impôts et, bien entendu, la très généreuse planche à billets.

Et même si, comme tout semble l’indiquer, les recettes pétrolières venaient à se réduire, celles de la planche à billets, qui imprimera pas moins de 9000 milliards de dinars durant les années 2018 et 2019, permettront de financer durant les cinq prochaines années, non seulement les transferts sociaux, mais également des hausses de salaires au profit des fonctionnaires et de renflouer la Caisse de retraites et les entreprises publiques en faillite.

Le ton de ce statu quo économique, appelé à se prolonger avec le 5e mandat, est du reste déjà donné par la loi de finances pour l’année 2018 et, sans doute encore plus, par celle qui vient d’être signée.

Toutes les deux ne contiennent en effet aucune décision, aussi indispensable soit-elle, pour notre économie, de nature à provoquer le courroux de la population ou à donner des occasions d’agir aux syndicats autonomes ou aux partis d’opposition.

Les réformes économiques seront de ce fait évitées au maximum, au grand dam des investisseurs et autres acteurs économiques qui souhaitaient une amélioration du climat des affaires. Une réclamation toute légitime des opérateurs économiques, qui ne sera sans doute jamais satisfaite eu égard à la posture d’État-providence que le Président, mal élu, ne peut abandonner, au risque d’être contesté par tous ceux qui en tirent allégrement des profits.

C’est en effet, et cela a toujours été ainsi en Algérie, à l’État-providence qu’échoit l’obligation de faire tourner l’économie et satisfaire la demande sociale au seul moyen de son budget, quand bien même il serait fortement déficitaire, comme c’est le cas depuis que les prix du baril ont plongé.

A l’évidence, ce mortel statu quo, qui a déjà fait perdre un temps précieux à notre économie, a de bonnes raisons de persister cinq années encore si le président Bouteflika, âgé et de santé précaire, venait à briquer ce mandat de trop.

Ce long statu quo dont souffrent les opérateurs économiques est d’autant plus lourd à porter qu’il prend sa source dans un système de gouvernance ultra présidentiel instauré par le président Bouteflika, qui avait modifié la

Constitution uniquement dans cet objectif

Les grandes décisions relevant exclusivement de son autorité, rien d’important en matière de réformes ne pourra se faire sans lui.

Son état de santé, qui se compliquera sans doute davantage avec l’âge et la maladie, durant son prochain mandat, ne lui permettra pas, à l’évidence, d’initier de grandes réformes économiques et sociales, quand bien même un vice-président, comme il en est fortement question, et un Premier ministre, viendraient lui prêter main-forte.

 

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