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165 milliards de dollars de perdus d’un côté et 465 milliards de dollars de gagnés de l’autre

14 janvier 2019 à 11 h 00 min

L’essor prodigieux que connaît la fuite des capitaux humains, qui témoigne de l’incurie gouvernementale, s’est, au fil des années, traduit par un lourd impact économique, poussant le pays droit dans le mur.

Le savoir et les compétences acquis par nos cadres déracinés, souvent qualifiés de «mauvais compatriotes», car formés aux frais des budgets publics, continuent de faire le bonheur des économies d accueil.

A en croire les indicateurs-clés que fait ressortir dans une récente étude Smaïl Goumeziane, docteur en économie, professeur et maître de conférences, lui-même expatrié, le solde migratoire algérien, en termes financiers, se caractérise par sa tendance dangereusement négative : au cours des trois dernières décennies, la fuite des cerveaux, 500 000 cadres partis, a occasionné des pertes de capitaux s’élevant à 165 milliards de dollars.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cette double saignée s’avère, en revanche, des plus bénéfiques pour les terres d’accueil, aux yeux de l’ex-ministre du Commerce : un cadre formé par l’université algérienne permet au pays d’immigration d’économiser 12000 dollars par an. Ainsi, ces 500 000 cadres perdus par l’Algérie représentent un manque à gagner d’au moins 60 milliards de dollars.

Pas seulement. En termes de richesse nationale, la perte de PIB  serait  non moins lourdement pesante : le PIB/ habitant de l’Algérie étant de 7000 dollars par an, soit 210 000 dollars sur trente ans. Le départ de 500 000 cadres, c’est l’équivalent de 105 milliards de dollars dont a été amputée l’ économie nationale en termes de richesse.

Ainsi, sur la période sous revue, l’Algérie aura totalisé 165 milliards dollars de pertes sèches. Parallèlement, par ce que Dr Goumeziane qualifie d’«exportations invisibles», les pays d’accueil s’assurent de substantiels gains en PIB. Toujours en matière de richesse, chaque cadre algérien y contribue à hauteur de 20 000 dollars par an».

Ce qui se traduit par la création d’une richesse d’un montant de 300 milliards dollars/an en faveur de ces pays étrangers. Dit autrement, sur les 30 ans, les 500 000 compatriotes de très haut niveau ont fait gagner aux pays d’installation un bénéfice net de 465 milliards de dollars. N’est-il pas grand temps de trouver le moyen de juguler cette grave hémorragie ? Rien qu’au Canada, sur 25 pays fournisseurs de matière grise, l’Algérie s’est adjugée la 3e place.

Au pays de la feuille d’érable, une bonne partie des 40 000 chercheurs algériens, partis entre 1996 et 2006, profitent aux universités, centres de recherche et aux grandes entreprises. Et ce, outre les 15 000 médecins, voire plus, ayant quitté le pays ces dix dernières années pour mettre leur savoir-faire au service des hôpitaux français et tant d’autres sommités du monde de la recherche, aux compétences mondialement connues et reconnues. 


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