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Pr Madoui Mahboub Fatima Zohra. Psychiatre psychothérapeute, chef de service de psychiatrie, EHS de psychiatrie à Constantine : «La société algérienne n’est pas plus violente que les autres»

03 mars 2019 à 8 h 28 min

Comment s’est déroulé le congrès ? Etes-vous satisfaits ?

Le congrès s’est très bien déroulé, aussi bien sur le plan organisationnel que scientifique, et nous avons eu des retours satisfaisants de la part des participants.

Des échanges d’expertises en matière de prise en charge des troubles mentaux ont eu lieu entre les différents praticiens nationaux, tunisiens et français. Il y a eu consensus à propos du modèle thérapeutique de certaines pathologies mentales.

Pourquoi le choix de Timimoun ?

Ce choix n’est pas fortuit, une grande partie du Sud, et surtout les régions les plus éloignées, comme Timimoun, ne possèdent que très peu de ressources en ce qui concerne la prise en charge en santé mentale, nous avons voulu échanger avec les quelques professionnels sur place afin de mettre une passerelle scientifique de collaboration entre les professionnels de toute l’Algérie.

Quel est l’état de la discipline en Algérie ?

La discipline se porte plutôt bien, comme en témoigne la réussite de ce congrès qui a brassé plus de 140 participants (psychiatres, psychologues et paramédicaux). Le nombre de psychiatres est en hausse permanente et la qualité de la formation s’est nettement améliorée par rapport aux années précédentes. Actuellement, les psychiatres sont formés aux techniques psychothérapiques les plus récentes et de pointe.

Et qu’en est-il de la prise en charge des maladies psychiatriques dans le Grand Sud ?

Oui, il existe de grandes disparités dans la prise en charge des troubles mentaux et certaines wilayas ne disposent pas d’hôpitaux psychiatriques ni même de consultations externes, ou de psychiatres privés, et les familles sont obligées de faire de longs trajets pour obtenir de l’aide

Justement, le projet de santé mentale, parrainé par l’OMS, vise à équilibrer les ressources en santé mentale, entre le Nord et le Sud, par la formation des médecins généralistes et du personnel paramédical dans les régions, qui en sont dépourvues. Notre présence à Timimoun est un bel exemple de partage des connaissances dans le sud du pays.

Vous avez choisi trois thèmes, parmi lesquels celui de la violence, ce thème revêt-il une importance particulière pour les psychiatres en Algérie ?

En effet, ce thème est important en psychiatrie, car la violence peut être le résultat d’un malaise psychique ou entretenue par des difficultés psychologiques ou même existentielles en rapport avec des stress multiples.

Les psychiatres, au cours du congrès, ont décrypté la violence en tant que phénomène sociétaire et morbide, et abordé ses aspects cliniques, éthiopathogéniques et thérapeutiques.

Peut-on dire que la société algérienne est particulièrement violente ?

La société algérienne n’est pas plus violente que les autres. La violence est un phénomène universel et représente un baromètre des rapports entre les humains. La vie en société est souvent source de conflits en raison des intérêts divergents, des besoins et des valeurs qui ne sont pas toujours les mêmes. Les stress psychosociaux peuvent se manifester par de la violence.

Nous traiterons dans ce congrès les causes et les conséquences de la violence en société, surtout son aspect relatif à certaines situations de précarité mentale.


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