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Amélioration de la prise en charge du diabète

Plaidoyer pour le remboursement des médicaments innovants

07 juillet 2019 à 10 h 00 min

Les dernières classes thérapeutiques ont montré leur efficacité.

La prise en charge des patients diabétiques, qui a connu depuis une décennie une réelle évolution en matière de traitements thérapeutiques, notamment avec l’arrivée des nouvelles insulines, semble freinée, alors qu’on assiste à la progression galopante de la maladie avec des complications souvent bien installées, eu égard à l’ancienneté de la pathologie.

Lors de la dernière rencontre organisée par le ministère de la Santé, le 1er sommet algérien du diabète, le 29 juin dernier, l’accent a été justement mis sur la nécessité d’améliorer la prise en charge du diabète de type 2 en Algérie.

Pour les spécialistes, la mesure et la surveillance du taux de glycémie chez les diabétiques est certes importante, mais il y a d’autres facteurs à prendre en compte, notamment le risque de complications cardiovasculaires et rénales, qui nécessitent une réelle surveillance.

Ce qui s’inscrit dans l’approche préventive indiquée dans ce type de maladie. Le Pr Mourad Semrouni, président de la Société algérienne de diabétologie, a rappelé que les nouvelles molécules innovantes enregistrées par le ministère de la Santé depuis quelques années, après avis des experts, ne sont pas encore remboursées, alors que d’autres n’ont même pas d’AMM (Autorisation de mise sur le marché.

«Ces molécules, en l’occurrence les analogues GPL-1 et les inhibiteurs SGLT2, ont pourtant montré leur efficacité chez des patients qui les ont utilisées, d’où la nécessité de les avoir et de les rembourser, d’autant que des projets de leur fabrication sont en cours. Les preuves scientifiques ont été démontrées et les résultats sont spectaculaires, que ce soit sur le poids, le cholestérol, l’hypertension artérielle et les problèmes cardio-vasculaires.

Les responsables de la Sécurité sociale doivent faire confiance aux experts et, ne pas douter des compétences des experts cliniciens et de l’efficacité de ces produits», a souligné le Pr Semrouni, en précisant que des économies sur le coût global de la prise en charge du diabète sont certaines, notamment les complications, qui nécessitent généralement des hospitalisations.

«Les bénéfices seront importants, que ce soit pour la CNAS ou pour les malades», a-t-il ajouté, en rappelant que toutes les recommandations internationales, en l’occurrence de l’AD et Easd insistent sur la nouvelle approche thérapeutique, qui consiste à personnaliser le traitement et à retarder le passage à l’insuline. «D’ailleurs, peu de patients arrivent à l’objectif avec l’insuline.

Les nouvelles thérapeutiques s’inscrivent justement dans cette approche de personnalisation, notamment pour certains diabétiques qui présentent des risques cardio-vasculaire, rénal, etc». Abondant dans le même sens, le Pr Rachid Malek, chef du service de médecine interne au CHU de Sétif, a souligné que le diabète n’est pas, en lui-même, la cause directe de la mortalité, mais «ses complications, et à leur tête, les cardiopathies, les maladies rénales et les AVC qui sont les principales causes des décès», tout en recommandant la prescription des nouvelles molécules, et ce, afin d’éviter toutes les complications qui «reviennent plus chères que les médicaments innovants, sachant que le risque cardio-vasculaire chez le diabétique est de plus en plus important», a-t-il souligné, en précisant que le risque d’hypoglycémie qui guette le malades freine l’observance thérapeutique, tout en sachant que les hypoglycémies aiguës sont à l’origine des lésions cérébrales et des événements cardio-vasculaires et, dans certains cas, des accidents peuvent survenir plus tard.

«Il faut savoir que l’hypoglycémie est aussi compliquée que l’hyperglycémie. Les patients diabétiques adultes décèdent par maladies cardiaques et le risque d’AVC est multiplié par 2 ou 4 fois.

75% des patients sont hypertendus et plus de 75% des hospitalisations liées aux maladies cardio-vasculaires sont attribuables à la macro-angiopathie», a-t-il encore précisé. Et d’ajouter : «D’où l’intérêt de ces thérapeutiques innovantes qui agissent sur HbA1c, évitent l’hypoglycémie et offrent une protection cardio-vasculaire et rénale.»

En attendant la mise sur le marché des nouvelles molécules et le remboursement de celles ayant bénéficié de l’Autorisation de mise sur le marché (AMM), le problème du contrôle de la maladie et de ses complications demeure posé, notamment avec les nouveaux appareils d’auto-mesure fabriqués localement et non validés.

«Des mesures qui ne reflètent pas toujours la réalité. Ce qui complique davantage la prise en charge», a souligné un médecin généraliste exerçant dans une maison de diabétiques. Ce problème a été déjà soulevé par les pharmaciens et les praticiens, qui exigent la conformité selon les exigences internationales.


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