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Lutte contre le Cancer du sein en Algérie et diagnostic précoce : Renforcer la formation pour le dépistage

24 février 2019 à 8 h 49 min

Il y a chaque année près de 1,38 million de nouveaux cas et 458 000 décès dus au cancer du sein (IARC Globan, 2008). Ce type de cancer est de loin le premier chez la femme, à la fois dans les pays développés et dans ceux en développement.

En Algérie, l’incidence du cancer du sein progresse régulièrement et actuellement on enregistre plus de 12 000 nouveaux cas chaque année.

C’est ce qu’a révélé le Dr Abdelhamid Salah Laouar, président de la Société algérienne de formation continue en cancérologie (SAFCC). Intervenant à l’occasion des deuxièmes journées de formation continue en cancérologie, organisées samedi dernier à l’APW de Tizi Ouzou, il a expliqué que ceci est dû à l’allongement de l’espérance de vie, aux modifications des conditions socio-économiques et à l’«occidentalisation» des modes de vie.

«A l’heure actuelle, on ne dispose pas de connaissances suffisantes sur les causes du cancer du sein, donc le dépistage de la maladie et le diagnostic précoce restent les principaux moyens de lutter contre ce mal», dit-il. Selon ses dires, lorsque le cancer du sein est dépisté à un stade précoce, et si les traitements appropriés sont disponibles, il y a de fortes chances qu’il puisse être soigné et guéri.

A l’inverse, s’il est dépisté tardivement, il est fréquent que le traitement curatif ne soit plus possible, et c’est justement ce qui caractérise le cancer du sein en Algérie, c’est-à-dire l’atteinte de la femme jeune, comparativement à la femme occidentale, avec un diagnostic souvent tardif, au stade métastatique, où malheureusement il n’ y aura à proposer que des soins palliatifs, a fait savoir le Dr Abdelhamid Salah Laouar.

Ceci est dû essentiellement, a-t-il souligné, à l’absence d’informations sur le dépistage et sa généralisation à l’ensemble du territoire national, et surtout à un diagnostic au stade tardif de la maladie, en raison d’une insuffisance dans la formation des professionnels de santé, d’une part, et l’anarchie dans la prise en charge et l’accès difficile aux soins, d’autre part, a soutenu le même intervenant.

«Cette situation peut changer radicalement si des programmes de santé publique appropriés sont mis en place, et surtout bien appliqués, d’autant plus que nous disposons d’un Plan national cancer et d’une nouvelle loi sanitaire, qui sont des outils institutionnels très importants qui permettent aux professionnels de la santé de travailler dans un cadre organisé et d’avoir des actions coordonnées avec des objectifs à atteindre à court, moyen et long termes pour lutter efficacement contre le cancer».

Aussi, la mise à niveau de tous les professionnels de santé (médecins, paramédicaux, oncopsychologues, personnels de l’administration, etc. est nécessaire, a-t-il plaidé.

Pour le Dr Salah Laouar, cette mise à niveau, qui a une importance capitale, passe par une formation continue, un partage des expériences et le travail en réseau. «La promotion de la prévention doit se faire en direction des personnes cibles et de la population en général, en impliquant les acteurs disposant d’une solide expérience, et surtout ceux qui connaissent le terrain.

Enfin, la sensibilisation de la population sur les facteurs de risque et les bienfaits du dépistage en impliquant les médias et toutes les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic), qui restent aussi des acteurs importants et incontournables pour gagner la bataille contre le cancer.

Donc, au final, la lutte contre le cancer est une affaire de tous, car tout le monde est …cancer-né (on naît presque cancéreux, Ndlr)». Pour le doyen de la faculté de médecine de Tizi Ouzou, Pr Abdelkrim Messaoudi, «l’intérêt de cette journée de formation avec 4 ateliers est d’améliorer nos pratiques quotidiennes afin de pouvoir soigner précocement ce cancer et de limiter les séquelles liées à la maladie et aux traitements».

A ce sujet, il a exprimé l’engagement de la faculté de médecine de collaborer avec tous les services qui travaillent à la prise en charge des cancers, CHU et Centre anticancer, en matière d’enseignants, de professeurs et de la formation.

Il a ajouté que le conseil scientifique de la faculté de médecine de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a validé le programme de formation dans le dépistage et la prise en charge des cancers.

En matière de formation et d’amélioration de la prise en charge des patients de la wilaya de Tizi Ouzou, Pr Mesaoudi propose d’ériger certains services des EPH (Azazga, Aïn El Hammam, Draâ El Mizan) en services universitaires, en collaboration avec le CHU et la direction locale de la santé, notamment pour les spécialités de forte demande, ce qui permettra, selon lui, de renforcer les services par des professeurs et des médecins en créant une nouvelle dynamique de formation et de soins chez la population locale.

Cette rencontre scientifique, placée sous le haut patronage du wali de Tizi Ouzou, est organisée par la Société algérienne de formation continue en cancérologie, en collaboration avec l’APW, la faculté de médecine et des associations activant dans le domaine médical, dont Tujya.

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