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Prise en charge des Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

L’implication des patients pour une meilleure qualité de vie

29 septembre 2019 à 10 h 00 min

Ces maladies, qui regroupent la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn, constituent les pathologies les plus fréquentes qui touchent les sujets jeunes âgés entre 20 et 30 ans.

S’efforcer de traiter tôt la maladie, créer des centres de prise en charge d’excellence de MICI, travailler de façon multidisciplinaire dans chaque centre, assurer un niveau conséquent de prise en charge des patients MICI, travailler en réseau, permettre aux patients de participer activement au management de leur maladie et promouvoir l’éducation thérapeutique, telles sont les recommandations proposées hier par le Pr Nakmouche M’hamed, chef de service de gastro-entérologie au Chu de Bab El Oued, lors de la journée d’éducation des patients sur les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, organisée par les laboratoires Janssen et à laquelle ont pris part des patients et les médecins traitants.

Ces maladies, qui regroupent la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn, constituent les pathologies les plus fréquentes qui touchent les sujets jeunes âgés entre 20 et 30 ans, et elles peuvent survenir à tout âge et 15% concernent les enfants.

Ces maladies, a souligné le Pr Nakmouche, ont connu une augmentation significative au cours des trente dernières années et touchent certaines régions du monde, notamment les pays industrialisés en Europe et les Etats-Unis.

Pour l’Algérie, a-t-il précisé, il n’y a aucune étude épidémiologique sur ces maladies au niveau national. «Il n’y a pas de statistiques précises sur l’incidence de ces maladies en Algérie, mais nous disposons de quelques données émanant des quatre études et travaux réalisés à l’échelle locale respectivement en 1985, 1995, 2006 et en 2016.

Cette dernière concerne une étude rétrospective qui a montré qu’il y a une augmentation des nombre de patients atteints des MICI qui touche les femmes et les hommes. L’incidence a augmenté de 300%, notamment pour la maladie de Crohn», a indiqué le conférencier.

Pour ce qui est de la Rectocolite hémorragique (RCH), les trois études ont montré que l’incidence de la maladie est restée stable au cours des trente dernières années, mais a connu une légère augmentation au cours de dix dernières années. La prévalence des ces maladies avoisine en Algérie les 3,4/100 000 habitants.

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique pouvant atteindre n’importe quelle partie du tube digestif, depuis la bouche jusqu’à l’anus, a-t-il souligné.

Elle touche généralement le côlon (gros intestin) et l’intestin grêle. «Dans les cas les plus compliqués, des dizaines de centimètres de l’intestin grêle sont touchés et des fistules peuvent apparaître. Les symptômes principaux sont les douleurs abdominales, les diarrhées chroniques et du sang dans les selles», a-t-il indiqué, en précisant qu’à cela peuvent s’ajouter fièvre et amaigrissement.

Ces maladies, dont l’origine reste inconnue, mais probablement multifactorielles, dont le tabac, nécessitent une prise en charge médico-chirurgicale.

Sur l’ensemble des patients, près de 45% des patients présentent des poussées peu fréquentes, alors qu’entre 50 et 60% des cas font des formes sévères de la maladie, avec des poussées plus fréquentes, qui nécessitent le recours à des traitements intensifs, voire la chirurgie, surtout que 50% récidivent avec des complications, notamment dans la maladie de Crohn.

«A chaque poussée, des lésions se forment, elles finissent par s’accumuler et entraînent par la suite des complications, en l’occurrence des fistules, la sténose, etc», a-t-il indiqué. Qu’en est-il aujourd’hui du traitement médical ? Les corticoïdes, les immuno-suppresseurs, les anti-TNF alfa et aujourd’hui la biothérapie constituent l’ensemble des armes thérapeutiques utilisées et qui donnent de très bons résultats.

«Ces traitements, qui sont prescrits à vie, nécessitent un suivi et un contrôle, d’où l’importance de l’implication du patient dans la gestion et la compréhension de la maladie. Ces classes thérapeutiques sont très efficaces dans le traitement de ces maladies, mais des effets secondaires peuvent survenir, notamment avec les corticoïdes.

Les anti tnf ont également montré leurs preuves et doivent être prescris d’emblée en cas d’échappement thérapeutique, tout comme la biothérapie, ainsi que d’autres thérapeutiques qui ne sont pas encore disponibles en Algérie. Ce qui permettra, a-t-il encore souligné, de prévenir les rechutes, d’éviter les hospitalisations et les interventions chirurgicales, de prévenir les lésions irréversibles, de prévenir le handicap et le cancer qui se développe sur les lésions inflammatoires».

«Ces thérapeutiques ont modifié l’histoire naturelle de la maladie», a-t-il indiqué en se référant à une étude danoise qui a concerné 13 185 patients atteints de la maladie de Crohn et 35 782 patients souffrant de rectocolite hémorragique, qui a montré une diminution du recours à la chirurgie.

Ces maladies auto-immunes restent quand même invalidantes et très complexes pour la vie des patients. Aucune étude épidémiologique nationale n’a été réalisée pour connaître l’ampleur de ces maladies, dont les traitements médicamenteux sont très onéreux.

«Les patients sont traités le plus longtemps possible pour leur éviter la chirurgie et les résections multiples et répétitives, mais pour certains, cela arrivera tôt ou tard, surtout chez ceux qui font des résistances aux traitements médicamenteux et lorsque la maladie évolue vers des sténoses, des fistules dans le cas de la maladie de Crohn, qui nécessitent des traitements chirurgicaux», ont relevé les différentes intervenants, qui estiment que ces maladies doivent être évaluées afin de pouvoir faire des projections et organiser la prise en charge dans les mêmes conditions dans tous les centres du pays.

Ils ont appelé au renforcement du matériel de diagnostic, comme les endoscopes, dans les différents services et structures de santé pour permettre un accès à tous les patients.

Le président de l’Association des malades atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin de Constantine, Mohamed Kechoud, a estimé que cette journée d’éducation ne peut être que bénéfique pour leurs adhérents qui sont au nombre de 870 patients à Constantine.

«Ces maladies sont en augmentation en Algérie et les patients doivent être informés pour comprendre leur maladie et surtout suivre leur traitement.

Notre association est l’intermédiaire entre le milieu médical et le patient pour l’aider à avoir accès aux soins et un diagnostic précoce pour une prise en charge rapide afin d’éviter les complications», a-t-il souligné, et de rappeler que «ces maladies nécessitent de nombreux examens pour faire le diagnostic et le suivi de la maladie, qui sont souvent onéreux, notamment les examens radiologiques et biologiques.

C’est là que l’Association intervient pour faciliter les démarches et accéder à ces soins. Le problème se pose également pour certains médicaments qui tombent en rupture», a-t-il ajouté. Et de préciser que la tranche d’âge des patients varie entre 20 et 60 ans.


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