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«Les diabétiques à haut risque ne doivent pas jeûner»

28 avril 2019 à 10 h 00 min

On ne peut pas parler de jeûne chez les patients diabétiques sans évoquer les risques que cela peut engendrer, selon le Pr Samia Zekri, interniste au service de médecine interne à l’hôpital de Birtraria.

Revenant sur les recommandations nationales et internationales, le Pr Zekri classe ces risques en trois catégories pour que le jeûne réponde à certaines conditions. Il s’agit, selon elle, en premier lieu du très haut risque qui concerne les diabétiques de type 1 déséquilibré et ceux de type 2 instable, avec des complications cardiaques et artériopathie, ceux-là ne sont pas éligibles au jeûne.

La deuxième catégorie, qui est le haut risque, explique-t-elle, concerne les diabétiques de type 1 et les diabétiques de type 2 bien équilibrés, mais qui souffrent d’une néphropathie stade 3 (microalbuminerie) pour qui le jeûne est interdit. Pour ce qui est de la troisième catégorie, on parle, a-t-elle souligné, de la catégorie à risque modéré ou faible, notamment les diabétiques sous traitements antidiabétiques oraux, qui sont autorisés à jeûner en suivant les conseils de leurs médecins.

Le Pr Zekri a, dans ce sillage, insisté sur l’importance de l’éducation thérapeutique structurée et dirigée dans le contexte qui est le Ramadhan. «Ces malades doivent être gérés par une équipe multidisciplinaire spécialisée, s’assujettir à des prescriptions d’auto-surveillance particulières et suivre les conseils diététiques sains et une activité physique modérée.

Les diabétiques à très haut risque et à haut risque sont assujettis à une auto-surveillance capillaire de 6 fois par jour au moins», a-t-elle indiqué, en précisant qu’«habituellement, ils se contentent de contrôler leur glycémie 3 fois par jour, et durant le mois de Ramadhan deux fois par jour, selon une étude réalisée à Sétif par le Pr Malek.

Les malades ne suivent pas toujours les conseils de leur médecin et cela les expose à des risques, voire à des dangers», a t-elle souligné. Les malades à très haut risque et à haut risque qui veulent jeûner doivent être accompagnés et surveillés.

«Un bilan portant sur l’état cardio-vasculaire, rénal, HTA et ophtalmologique, trois mois avant le Ramadhan, doit être effectué pour pouvoir adapter et opérer des changements dans la posologie ou les doses de la thérapeutique, quelle que soit celle-ci», a-t-elle indiqué, tout en revenant sur les principaux risques auxquels peuvent être exposés les diabétiques jeûneurs, en l’occurrence les hypoglycémies sévères, les hyperglycémies après la rupture du jeûne, avec parfois de l’acidocétose, le risque de déshydratation, de thrombose veineuse et artérielle : «Il faut savoir que devant une glycémie inférieure à 0,70 g ou supérieure à 3 g, le jeûne doit être immédiatement interrompu et le malade doit se resucrer. Une hypoglycémie ne donne pas le temps au patient diabétique de se resucrer. C’est suicidaire.»

A propos de l’activité physique pendant le Ramadhan, le Pr Zekri estime qu’«elle est à proscrire pendant le jeûne, que ce soit pour les diabétiques ou les non diabétiques. Elle est plutôt recommandée après la rupture du jeûne pour diminuer l’excès de sucre et maintenir une bonne santé», a-t-elle encore précisé.

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