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Salon de la pharmacie en Algérie (Siphal)

Fabrication de 70 anticancéreux d’ici la fin de l’année

03 février 2019 à 11 h 11 min

Des opérateurs annoncent le lancement de nouvelles unités de fabrication en oncologie et en bandelettes d’autosurveillance glycémique.

Le Salon international de la pharmacie et de la parapharmacie (Siphal), qui s’est tenu du 30 janvier au 2 février, a vu la participation de nouveaux opérateurs de l’industrie nationale du médicament, portant de nouveaux projets d’investissement.

Des projets inscrits dans la politique du gouvernement encourageant la production nationale, dont l’objectif principal est la réduction de la facture à l’importation, notamment dans un contexte économique des plus difficiles. Ainsi, en dix années, la production nationale a connu une moyenne de croissance annuelle de 17%, ce qui a mené le marché local à se développer et à atteindre actuellement les 2 milliards de dollars.

«Ce qui n’est pas négligeable», selon les opérateurs de la pharmacie, qui croient pouvoir faire mieux «si toutes les conditions entourant l’industrie pharmaceutique étaient réunies», tout en estimant que le marché algérien dispose des moyens nécessaires. 345 usines sont en cours de réalisation, dont une dizaine sont destinées à la fabrication de produits de biotechnologie, en l’occurrence les bio-similaires, pour devenir un hub dans la région.

Un objectif que se fixent justement certains opérateurs interrogés lors de ce Salon. Orion Lab, un laboratoire algérien, filiale du laboratoire Sophal, participe pour la première fois au Siphal. Cette nouvelle unité de production des médicaments anticancéreux, située à Oran, entend mettre sur le marché 70 produits, dont une trentaine de formes sèches, pour 15 indications dans le traitement du cancer, toutes localisations confondues.

«Ces médicaments sont pour le moment tous importés. Nous nous sommes engagés dans leur fabrication pour justement contribuer à la réduction de notre dépendance à l’importation et aussi à la formation, car il s’agit d’un transfert de technologie», nous confie Seddik Amry, directeur général d’Orion Lab.

Et d’ajouter : «Avec notre laboratoire, nous avons l’ambition d’être un acteur pivot de la santé et de l’économie en Algérie, en rendant accessible à tous des traitements de qualité, tout en ayant un impact positif sur la facture d’importation.» Selon M. Amry, son usine a la capacité de satisfaire 100% de la demande du marché algérien et ambitionne d’exporter ses produits à l’international dès 2021.

«Notre laboratoire sera le premier en Algérie à produire des médicaments cytotoxiques de manière totalement confinés et dans le respect des règles de protection de l’environnent et de la protection des opérateurs, à assurer la disponibilité des traitements des principaux cancers en Algérie et à faciliter l’accès aux soins des patients», a ajouté M. Amry, en précisant qu’il collabore avec les fournisseurs européens de machines les plus performantes et les plus qualifiées en termes de haut confinement «high containment».

Outre la couverture du marché local, Orion Lab entend exporter ses produits et réaliser des contrats manufacturing pour les laboratoires étrangers. Il rappelle que ce projet d’usine est construit sur un terrain de 5000 m2, pour un investissement de 4,5 milliards de dinars et 200 emplois sont prévus.

Les capacités de production annuelle sont estimées à 40 000 000 de gélules, 100 000 000 de comprimés et 2000 000 d’injectables. M. Amry n’écarte pas, par ailleurs, de se lancer dans la fabrication de bio-similaires, mais cela, a-t-il noté, pose le problème de la matière première. «Cela reste tout de même possible, rien ne nous empêche de négocier avec une multinationale leader en la matière pour y arriver. Notre usine est adaptée pour ce type de produits.» L’usine Orion Lab entrera en production dès le mois de juillet prochain, signale M. Amry, qui se dit très optimiste quant à la délivrance d’une décision d’enregistrement.

Par ailleurs, le marché local enregistre un quatrième producteur de bandelettes d’automesure de glycémie. Il s’agit du laboratoire Expensimed, qui a déjà lancé la fabrication de lots de validation de ces bandelettes sous la marque Bionime, jusque-là importées. «Notre usine, implantée à Blida, est prête à lancer la fabrication des bandelettes Bionime, dont l’usine mère est à Taïwan. Nous attendons juste la décision d’enregistrement pour pouvoir fabriquer les premières boîtes en Algérie.

Les lots de validation sont passés au contrôle au niveau du LNCPP», souligne Mourad Belbegra, directeur général d’Expensimed, qui précise que son usine a les capacités de produire 4 millions de boîtes de bandelettes pour l’année 2019 et il vise également à pénétrer le marché extérieur. «En termes de qualité, notre produit comporte des caractéristiques autres que celles des autres produits.

La bandelette Bionime est munie d’électrodes en alliage d’or, qui minimisent les écarts dans les résultats de mesure, alors que les autres bandelettes sont en carbone», signale M. Belbegra. A la question de savoir si le prix de son produit coûtera plus cher, M. Belbegra rappelle que toutes les bandelettes sont alignées sur un même tarif de référence.

Ainsi, les opérateurs de la pharmacie axent justement le débat sur l’amélioration des conditions pour encourager cette production locale, notamment les bio-similaires. Ce qui n’est pour le moment pas possible, puisque le cadre juridique et réglementaire n’est pas encore mis en place, ont signalé les experts lors de la table ronde, organisée jeudi après-midi à la Safex sous le thème «Il n’y a pas encore une volonté politique», a-t-on résumé.

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