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Déconfinement : intérêt du dépistage massif avec Big Data des applications Chifa et Hana

26 avril 2020 à 9 h 51 min

Face au gigantesque défi qu’impose la situation pandémique mondiale à notre pays, il est de la plus haute importance d’anticiper les scénarios et de ne pas céder au fatalisme.

A une situation inédite, des actions exceptionnelles et des mesures inédites doivent être prises. Pharmaciens, médecins et leurs collaborateurs du corps médical et paramédical doivent s’unir pour optimiser leurs actions, conjuguer leurs efforts et coordonner leurs interventions avec les différents intervenants, tels que les donateurs privés ou publics, la société civile, les administrations publiques, APC, daïra, wilaya, toutes les catégories du corps médical et leur ministère de tutelle, autour des axes d’action suivants :

– Renforcer les mesures des gestes barrières par la mise à disposition des moyens de protection nécessaires aux professionnels de santé des différents établissements sanitaires, qui sont à la première ligne de front de la prise en charge et la gestion des malades dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 (masques FFP2, tenues de protection, gants chirurgicaux, gel hydroalcoolique, etc. surtout.

– Mettre en œuvre et en urgence les dispositions nécessaires pour commencer le dépistage rapide et massif, avec utilisation des Big Data de la base de données chifa. Ceci va permettre rapidement aux spécialistes d’avoir une carte pandémique nationale et d’agir en temps réel, par l’élaboration de recommandations et des plans de gestion du traitement et prise en charge des malades Covid-19, confinement des personnes à risques et transporteurs sains, ainsi que le déconfinement progressif afin d’éviter une reflambée de la pandémie.

Le dépistage massif une recommandation de haute importance de l’OMS

Le directeur général de l’OMS lança à plusieurs reprises des appels à tous les pays du monde pour intensifier les tests de dépistage au Covid-19. «Testez tous les cas suspect, s’ils sont positifs, isolez-les et découvrez avec qui ils ont été en contact étroit jusqu’à deux jours avant l’apparition des symptômes, et testez également ces personnes.» Pour appuyer cette déclaration, l’OMS a expédié près d’un million et demi de tests dans 120 pays.

Au regard de l’écart de situation entre les pays qui l’ont pratiqué de façon précoce, comme la Corée du Sud et l’Allemagne qui semblent avoir mieux réussi à contrôler l’épidémie, et les autres pays comme la France, l’Espagne ou l’Italie dans lesquels la politique de dépistage a été beaucoup plus restreinte, la question du dépistage massif s’impose aujourd’hui de façon cruciale.
Comment fonctionnent les tests dont on dispose aujourd’hui ?

Le test RT-PCR

Le SARS-CoV2 est un virus à ARN. L’ARN, c’est le support intermédiaire qui permet de convertir l’ADN en protéine. Dans le test RT-PCR, cet ARN va donc être transformé en ADN puis amplifié largement de façon à pouvoir être détecté par des colorants fluorescents qui ont une affinité avec cet ADN. Si l’échantillon est fluorescent, c’est donc qu’il y a ADN viral, et donc que le test est positif.

La technique de PCR est une technique classique. Elle est utilisée pour la rougeole, l’herpès, l’hépatite A ou la grippe. Ce qui rend ce dépistage plus compliqué, c’est la grande contagiosité du virus, qui dans l’état actuel des choses, conduit à effectuer cette technique dans des laboratoires P2 à pression négative pour éviter toute contamination du personnel.

Face au manque de kit et de laboratoire P2 ,les autorités sanitaires françaises, par exemple, en ont restreint l’usage aux cas graves induisant une hospitalisation, les professionnels de santé présentant des symptômes, dans les cas de comorbidité importantes comme le diabète, les maladies respiratoires ou coronariennes, les patients immunodéprimés, les femmes enceintes qui présentent des symptômes et dans les cas d’exploration d’un foyer d’infection important, notamment dans les collectivités de personnes âgées.

Le test sérologique. IgG, IgM

A l’inverse des tests utilisés depuis le début de la pandémie en France et également en Algérie les PCR, les tests sérologiques ne sont pas les plus adaptés pour savoir si quelqu’un est malade. «Ils permettent de détecter certains anticorps, la réponse immunitaire de notre corps», selon Isabella Eckerle, virologue au Centre des Maladies Virales Emergentes de Genève. «Ce test permet de détecter rapidement les anticorps produits par un individu qui a été contaminé par le virus. Ils peuvent être également utiles pour diagnostiquer certains malades, en complément des tests PCR qui peuvent parfois ne pas détecter une infection, sans s’y substituer.» En d’autres termes : les tests sérologiques mettent en évidence une infection passée. Sont-ils inutiles ? Loin de là.

La première chose qu’ils pourraient nous apprendre, c’est la proportion de personnes qui ont déjà été infectées par le virus, mais n’ont pas été malades : les asymptomatiques. Pour le Sars, un coronavirus très mortel émergé en 2003, la part d’asymptomatiques était faible, d’où la facilité d’endiguer le virus par une mise en quarantaine stricte. Mais si une grande partie des personnes touchées par le Sars-Cov2 sont asymptomatiques, il faut des mesures de dépistage et de traçage beaucoup plus importantes.

Et les tests sérologiques permettent cette approche, en identifiant la dynamique d’évolution de l’épidémie, c’est-à-dire savoir où le virus a circulé en dehors des cas cliniques. Cela pourrait nous permettre de mieux comprendre quel est le taux d’asymptomatiques, qui reste pour l’instant bien mystérieux. Les premières données françaises sur la question devraient être disponibles dans les jours à venir. Les Etats-Unis et la Suisse ont également lancé des études importantes de leur population.

Autre grand avantage des tests sérologiques, c’est de permettre de savoir si une personne est protégée face au Covid-19. Si elle a des anticorps, on pourrait en déduire que le coronavirus Sars-Cov2 ne peut pas l’infecter à nouveau. C’est ce que l’on voit pour beaucoup de maladies (pas toutes) et c’est sur ce principe que fonctionnent les vaccins. Cela permet donc de savoir quelle est la proportion de la population qui est immunisée à la maladie et qui n’a donc aucune chance d’être atteinte, mais surtout de propager le Covid-19. Si 60% de la population sont immunisés, une épidémie n’a quasiment plus de risque de se développer.

Autrement dit, le test sérologique IgG,IgM est la pierre angulaire d’une stratégie de déconfinement. Des chercheurs allemands ont même évoqué l’idée d’un «passeport d’immunité» un certificat délivré par le médecin, ou le pharmacien, qui «pourra permettre à toute personne immunisée de se soustraire à certaines obligations de confinement ou de mesures barrières». le dépistages massif est à ce titre très important qui à terme permettra la compréhension de l’immunité de la population ,la clé de la lutte contre l’épidémie, aidée du développement d’un vaccin, dans de longs mois.

Pourquoi la Corée du Sud et l’ Allemagne ont été en mesure de pratiquer des dépistages massifs ?

La mauvaise gestion de l’épidémie de Mers-Cov en 2015 a permis à la Corée du Sud de tirer de précieuses leçons. Dès les premiers signes de l’arrivée du Covid-19, les autorités ont réagi rapidement, en concentrant tous leurs efforts sur la production de kits supplémentaires,qui a été immédiatement lancée, avec capacité de 60 000 tests par jour, 8000 malades identifiés, confinés par cercles concentriques et une épidémie presque totalement contrôlée.

Les populations avec leurs zones à risque ont été massivement testées, avec une stratégie de confinement ciblée : si un test se révèle positif, les autorités sanitaires procèdent à un traçage numérique de la personne infectée : bornage téléphonique, achats par carte bancaire, vidéo-surveillance, tous les indices de ses déplacements de façon à identifier tous les contacts que cette personne a pu avoir et les tester également.

L’Allemagne, avec une stratégie concentrique de test des personnes symptomatiques qui ont été en contact avec quelqu’un de positif dans les 14 derniers jours ou qui ont séjourné dans une zone à risque, maîtrise tant bien que mal la situation avec une capacité de 25 000 tests par jour.

Le cas du village italien de Vo, en Vénétie, un village de 3300 habitants où résidait la première personne décédée du coronavirus, est à ce titre également révélateur. En effet, le test a été rendu obligatoire dès le début du confinement. 88 personnes ont été testées positives et placées en isolement – dont de nombreux jeunes asymptomatiques. Résultat : aucun cas de contagion depuis une semaine, et il ne reste aujourd’hui que 7 malades.

Les contours du Projet opération de dépistage massif avec Big data des applications Chifa et Hana

Avant de parler de l’opération de dépistage massif Big Data Chifa & Hana, nous rapportons ci-dessous une mise au point sur les dépistages massifs, leur fonctionnement, les recherches et les différentes stratégies des pays pour les mettre en place massivement.

Pourquoi l’opération dépistage massif Big Data Chifa &Hana ?

Les tests de sérologie reposent sur une prise de sang, afin d’y trouver des anticorps que l’organisme est en train de produire contre le Covid-19, mais également des anticorps que celui-ci conserve après avoir vaincu l’infection. Et cela, Même si la personne testée n’a pas montré de symptômes mais est porteuse du virus.

Ce type de dépistage pourrait ainsi montrer «la véritable échelle de la pandémie»,en nous permettant de savoir qui a été contaminé et qui ne l’a pas été, ainsi que le nombre de personnes immunisées. Le chiffre du taux de mortalité serait plus objectif, car il est actuellement incomplet. Cette méthode s’avère essentielle pour le déconfinement, puisque l’on connaîtra, zone par zone, la circulation du virus, ainsi que la proportion restante de personnes immunisées et de personnes vulnérables.

La bonne nouvelle, est que les tests sérologiques seront «sans limite»,des dizaines, des centaines de milliers de tests pourront être faits par jour. Ces tests viseraient plutôt à organiser des mesures adéquates après le déconfinement, mais pourraient aussi appuyer le processus de déconfinement dans les zones les plus touchées. Et enfin le coût sera moindre que les autres méthodes.

L’Algérie sera-t-elle en mesure de mettre en place une stratégie de dépistage massif pour un déconfinement progressif sans risque ?
Depuis les premiers cas de corona positifs, emboîtant le pas aux pays européens les plus touchés, comme la France, l’Italie et l’Espagne, l’Algérie a pu mettre en place un dispositif de confinement progressif sur l’ensemble des wilayas du pays, depuis la date des premiers cas confirmées de Covid-19 à Blida, l’épicentre de la pandémie en Algérie, à laquelle un confinement total a été appliqué. Mesures salutaires qui restent néanmoins insuffisantes.

En effet, avec une capacité de dépistage relativement faible, d’un plafond de 600 à 1000 tests par jour, un confinement partiel pour la plupart des wilayas, et des mesures barrières non respectées scrupuleusement par la population, surtout en première partie de la journée où les foules devant les boulangeries épiceries, pharmacies et autres commerces font souvent fi des mesures les plus élémentaires, par inconscience et manque de sensibilisation, ou par résistance aux nouvelles habitudes, difficiles à adopter pour nombre de citoyens, qui voient dans ces mesures une atteinte à leur liberté individuelle et non pas des mesures sanitaires de groupe et de survie, nous avons besoin de fournir des efforts colossaux pour :

Ramener nos capacités de dépistage à des chiffres acceptables et surtout exploitables pour des éventuelles opérations de déconfinement, soit entre 25 000 et 50 000 voire 100 000 tests par jour

Coupler la technique du PCR à celle de la sérologie serait une bonne stratégie selon plusieurs experts Il s’agirait de multiplier les tests au moment où le confinement sera progressivement levé.

Une opinion confirmée par plusieurs spécialistes, comme le président du comité scientifique français Jean-François Delfraissy, qui déclarait que «dans 30 ou 40 jours, lorsque le confinement commencera à être desserré, il faudra tester massivement la population». Pour l’Algérie, non seulement le pays doit disposer à ce moment de suffisamment de tests, mais cette stratégie devrait surtout permettre d’éviter autant que faire se peut , d’être confronté à un deuxième pic épidémique ,en cas de déconfinement à l’aveuglette.

Pour mener à bien une opération d’une telle envergure, elle doit être sous tutelle du ministre de la Santé, pilotée par une commission composée d’experts virologues et épidémiologues, pharmaciens, médecins et biologistes ainsi que les services de la CNAS et Casnos et CAMSSP avec leurs applications Chifa et Hana et CAMSSP, encadrée par des éléments des corps constitués, Sûreté nationale, Armée populaire, Gendarmerie et Protection civile.

Le test mené dans des laboratoires installés dans des espaces ouverts sera encadré par des éléments de la CNAS, via l’application Chifa, les citoyens seront convoqués à ces centres, selon un flux bien contrôlé, afin d’éviter toute contagion au Covid -19 par l’application El Hana.La mise en œuvre de ce protocole de dépistage massif, dont je trace ici les contours, est facile à réaliser.

Il est d’un intérêt crucial pour la réussite de l’opération de déconfinement en Algérie et le maintien d’un statut bas en chiffre de mortalité ou de comorbidité, afin de passer le cap de cette pandémie avec le moins de dégâts possibles.

Je réitère à travers cet article mon appel de décembre 2009, resté malheureusement, vœu pieux, lorsque j’ai demandé dans le quotidien national El Watan, aux autorités à l’époque, de se préparer à la menace d’une pandémie future H5N1, par la réalisation d’infrastructures suffisantes et de constituer le stock de produits pharmaceutiques et moyens de protection.

Ceci est un appel pressant pour tous les décideurs au niveau des différentes tutelles en rapport avec cette pandémie virale, à leur tête le président de la République.

 

Par  Samir Kebour   ,  Professeur d’économie



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