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Youcef Hadj Ali, patriote dans l’âme

11 janvier 2019 à 9 h 24 min

Youcef Hadj Ali, jeudi 3 janvier. A 64 ans, son patriotisme et son amour pour l’Algérie lui ont forgé un destin sans précédent. Ancien rédacteur en chef d’Alger républicain (1991-1992) et membre du PAGS et autrefois enseignant à l’Université d’Alger, son parcours ne peut que rendre fière l’Algérie. Il est mort des suites d’une longue maladie. Il a été inhumé au cimetière El Alia, à Alger, où repose son père, le poète Bachir Hadj Ali.

Père et fils font partie de générations qui ont marqué la société algérienne. Bien que ses dires aient ébranlé de nombreux intellectuels ayant des pensées antagonistes, Youcef Hadj Ali a toujours été un Algérien enraciné dans le petit peuple.

Un homme qui ne va perdre pas un seul instant pour défendre son pays, ses alliés et ses idées par la même occasion.

Depuis l’annonce de sa mort sur les réseaux sociaux, beaucoup sont peinés. Des centaines de messages ont été laissés par les internautes. Amis, collègues, famille ou simplement admirateurs sont particulièrement peinés. Son départ a marqué de nombreux hommes et femmes. Beaucoup admirent cet homme exilé qui s’est sacrifié pour une Algérie prospère, avec des vraies valeurs.

Une Algérie qui aujourd’hui lutte encore contre le conservatisme et l’extrémisme. Mourad Preure et Jessica Northey, deux amis, deux admirateurs, évoquent son esprit révolutionnaire toujours présent parmi nous malgré son départ précipité. Mais qui mieux que les personnes qui l’on côtoyé pour lui rendre réellement hommage ?

Militant dans l’âme

Entre Youcef et Mourad, c’est une amitié de plus de 30 ans. Partageant la même passion pour la musique chaâbie, ils baignent tous deux dans une ambiance patriotique sans égale. Mourad Preure, expert pétrolier international, décrit son ami comme «un amoureux de l’Algérie». Lorsque la décennie noire est arrivée, il a dû partir en France.

La raison de son départ : des menaces de mort. Toutefois, «son exil ne l’a pas empêché de continuer à se battre sur le plan intellectuel», déclare Mourad Preure, grand ami du défunt. Le contexte socio-politique de l’Algérie des années 1980 face à l’ex-colonisateur français prêchait dans un mouvement de massacre civil. Une histoire déformée par des journalistes français afin de semer la confusion sur la réalité algérienne.

Le débat sur la situation n’a fait que confronter le courage de Youcef Hadj Ali, de s’en prendre à tout courant qui encourageait l’ascension fulgurante d’un FIS déterminé. Youcef Hadj Ali était résolu à écrire un livre. Trouver une maison d’édition prête à publier son livre n’a pas été une mince affaire.

Et c’est finalement chez Albin Michel, en 1998 dans la collection «lettre ouverte à…» que le vent a tourné. Néanmoins, il est curieux de préciser qu’avant l’accord de la publication de Lettre ouverte aux Français qui ne comprennent décidément rien à l’Algérie, le manuscrit a dû être glissé entre les mains de l’avocat en charge de l’édition. D’ailleurs, «il a été demandé à l’auteur de faire quelques petits arrangements, ce qu’il a fait avec beaucoup de réticence», atteste Mourad Preure.

Selon Mourad Preure, la lettre ouverte de Youcef Hadj Ali est une démonstration mathématique qui met en lumière la responsabilité des intégristes ainsi que ceux qui se battaient pour la démocratie, pour un état moderne, pour l’égalité des hommes-femmes et pour toutes les valeurs universelles. Le livre était construit pour expliquer la cause, les tenants et les aboutissants. Il mettait donc en évidence une vision moderne, républicaine et humaniste de l’Algérie.

De plus, Lettre ouverte aux Français qui ne comprennent décidément rien à l’Algérie va apporter de la clarté pour les «intellectuels» français du moins. «Youcef, s’est attaqué à tous ceux qui doutaient de la responsabilité des criminels, mais surtout à tous ceux qui voulait endosser cela à l’armée algérienne», explique Mourad Preure.

Cependant, s’attaquer aux intellectuels français ne lui a pas facilité la vie en exil. Il a assisté à un affaiblissement de sa carrière. «Il a beaucoup dérangé, notamment lors de débats sur des plateaux de télévision français. Il avait des temps de parole restreints et de nombreuses tentatives de coupures, mais grâce à son sens de la répartie il a su s’imposer», ajoute-t-il.

Youcef était quelqu’un de très méticuleux, il se documentait beaucoup et ne manquait pas d’étayer des arguments structurés à quiconque soutenait un avis ou un jugement immuable.

Discret et brillant

C’est notamment le point fort de Youcef Hadj Ali. Il ne manque pas une occasion de partager son savoir en organisant des conférences et débats autour de son livre. Il a autrefois participé sur plusieurs aspects d’un programme d’appui aux associations algériennes de développement.

Un programme affilié au ministère de la Solidarité pour les institutions algériennes. Mais, qui mieux que les personnes qui l’on côtoyer dans le milieu du travail pour pouvoir réellement épiloguer sur cet homme accompli.

C’est le cas pour Jessica Northey, doctorante en société civile en Algérie. «Pendant les années où nous avons travaillé ensemble à Alger, il a tout donné de lui pour appuyer les institutions algériennes qu’il formait, et les personnes participant à ses formations. Discret, Youcef était un homme sans prétention et très brillant.

Il a su nous redonner confiance dans des moments difficiles avec dans l’espoir de contribuer à un meilleur avenir pour l’Algérie.» Jessica explique que «Youcef Hadj Ali était un homme de principe qui ne se détachait jamais de son engagement à défendre son pays, l’Algérie, dans des contextes hostiles.

Sa lettre ouverte démontre l’impact de la négativité de certains acteurs, dont l’élite française. Quant à la présence d’analyses incomplètes, fondées ou bien néfastes, elles ont provoqué des ramifications en Algérie.

Un contexte qui a enflammé au lieu d’apaiser du fait de graves conflits durant la décennie noire». Dans les recherches que Youcef entreprit, il y a une certaine réflexion sur la manière de réfléchir aux possibilités de réforme et de changement.

Autrement dit, réfléchir de façon intelligente sur la vraie relation avec la France. Elle ajoute que «pour des chercheurs algériens ou pour ceux qui dans le monde portent l’Algérie dans leurs cœurs, il est important de s’intéresser aux écrits de ce patriote.

Cela va redonner un souffle nouveau dans la réflexion actuelle, sur l’avenir de la société et sur la politique en Algérie».

Selon les mots du regretté Youcef, «contribuez à la production d’analyses novatrices, audacieuses et donc susceptibles de rendre compte des processus socio-politique complexes et des voies inédites par lesquelles une société peut cheminer vers la démocratie et ce faisant asseoir les éléments constitutifs de la nation moderne avec son propre rythme et ses spécificités historiques.» (Hadj Ali, 2003 : 278).

Plus de 20 ans après, sa Lettre… garde encore toute son actualité. Ses mots sont comme une profonde inspiration qui donne une certaine réflexion humaniste.


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