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Nassim Akrour. Ancien avant-centre de l’Équipe Nationale de football : A 46 ans, il est toujours d’attaque !

08 octobre 2020 à 10 h 30 min

«Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente.» (Georges Brassens)

Nassim Akrour, vous vous souvenez de cet avant-centre, racé de l’équipe nationale, qui se distinguait, autant par sa conduite exemplaire, que par son talent et son sens du but. Actuellement, il a ajouté une autre facette à son riche palmarès. A 46 ans, il continue toujours à avancer, en harmonie avec les lois de la nature. Et celles de la compétition.

En janvier dernier, Nassim se lance dans un autre défi, en rejoignant Chambéry (n°3). Bien avant lui, Mustapha Zitouni et Boualem Amirouche avaient osé relever le défi de longévité sur les terrains de football. Le brave Amirouche avait raccroché les crampons à 46 ans au CA Kouba, après une carrière bien remplie, au club phare de la banlieue algéroise, le RC Kouba. Stigmatisés, ou parfois raillés, les footballeurs âgés ne sont pas moins performants ! Parmi les plus célèbres, le plus vieux vainqueur d’une Coupe du monde, l’Italien Zoff, face à l’Espagne, alors âgé de 40 ans.

Le gardien de la Juventus est même le gardien le plus âgé à avoir disputé une finale de Coupe d’Europe à 41 ans. Que dire aussi du deuxième meilleur buteur de tous les temps, en sélection japonaise avec 55 buts en 89 matches, l’inusable Kazuyochi, qui a joué en professionnel à… 52 ans ! C’est ce joueur hors normes, qui a détrôné le célèbre anglais Stanley Mattews, qui avait pourtant défrayé la chronique pendant des années.

Né le 1er février 1915 et mort en février 2000, Mattews est l’un des joueurs mythiques du foot anglais. Ailier droit, il reste un joueur légendaire de l’histoire du ballon rond british, grâce à ses talents de dribbleur, qui lui valent le surnom de sorcier, et son exceptionnelle longévité. Il a évolué au plus haut niveau, jusqu’à l’âge de 50 ans, un record en championnat d’Angleterre, et remporté, à 41 ans, en 1956, la première édition du Ballon d’or, récompensant le meilleur joueur européen de l’année.

L’ÂGE N’A PAS D’EMPRISE

Alors qu’une carrière de footballeur se termine généralement autour de 35 ans, certains audacieux ont décidé de repousser cette limite au maximum. Pour eux, l’âge n’est qu’un chiffre. C’est le cas de Nassim Akrour, qui a rajouté 11 ans à la norme, et ce n’est pas fini pour ce joueur atypique et imprévisible, dont le parcours n’est pas évident, du fait de sa sinuosité. Il signe sa première licence à 13 ans, mais décroche assez vite. Il reprend à 18 ans à Noisy-le-Sec (National). En 1997, il évolue en Angleterre, dans les divisions 4 et 5. En 2000, il est à Istres (National) qui le prête à Troyes (Ligue 1) où il reste 2 ans, avant de joindre le Havre normalement pour 3 ans, mais n’y reste que 6 mois.

Il signe à Grenoble et participe à son accession en D1. C’était la période la plus euphorique, la plus enthousiasmante de sa carrière. Et puis, il s’est totalement intégré à cette belle région qui l’a séduit et qui continue de le séduire. Dans son escarcelle, le plébiscite de meilleur joueur africain de la D2. «Ça me rend fier, mais je ne m’attarde pas trop sur mon âge.» A ceux qui l’interpellent sur sa retraite, Nassim répond, sans ambages : «Votre obstination à ne parler que de ma retraite va finir par m’irriter.

Ma retraite, je l’ai prise à Istres, en 2013, quand j’ai quitté le monde pro. Aujourd’hui, je continue de jouer au foot pour le plaisir, surtout», confiait-il il y a une année. Révélant les contacts qu’il a eus, notamment avec Andorre, qui le voulait pour disputer les qualifications, de la Coupe d’Europe au cours de l’été 2019, sans compter l’offre de plusieurs autres clubs, qui voyaient en lui le sauveur et le buteur patenté. A 46 ans, Nassim gambade sur les terrains de France et de Navarre. Avec la même fougue, la même hargne et la même envie de secouer les filets. «Et dire que je pourrais être grand-père du foot français», se taquine-t-il.

Meilleur buteur de l’histoire de Grenoble, à 44 ans, Nassim a continué d’enfiler les buts comme des perles, sous les couleurs du FC Annecy, un des leaders de National 2. Quels sont ses secrets pour rester aussi compétitif ? «Il n’y a pas de secret. Je m’éclate. L’important, c’est de prendre du plaisir. Les occasions que j’ai pu avoir, je les ai converties en buts. Voilà tout.» Percer le secret de son voyage en Angleterre à un âge précoce, pour aller se frotter à un des plus rudes football du monde, dévoile un aspect de sa personnalité. «J’avais décidé d’aller voir ailleurs, de découvrir une autre culture. C’est un foot basé sur les longs ballons où il fallait être bon de la tête. Pour un attaquant, c’est formateur , notamment dans le jeu dos au but.» Au début de ce siècle, Nassim retourne en France, à Istres précisément, avec lequel il accède rapidement en deuxième division . Là, il signe son premier contrat pro à 26 ans ! «A cet âge, avouez que c’est vieux quand même. Passer pro, je n’y avais pas songé. Je ne me suis pas focalisé sur ça. Sinon, j’aurais rejoint un centre de formation en cadets-juniors. Ce n’était pas ma priorité», explique-t-il sobrement.

«L’école était plus importante à mes yeux. A Istres, tout s’est fait rapidement. Ils cherchaient un attaquant de métier et ils l’ont trouvé.» Nassim a bourlingué à travers la France, mais il a de nouveau atterri à Grenoble, son club de cœur, qui avait besoin de ses services, alors qu’il a été rétrogradé dans le monde amateur. «J’aurais pu signer chez les pros, mais j’ai fait ce choix de revenir à la maison et je ne le regrette pas.»

GRENOBLE, MON AMOUR

A Annecy, en 2016, Nassim avait la particularité d’être plus âgé que son coach, en ayant le double de l’âge de ses partenaires. Comment a-t-il vécu cette incongruité ? «C’est vrai qu’on le dit en rigolant dans le vestiaire. Moi je suis un bon blagueur. Je m’amuse avec les jeunes, on s’éclate, on se chambre, on s’échange des anecdotes. Mais moi, j’en ai plus à raconter qu’eux, j’ai le double de leur âge ! Mais l’impression est que cela ne se voit pas sur le terrain. Sur le terrain, ça respire le foot, c’est l’essentiel. Aujourd’hui, les jeunes vont peut-être plus vite sur les réseaux sociaux que sur le rectangle vert.» La reconversion y a-t-il pensé un jour ? «J’aimerais bien. Ce qui me plairait, c’est plutôt l’école de foot. Les enfants de 10/12 ans, auxquels je pourrais apprendre à prendre du plaisir.» Nassim, qui a traversé plusieurs périodes, s’est facilement adapté, même s’il est rongé parfois par la nostalgie. Il n’a eu que rarement maille à partir avec les arbitres.

Son éducation sait ce que respect veut dire. Il ne néglige pas la technologie, mais sa réserve s’affiche lorsque les limites dépassent les bornes. Posez-lui la question sur la VAR qui est en train de bouleverser l’arbitrage et il vous répondra. «je pense qu’avec cette technique, les arbitres ne réfléchissent plus par eux-mêmes. Ils ne font plus attention à ne plus faire d’erreurs. Ils savent qu’il y a la vidéo et s’ils font une erreur, elle va être corrigée derrière. Tandis qu’avant, ils étaient concentrés pour ne pas faire d’erreurs. Et puis, il ne faut pas oublier que sauf exception, l’erreur est humaine. Quoi qu’il en soit, il faut savoir vivre avec son temps !»

EN : JOIES ET DÉBOIRES

Nassim a porté le maillot national à 18 reprises, à un moment où ça n’allait vraiment pas très fort pour le foot national. Cela ne l’a pas empêché de briller au centre de l’attaque de 2001 à 2004 où il a été l’auteur de 6 réalisations.

«On est né en France, de parents algériens, donc on a eu, entre guillemets, le choix. Après, jouer avec les Fennecs, je pense que c’est quelque chose de personnel. Evidemment, c’est une grande fierté par rapport à mes grands-parents, mes oncles, mes parents, mes frères et sœurs.» L’aventure avec les Verts le fait toujours vibrer, malgré une fin en queue de poisson. «C’est une fierté, un bon moyen de rendre hommage à mes parents. C’était une très bonne expérience, avec de bonnes personnes. On ne dit jamais non à une équipe nationale. C’est très plaisant de jouer pour l’Algérie. Cela m’a procuré beaucoup de joie et de bonheur. Cela dit, il reste un goût de frustration quand cette période est évoquée. J’ai eu certes des embrouilles avec Saâdane durant la CAN 2004 et ça s’est très mal passé entre nous.

Mais par la suite, il m’a rappelé, et c’est moi-même qui ai décidé de ne plus répondre aux convocations. Personne ne m’a viré de l’équipe nationale. Sachez bien que je ne suis pas un homme aigri. Quand je vois jouer les Verts , j’ai un pincement au cœur. Je ne peux rester insensible à cela. A vrai dire, je suis parti à cause de la mauvaise gestion de l’équipe nationale. J’entends dire que ça a changé, et c’est tant mieux pour les joueurs, pour l’équipe nationale et pour l’Algérie !»

Parcours

Nassim est né le 10 juillet 1974 à Courbevoie (France). Il a signé sa première licence à 13 ans. Mais il se rétracte pour cause d’études. A 18 ans, il renoue avec le ballon rond et opte pour l’Olympique de Noisy-le-Sec. Il change d’air pour aller se frotter au foot anglais, dont il tire de nombreuses leçons qui l’aideront à progresser dès son retour en France. Il connaît la gloire là où il est, notamment en sélection algérienne, qu’il rejoint le 1er décembre 2001. Agé de 46 ans, Nassim continue de jouer dans les compétitions officielles. Ce qui en fait un joueur hors normes en France.

HAMID TAHRI
[email protected]

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