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Ali Khodja Abderrahmane, fils du peintre Ali Khodja Ali et neveu des frères Racim, Omar et Mohamed, nous replonge dans le passé

La saga familiale des artistes peintres algérois passeurs de messages

23 janvier 2020 à 9 h 22 min

Le début du siècle dernier a vu l’émergence d’une pléiade d’artistes de talent qui ont marqué le paysage culturel algérois. Les plus visibles ont été sans conteste les frères Omar et Mohamed et leur parent, Ali Ali Khodja. Bien que sollicitée ailleurs avec beaucoup de respect, cette saga familiale n’a pas eu les faveurs dues à son rang et la considération voulue.

C’est le Dr Ali Khodja Abderrahmane, fils de Ali et neveu des Racim qui nous a accompagnés dans ce voyage à travers les œuvres et le temps, qui n’a pas été sans intérêt puisqu’il nous a fait découvrir des facettes méconnues de ces artistes plasticiens qui ont excellé dans les couleurs chatoyantes, mais aussi et surtout dans la miniature et l’enluminure dont ils sont passés maîtres. La sculpture sur bois était loin d’être un secret pour eux. Ces maîtres du pinceau ont laissé un legs de valeur inscrit en belles lettres qui se déclinent comme de magnifiques fresques au sein du patrimoine culturel immatériel algérien…

 

Omar Racim : l’artiste nationaliste

Omar Racim est né le 1er janvier 1883 à Alger, précisément à La Casbah. En 1901, à l’âge de 14 ans, Omar Racim travaille quelque temps à l’Imprimerie officielle d’Alger. C’est là qu’il acquiert la passion ainsi que la vocation de l’écriture et du journalisme.  En 1902, il rejoint le mouvement naissant des réformistes musulmans et il sera parmi ceux qui, en 1904, reçoivent Cheikh Mohamed Abdou, un des promoteurs (avec Djamel Eddine El Afghani), de la Nahda qui déferle du Machrek vers le Maghreb et qui secouera la torpeur de l’intelligentsia musulmane algérienne. Il fut le premier journaliste nationaliste de langue arabe et créa en 1908 son premier journal, Al Djazaïr. Cette revue, éditée en langue arabe, contenait dans ce numéro un article de Cheikh El Tantaoui, avec un titre aussi évocateur que : «Soulèvement d’une nation». Bien entendu, l’administration coloniale ne voyait pas d’un bon œil la création de ce genre de revue et malheureusement suite aux entraves administratives et au manque de moyens financiers, elle ne put survivre à ce premier numéro. De 1908 à 1914, Omar participe à la rédaction de nombreux ouvrages en langue arabe. En 1912, Omar Racim fera plusieurs séjours au Moyen-Orient, particulièrement en Egypte où il rencontra le Cheikh El Tantaoui.

Grand défenseur du panarabisme et de la lutte contre le colonialisme, Omar Racim rentra à Alger convaincu de la justesse de ses idéaux et il fonda dès son retour un périodique entièrement rédigé, calligraphié, illustré et lithographié de sa propre main. La première action qui a été menée ici en Algérie consistait, tout d’abord, à établir un inventaire des arts locaux ; pour cela, une grande exposition a été organisée en avril 1905 à la médersa d’Alger, nouvellement inaugurée. Le professeur Georges Marçais, éminent professeur d’art islamique, se chargea de son organisation. Les œuvres exposées provenaient de diverses régions d’Algérie. La plupart ont été prêtées par les grandes familles algériennes et par certains collectionneurs. Par la suite, la majorité de ces œuvres ont été acquises par l’Etat. Elles font actuellement partie des collections du département d’art islamique du Musée des antiquités. Omar a été le précurseur de la préservation du patrimoine immatériel de la culture et des us algériens.

Ce qui a fait dire au célèbre historien Mohamed Kaddache que Omar était aussi imprégné par l’élan réformiste musulman incarné par la Nahda qui œuvrait pour l’émancipation des autochtoctones afin de les soustraire du joug colonial.  Dans ce contexte, la création du journal Dhoul Fikar par Omar Racim ne fut nullement fortuite, même si cette action lui valut moult déboires, surtout lorsque ses correspondances avec des nationalistes d’Egypte furent interceptées par les services de renseignement, ce qui lui valut d’être déféré devant les tribunaux et d’écoper d’une condamnation à mort, commuée  en détention préventive à la prison de Barberousse. En 1933, il fut nommé professeur à l’Ecole des arts indigènes, et plus tard il rejoint son frère comme enseignant à l’Ecole des beaux-arts d’Alger.

Au Salon de 1939, la presse de l’époque rapporta que les œuvres de Omar Racim eurent un succès considérable, et cette exposition fut rehaussée par la présence de nombreuses personnalités culturelles et religieuses, et c’est durant cette exposition que Mohamed Laïd Khalifa, poète, grand homme de culture et membre influent de l’association des Ulémas musulmans algériens dès sa création en 1931, dédia un poème en 10 strophes en hommage à Omar Racim. A sa mort en 1958 à l’âge de 75 ans, relève  Le Monde, la presse française d’Algérie a pratiquement passé  sous silence l’événement. «C’était l’un des derniers survivants de la vieille école des peintres miniaturistes algériens à laquelle Mohamed, son frère, donna un éclat particulier dans tout le monde musulman. Omar était un homme d’une culture raffinée. On rêvait, en sa compagnie, à la vie policée et pleine de charmes des cités de l’Andalousie musulmane. Il était d’une politesse exquise que n’excluaient pas certaines rudesses de ses adversaires et pour être plus précis, de ceux qu’il tenait pour responsables de la stagnation de son art : l’administration  française et le colonialisme». Omar a été inhumé au carré familial du mausolée Sidi Abderahmane, situé dans la Haute Casbah (actuellement rue Bencheneb) près de la médersa. Malgré le mutisme de la presse coloniale, une foule nombreuse composée d’hommes de culture, de lettres, de dignitaires religieux et de Français libéraux l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure.

Omar Racim fut l’un des derniers survivants de la vieille école des peintres miniaturistes et calligraphes algériens qui, avec son frère Mohamed ont donné un éclat particulier dans tout le monde arabo-musulman. 

 

 

Ali Khodja Ali : une peinture toute en poésie

Dans sa combinaison de travail, on aurait dit un chef d’équipe rompu aux rugueuses tâches manuelles, alors qu’il est tout de finesse. Lui n’a pas d’équipe, il est seul dans son univers, avec ses matériaux qui restent ses uniques partenaires avec lesquels il peut donner vie à une toile, la rendant éternelle. L’artiste qu’il est est toujours en quête d’une émotion, d’une trouvaille qu’il transformera en une œuvre d’art, avais-je écrit en 2007. A 83 ans, Ali continue de produire et on ne peut dire que l’âge a une quelconque emprise sur son comportement. Dans le vaste atelier où les toiles sont posées pêle-mêle dans un fouillis, où miracle suprême, il arrive à se retrouver, Ali passe le plus clair de son temps. «C’est dans le désordre qu’on se retrouve, car on ne doit pas forcément se plier aux convenances. L’artiste est comme ça et nul ne peut le changer», avoue-t-il d’un ton malicieux. Ici, on a le sentiment d’une maison qui respire, se transforme, vit en quelque sorte par un délicat et passionnant travail, qui nous transporte, nous envoûte et nous transforme. Il y a là quelque chose d’impalpable, mais hautement symbolique et cela correspond exactement à ce qu’évoque l’auteur de ces toiles qui ont dû faire plus d’un voyage. Alors, lorsqu’on lui pose la question de savoir pourquoi il est plus connu à Paris qu’à Alger, il se fend d’un rire étonné pour dire tout modestement que son art est universel et que cette remarque n’est pas forcément fondée. «Il est vrai que je suis connu par un milieu restreint. Je n’ai pas cette prétention, ni ce caractère de me montrer, d’expliquer mon œuvre», relève-t-il avec une rare modestie. D’ailleurs, au départ, il s’est étonné courtoisement que l’on veuille faire son portrait.

C’est que l’homme est discret, pour ne pas dire distant. Il concédera par la suite qu’il n’est pas du genre à solliciter les tubes cathodiques pour se faire une éphémère renommée. Doyen des peintres algériens, Ali s’enorgueillit de garder encore un esprit jeune. Neveu des Racim, il en a subi l’influence, du moins a été marqué par leur trajectoire, puisque ce sont eux qui l’ont accompagné dans son parcours artistique : «Omar était dans la pure tradition avec l’enluminure et la calligraphie, alors que Mohamed, miniaturiste, était plus ouvert au monde extérieur. Tous deux ont vécu à Montparnasse et côtoyé les grands maîtres de l’époque. Leur apport à l’art algérien est considérable. Les Racim restent des modèles dans leur domaine.» A leur propos, Ali dira qu’il n’a pas été influencé sur le plan pictural, mais sur celui des idées et de la pensée. «Il y avait des questionnements à l’époque et il fallait trouver des solutions. La nature, l’ornement, les à-plats, les influences de la Chine et de Byzance et puis, il y a eu la renaissance, avec sa source de lumière. Là, je peux dire que l’impressionnisme a beaucoup apporté à l’art, non seulement sur le plan pictural, mais aussi sur celui de l’humanisme. C’était une véritable révolution qui a permis à l’artiste d’être réellement le témoin de son siècle.» L’artiste s’offusque presque que ces témoignages ne soient pas légion chez nous, ce qui explique le déclin de l’art pictural, longtemps frappé d’interdit pour diverses raisons. Ali, dans un long exposé, «décortique» cette «absence».

Bien qu’on lui ait consacré une chronique il y a quelques années pour évoquer son parcours atypique à travers l’histoire de l’un des ses timbres, le grand artiste Ali Ali-Khodja (1923-2010) mérite un hommage appuyé au vu de sa grande contribution dans l’histoire de l’art en Algérie, mais surtout dans la production philatélique algérienne. Il faut surtout noter qu’Ali Ali-Khodja a été durant près de 50 ans le doyen des dessinateurs de timbres-poste en Algérie. Il laissera une empreinte indélébile dans le catalogue philatélique algérien grâce à une trentaine de timbres répartis sur 19 émissions, d’une riche thématique. Il restera dans l’histoire pour avoir réalisé l’un des premiers timbres commémoratifs dans le catalogue philatélique algérien émis le 5 juillet 1963, à l’occasion du 1er anniversaire de l’indépendance. Une vignette sur fond bleu clair, tracée par des rayons de soleil, marquante par sa simplicité et frappante par sa haute portée symbolique, avec cette carte de l’Algérie portant l’emblème national et les aspirations du jeune Etat indépendant à travers le derrick, l’arbre, le symbole de l’industrie et l’épi de blé.  

 

Parcours

Naissance en 1923 à Bologhine. Perd son père à l’âge de 4 ans. Ses oncles, les Racim, de retour de Paris, le recueillent. Scolarité perturbée. Il s’initie à la peinture et entre à l’Ecole des beaux-arts en 1937 et y séjourne jusqu’en 1941. Il participe à une exposition organisée par les Racim en 1947 et ses toiles côtoient celles de Yellès et Temam, entre autres. Il fait partie de plusieurs expositions collectives en Algérie et à l’étranger. Il est nommé au musée des Arts et Traditions populaires, de 1948 à 1961. Professeur aux Beaux-Arts de 1960 à 1994, où il prend une retraite bien méritée. Il décède le 7 février 2010.

 

 

 

Mohamed Racim : le talent à l’état pur

Mohamed Racim, issu d’une famille d’origine turque, est né le 24 juin 1896 à La Casbah d’Alger.  Son grand père Saïd faisait du négoce d’objets précieux tels la porcelaine chinoise et les tapis d’Orient, du fait que le fils Ali a hérité de nombreuses pièces de grande valeur : tapis persans, bibelots de Turquie et de Chine, broderies précieuses, livres et manuscrits. On s’aperçoit ainsi que la famille Racim vivait dans un milieu où le bon goût était d’usage. Tous ces objets de valeur ont été éparpillés à travers des personnalités influentes pouvant agir en faveur de Omar lors de son incarcération. Le grand-père Ali Racim était marié à Baya Boursas, issue d’une famille de commerçants et propriétaires à La Casbah. Il eut six enfants, deux garçons et quatre filles. Mohamed est le cadet gâté par son oncle paternel. Il manifestait très tôt un caractère difficile, indépendant et curieux. Le père Ali et Mohamed l’oncle étaient des artisans réputés pour la qualité de leurs œuvres. Ils réalisaient des appliques de bois sculpté, des coffres rehaussés de feuilles d’or à la vénitienne et colorés avec une finesse et raffinement, tout en respectant le savoir-faire ancien hérité de l’Orient et influencé par la Chine et Venise.

Ils y réalisaient aussi des tableaux composés de versets du Coran calligraphiés encadrés de frises d’arabesques.Il faut savoir que leur atelier était un lieu où se réunissaient les bourgeois lettrés d’Alger pour débattre des événements conjoncturels du début du XXe siècle. Le sujet essentiel en ce temps là portait sur la Nahda du fait de la venue à Alger, en 1903, du Cheikh Abdou qui a été recu avec une grande déférence dans le milileu algérois, notamment lors de sa visite à l’atelier des frères Racim. Habituellement, les sujets constamment traités en ce lieu étaient axés sur l’âge d’or de l’islam. On y citait Al Farabi, Ibn Rochd et d’autres eminents érudits. On parlait aussi d’alchimie et de la pierre philosophale, et bien sûr des événements secouant le monde musulman, sans oublier la musique en citant Ziriab et d’autres musiciens qui ont su perpétuer cette musique savante.

Mohamed, qui a fait ses premières classes à la Rampe Valée, a vécu dans un milieu d’artistes, où la transmission s’est faite presque machinalement. Son père Ali, son oncle Mohamed et Omar son frère aîné tenaient à La Casbah un atelier d’enluminure et de sculpture sur bois qui étaient très prisés par les amateurs et surtout les collectionneurs. C’est dans ces lieux discrets mais magiques que Mohamed allait, au fil des jours, s’affirmer comme un redoutble artiste sûr de son art. Bon sang ne saurait mentir puisqu’il deviendra en peu de temps le maître incontesté de sa spécialité, la miniature. A seulement 14 ans, le certificat d’études en poche, et repéré par l’inspecteur des Arts indigenes Prosper Ricard, il intègre le cabinet de dessin de l’enseignement professionnel où ses qualités se métamorphosent. C’est là qu’il fit la connaissance d’un illustre peintre plasticien dont la renommée a depassé nos frontières. J’ai nommé Etienne Dinet Nasreddine venu se documenter pour le livre qu’il s’apprêtait à rédiger : la vie de Mahomet dont l’illustration fut confiée à Mohamed en 1916.

Le livre fut édité chez Piazza qui ne manquera pas de confier d’autres décorations de plusieurs livres à Mohamed, qui finit par quitter le cabinet de dessin dans lequel il activa durant 14 ans sans discontinuer, de 1910 à 1924. C’est alors la grande aventure qui lui permit de côtoyer les plus illustres des peintres à Paris et il eut pour mission de procéder à la décoration de l’inégalable Mille et Une Nuits. Il ira en Espagne pour s’enquérir des merveilles de l’Andalousie et son art musulman à Cordoue et Grenade avec leurs mosquées, leurs palais féeriques et leurs luxuriants jardins. C’était aussi le fief idéal pour l’art de la miniature qui était une incontournable source d’inspiration.Puis, ce fut une succession de voyages qui sont autant de découvertes au Caire, à Rome, à Vienne, à Bucarest et à Stokholm où se forgea son idylle.

Ses expositions à travers les grandes métropoles constituent toujours un événement grandiose. Et ce n’est que le résultat d’une consécration méritée qu’il reçoit en 1933 le grand prix artistique de l’Algérie. Son empreinte se voit aussi dans l’enseignement qu’il rejoint en 1934 à l’École des beaux-arts d’Alger où il initie les jeunes à la miniature. Au journaliste de Compagnons qui lui demandait le secret de sa réussite le 11 octobre 1941, Mohamed avec son flegme légendaire répondit : «La minutie des miniatures est chose véritablement difficile et ardue.

Pour les réaliser, il faut des mois, parfois même des années. Il faut travailler avec la loupe ou avec des lunettes grossissantes et les yeux se fatiguent vite. Il faut doser l’effort, se reposer, reprendre cent fois la tâche en ajoutant chaque fois un petit détail au tout.» Puis d’ajouter : «Chaque fois que je fais une exposition, les visiteurs curieux me demandent le temps que j’ai mis à réaliser telle ou telle miniature ; ils s’attardent à découvrir les minuscules personnages, comme si tout l’art du miniaturiste résidait dans la durée du travail ou dans l’infiniment petit.» Mais où est donc la technique ? La réponse du maître est aussi cinglante que prompte : «Une miniature, explique-t-il, se prépare de longue date.

On fait des recherches après avoir choisi le sujet. Ensuite, c’est l’étude de l’ébauche. Puis le coloriage et obtenir des couleurs aussi pures que possible.Enfin, doser la gomme, l’or en poudre, car c’est l’or qui donne aux miniatures tant de relief, tant de richesse.» Mohamed Racim a laissé un beau trésor à travers lequel il entrevoyait l’effondrement d’un monde marqué de délicatesse et de charme, où le mendiant était digne, le riche humble, le savant modeste, le guerrier clément. Il percevait à travers les travaux qu’il côtoyait dans l’atelier de son père où dans les musées le reflet d’une société empreinte de hauts sentiments.

 

 

Mustapha Adane : «Mohamed est un immense artiste»

Natif de La Casbah, ancien moudjahid et peintre de renom, Mustapha, né en 1934, ne tarit pas d’éloges sur son aîné. «Mohamed était un maître dans son genre, qui a su transmettre le message à ses disciples. C’est lui qui m’a invité à le rejoindre. A franchement parler, je ne m’y attendais pas. C’était trop d’honneur pour moi. Il était tellement grand. Ce n’était pas seulement un miniaturiste de talent, c’était aussi un artiste au sens plein du terme. La premiere chose qui m’a frappé chez lui c’est son bureau. Il avait un rapport particulier avec les figurines, les soldats de plomb et les trains. Il me confiait : ‘‘Dès ma prime jeunesse, je les adorais’’. C’était, je pense, ce qu’il adorait après l’enluminure bien évidemment. Et puis, il y a eu cet événement tragique de son assassinat en 1975. En revenant de Genève où j’étais en mission et en arrivant à la maison, on m’avait informé à propos d’une voiture qui semblait faire le guet près de mon domicile depuis plusieurs jours. Comme tout cela me paraissait suspect, j’en ai informé le commissariat de Kouba. Quelques jours après, alors que je garais ma voiture du côté de Tafourah, une équipe de la DGSN, conduite par Salah Vespa, fit irruption et vint m’arrêter.

C’est là que j’ai appris que Mohamed avait été assassiné et qu’à ma grande surprise je comptais parmi les… suspects. J’ai reçu cette nouvelle comme un coup de massue sur la tête. Les policiers m’ont embarqué manu militari dans ma propre voiture où se trouvait ma valise contenant les médailles et mes documents de voyage. J’ai eu beau tenté de m’expliquer, ils n’ont rien voulu entendre. Ils m’ont emmené au commissariat où, pour mon malheur, j’ai séjourné, dans des conditions que vous devinez pendant une longue semaine. Lorsqu’ils ont vérifié mon passeport, les dates d’entrée et de sortie du territoire, ils ont constaté que j’étais absent pendant la période où le crime s’est produit. Ils avaient consenti enfin à me libérer ! Entre-temps, ils avaient arrêté une bande de jeunes, qui ont croupi pendant des années en prison sans que le crime soit élucidé. C’est resté un mystère jusqu’à aujourd’hui. J’ai appris plus tard que les policiers avaient agi à la suite d’une lettre de dénonciation
qui m’accusait personnellement !»

 

 

Dossier réalisé par HAMID TAHRI
[email protected]



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