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Valorisation et développement des ressources naturelles de la montagne : Quelles perspectives pour le potentiel algérien

16 décembre 2021 à 10 h 02 min

En dépit de la diversification naturelle de l’Algérie, marquée par un important relief montagneux, représenté par les deux massifs, l’Atlas tellien et l’Atlas saharien, l’écosystème des montagnes se trouve aujourd’hui délaissé et même menacé. Plusieurs contraintes et failles devraient être prises en charge par des décisions fermes de la part des autorités, afin d’éviter des préjudices.

 

Dans une perspective scientifique, le département de biologie et d’écologie végétale de l’université des Frères Mentouri à Constantine a célébré, lundi dernier, la Journée internationale de la montagne sous le thème «Restauration, valorisation et développement durable des ressources naturelles de la montagne».

Pour cette problématique d’écosystème, qui est plus que jamais d’actualité en Algérie au moment où l’Etat cherche d’autres ressources, les communicants se sont focalisés sur trois axes principaux. On citera : «Le changement climatique et la gestion durable des ressources naturelles de la montagne. Biodiversité des milieux naturels de la montagne et valorisation socioéconomique.»

D’ailleurs, dans son intervention, l’enseignant chercheur, Dr Kamel-Eddine Bazri, n’a pas manqué d’évoquer la richesse de l’écosystème montagnard algérien, qui avait toujours servi d’abri et de ressources alimentaires pour nos ancêtres.

Il a également estimé que c’est un droit nécessaire d’assurer une restauration, une valorisation et un développement des ressources de la montagne. Dans la suite des présentations, l’on a exposé les potentialités de ce secteur, mais surtout ce qui reste à faire.

Par exemple, le représentant de la Conservation des forêts de la wilaya de Constantine, Aïssa Filali, a estimé que ce secteur a beaucoup de potentialités et très productif de richesses animales et végétales. Ces richesses peuvent créer des postes d’emploi et participer à l’émergence de l’économie. «Le pin pignon occupe une grande superficie dans notre pays et son fruit a une grande valeur.

Par exemple dans la wilaya de Constantine, nous avons plus de 1000 ha. Ce qui nous permet de créer des micro-entreprises dans ce créneau. Nous avons également mené un recensement des plantes médicinales et aromatiques, où le nombre a atteint environ une vingtaine d’espèces. Nous souhaitons qu’il y ait plus d’intérêt accordé à ces plantes, pour créer également des postes d’emploi», a-t-il avancé dans son exposé.

Le moineau en voie de disparition

Le représentant de la Conservation des forêts poursuit sur l’aspect écologique que la forêt de Djebel El Ouahch, située à 8 km au nord de Constantine, et qui est une réserve biologique, compte environ une quarantaine d’espèces d’arbres, dont certaines n’existent que dans la wilaya de Constantine.

Suite à plusieurs facteurs, d’autres espèces ont disparu, notamment le séquoia géant. M. Filali a insisté sur la nécessité des études sur terrain particulièrement dans les régions de Constantine, à savoir Djebel El Ouahch ainsi que la forêt de Chettaba, qui compte environ 65% des races d’oiseaux de l’Algérie.

Tant minimisé, le danger, qui guette le cycle écologique, est persistant. Il suffit qu’un seul anneau se détache de ce mécanisme d’interaction entre les différents éléments pour provoquer un désastre. Tel est le cas de la disparition de certaines races d’oiseaux. Mohamed Seif-Eddine Boulmerka président de l’association d’ornithologie et d’environnement a profité de cette occasion pour tirer la sonnette d’alarme.

Selon ses dires, la biodiversité végétale diffère selon la nature de la terre et des montagnes et par conséquent elle impacte également le mouvement et les races des oiseaux de la région. «À travers nos sorties sur terrain et l’observation des oiseaux non concernés par la chasse, notamment le moineau, nous avons remarqué un net recul dans la présence de ces races.

Cela me rappelle un incident similaire en Chine, où on a abattu 4 espèces d’oiseaux, dont les moineaux pour augmenter la production du riz. En 1960, les Chinois se rendirent compte que les moineaux ne mangeaient pas uniquement les céréales ; mais ils avaient un rôle important.

À cette époque, en Chine on a enregistré une considérable baisse de la production agricole à cause de l’abattage des moineaux provoquant la mort de 30 millions d’habitants à cause de la famine», a-t-il alerté.

Et de souligner que d’autres oiseaux sont aussi en danger à cause des pesticides qui détruisent l’environnement. La disparition d’espèces animales, explique-t-il, aura un effet dévastateur sur cette «Algérie Nouvelle» qui a beaucoup misé sur le secteur de l’agriculture.

Que prévoit la réglementation pour l’écotourisme ?

Comment protéger ce potentiel et l’exploiter dans l’économie d’un pays en difficulté ? L’État a-t-il mis tous les dispositifs et les assises réglementaires pour la gestion de ces richesses et promouvoir l’écotourisme ? En réponse à ces questions lors de cette journée organisée à l’université de Constantine, un volet a été consacré à la législation sur l’investissement dans l’écotourisme.

Dans leur communication, les étudiants en droit, Oualid Benmounah et Mohamed Mehdi Nehal estiment qu’il y a un manque de réglementations qui régissent et déterminent le tourisme montagnard. Pourtant, l’État algérien a accordé une grande importance à ce volet, publiant plusieurs textes réglementaires à l’instar de la loi 03-01 sur le développement durable du tourisme et la loi 03-10 publiée en juillet 2003 qui a pour objet de définir les règles de protection de l’environnement dans le cadre du développement durable.

Mais qu’en est-il des montagnes ? Hélas, ces lois ne sont pas suffisantes en l’absence de textes qui définissent le tourisme montagnard, négligé, abandonné et qui se limite jusqu’à ce jour uniquement à la pratique du ski à Chréa, Tikjda et Tala Guilef.

Une situation si affligeante en dépit des sites merveilleux inexploités en Algérie. En plus du constat déplorable de délaissement conjugué au changement climatique, le professeur Alatou, spécialisé en protection de l’environnement au département de biologie de l’université des Frères Mentouri de Constantine alerte que l’action anthropique est la première cause des différents problèmes signalés dans le territoire montagnard et forestier.

Cette action humaine se perçoit dans le pâturage, les incendies, les loisirs organisés par les associations, les déchets et autres. «La législation existe en réalité et elle est précise pour la protection de ce potentiel. Même les travaux de recherche existent aussi, mais nous sommes inactifs.

Par exemple, un arbre de séquoia de 30 ou 40 m s’il tombe, nous ne pouvons pas le prélever sans l’autorisation d’Alger. J’ai proposé de réaliser une barrière verte autour de Constantine pour lutter contre les vents, le sable et autres. Mais ça n’a pas été fait. Pourtant, cette action a été menée au USA avec une espèce d’arbre qui existe à Djebel El Ouahch, à savoir le Maclura», a-t-il regretté.

Notre interlocuteur a déploré également la gestion des déchets, évaluant que l’Algérie a 50 ans de retard par rapport aux pays européens, malgré le déploiement de tous les moyens nécessaires.

Pr Alatou a affirmé que seules de fortes actions politiques qui peuvent résoudre tous ces problèmes et valoriser ce qu’on a comme richesses.

 

 


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