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lundi, 19 avril, 2021
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Recyclage des déchets : Une question de moyens …

01 avril 2021 à 10 h 00 min

Un constat : la gestion des déchets et leur traitement participent d’une manière insignifiante aux objectifs environnementaux et économiques dans notre pays.

Il est établi par l’équipe de formation au doctorat spécialité en management au département des sciences de gestion, d’économie et de commerce de l’université M’hamed Bougara de Boumerdès. Il ont tenu hier et avant-hier une rencontre nationale à distance sur «la dimension environnementale et économique du recyclage des déchets en Algérie».

Au-delà des aspects théoriques, les interventions se sont heurtées à une réalité amère malgré les estimations mirobolentes des revenus que permet le recyclage des déchets. Le directeur de l’industrie de la wilaya a, par exemple, avancé le chiffre de 9 entreprises seulement, dont 8 privées, qui gèrent les déchets. Le constat est sans appel : très faible. Sa direction «ne peut qu’orienter les investisseurs qui ont la totale liberté de choisir».

L’Etat intervient en fait au niveau des avantages qu’il accorde pour encourager l’investissement dans ce type d’activités. Pour sa part, la représentante de l’Agence nationale des déchets (AND) a fait ressortir « le manque d’assiettes foncières pour implanter des décharges ou des Centres d’enfouissement Technique (CET), d’où la préférence pour une économie verte avec comme slogan Zéro déchet».

En face, le sort des 53% des déchets, d’ordre organique, sont livrés aux aléas des gestions des collectivités locales et des directions des exécutifs. Toutefois, la règle de «pollueur-payeur» est peu appliquée en Algérie qui rejette 33,1 millions de tonnes par an, notamment au niveau des collectivités locales, alors que leur recyclage pourrait générer 91 milliards de dinars.

Le simple exemple du papier recyclé assure la sauvegarde de 15 millions d’arbres et crée 7800 emplois. L’oratrice de l’Agence nationale des déchets a expliqué que «le recyclege exige une organisation et des moyens que les pouvoirs publics ne possèdent pas».

«Où sont passés les déchets des 1600 entreprises ?»

Les rejets en huile, eux, souffrent du manque de moyens de stockage. Le cas Naftal a été cité par le représentant de la direction du commerce. Cette entreprise a abandonné la récupération de ses huiles. Mais il n’avance aucun chiffre sur la dimension des récupérations de métaux (cuivre, fer et autres) par le marché informel.

Les saisies opérées par la direction du commerce, quand il y en a, sont détruites. Quant au remplacement des sachets en plastique par ceux en papier ou par des couffins, il est laissé à l’appréciation des commerçants et des consommateurs. Une nouvelle directive du ministère recommande de mener des campagnes de sensibilisation dans ce sens.

A la direction de l’environnement de Boumerdès, on se plaint de manque de moyens humains et matériels et du gel des projets structurants pour le traitement des pollutions. L’insuffisance des stations d’épuration est mise en avant. Les cas de pollutions, surtout des oueds, à travers des rejets ménagers proviennent d’un réseau d’assainissement peu raccordé aux stations existentes.

La direction de l’hydraulique en est responsable. Le gestion des déchets au niveau des communes est laissé au bon vouloir des «maires peu qualifiés qui ont employé des cadres techniques censés s’occuper de l’hygiène à des postes administratifs». A la direction de l’environnement, on s’interroge «où sont passés les rejets des 1600 entreprises de la wilaya de Boumerdès ?»

Le représentant du CET régional de Corso a expliqué que le Centre d’enfouissement traite 15 millions de tonnes de déchets alors que sa capacité est de 6 millions de tonnes. Un premier casier, déjà saturé, a été remplacé par un second qui est soumis à certaines contraintes techniques. Conséquence : des émanations incommodent les riverains. La récupération du carbone et du plastique pourrait, à elle seule, dégager un gain de 450 millions de dinars.

Enfin, la première matinée de cette rencontre a été clôturée par l’intervention de M. Ladjouzi, ancien cadre de la santé et expert, qui a cité l’armada de textes juridiques (loi de 2001, décret d’application de 2003 et de 2013) qui encadrent la gestion des déchets en milieu hospitalier. Il a relevé qu’il est urgent de «former un personnel qualifié et responsabilisé et de fournir les moyens nécessaires en raison d’un constat d’ignorance, de problèmes comportementaux, d’absence de tri et même d’accidents liés à la gestion des déchets».


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