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Voitures électriques en Algérie : Tout ce qu’il faut savoir

01 juillet 2021 à 10 h 25 min

A partir d’aujourd’hui, seul le carburant sans plomb sera disponible dans les stations d’essence, en attendant l’arrivée des voitures électriques comme option principale et inévitable, bénéfique pour l’environnement. Certes, ce n’est pas grâce à quelques centaines de véhicules que l’air sera plus propre, mais cela aura le mérite de poser les jalons d’une culture environnementale. Environ 20 millions de tonnes de CO2 sont annuellement générées par le parc automobile en Algérie. Une véritable pollution et un sérieux problème de santé publique. Explications et détails.

En 2020, les statistiques montrent que le parc automobile algérien compte 6,5 millions de véhicules, dont 4 millions particuliers. 70% de ce parc roule au diesel. Un carburant très polluant, (Euro 2 alors que depuis septembre 2015, tous les véhicules particuliers neufs mis sur le marché de l’UE doivent être conformes à la norme Euro 6). En détail, 3,5 millions de voiture roulent à l’essence, 1,6 million de voitures au diesel (interdit dans certains pays) et 500 000 au GPL.

C’est l’équivalent de 10 millions de tonnes de diesel brûlées. Au total, quelque 20 millions de tonnes de CO2 sont générées annuellement. Le plus gros des principaux polluants atmosphériques est donc généré par le trafic routier. En Occident, lors des épisodes de pollution, les pouvoirs publics imposent d’ailleurs la circulation alternée. C’est-à-dire, diminuer de moitié les véhicules en circulation et par conséquent leurs émissions polluantes.

La circulation automobile est donc un levier important afin d’atténuer la pollution de l’air. En Algérie, en attendant le quota des véhicules hybrides, il a été décidé, pour des raisons environnementales mais aussi économiques, de suspendre toute vente d’essence avec plomb à partir d’aujourd’hui dans toutes les stations d’essence.

Une autre option à l’horizon : la voiture électrique qui pollue beaucoup moins, sauf si l’électricité utilisée provient des centrales thermiques. Mais ce ne sera pas le cas, du moins selon les promesses du ministre de la Transition énergétique (lire l’entretien, page ci-contre). Mais en moyenne, celle qui utilise de l’énergie renouvelable, sa pollution est uniquement liée aux batteries usées appelées à être recyclées.

Selon les études effectuées, avec l’utilisation de ces voitures, tendance dans plusieurs pays du monde (une part de marché de 22,4% en Europe), il y a beaucoup moins de risque sur l’air et la santé humaine. Dans le monde, on estime à 500 millions les voitures électriques qui rouleront d’ici 2035. Des avantages environnementaux et économiques considérables. Pour 100 km parcourus avec la voiture électrique, on dépense 70 DA, et 300 DA pour la même distance parcourue par une voiture thermique.

Quelle électricité ?

Et même si le coût de l’électricité augmente, le rapport reste bénéfique. Sur le plan environnemental, c’est encore mieux, selon Farid Rahal, maître de conférences au laboratoire des Sciences, Technologie et Génie des Procédés à l’université des sciences et de la technologie d’Oran, qui voit dans «l’avènement des véhicules électriques en Algérie une très bonne initiative de la part des pouvoirs publics… La voiture électrique est une tendance lourde sur le plan international. Il ne faudrait pas que l’Algérie soit devancée par les technologies, les économies et les cultures qui gravitent autour de la voiture électrique».

Voiture électrique, pour qui ? Sans condition, elle sera disponible pour tout le monde mais surtout pas accessible à toutes les bourses, éventuellement plus coûteuses que la thermique. Un bémol soulevé par le ministre des Energies renouvelables, qui ambitionne aussi d’équiper comme première étape le transport en commun en électrique.

Cependant, grâce à quelle électricité roulera-t-elle ? Celle produite par les énergies fossiles ? En principe, non. «L’idéal serait que les voitures électriques algériennes soient alimentées par de l’énergie issue du renouvelable et non pas en brûlant de l’énergie fossile. Sinon, cela reviendrait à déplacer le problème. Au lieu que les émissions polluantes soient produites par les véhicules, elles le seraient par les centrales électriques», toujours selon Farid Rahal.

Le spécialiste explique que si les voitures électriques sont adoptées par les Algériens, il est clair que l’air serait de meilleure qualité, surtout que le sondage effectué par Naftal révèle une «acceptabilité» vis-à-vis de ce genre de voiture.

Reste à savoir si des mesures incitatives seront aussi adaptées pour modifier les comportements et orienter les consommateurs vers une culture énergétique et écologique.

S’agissant du projet de voiture électrique précisément, le ministre des Energies renouvelables n’a rien pu arracher aux pouvoirs publics. Les voitures thermiques sont des polluantes néfastes pour la santé qui génèrent d’une manière directe ou indirecte les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone ou bien les particules fines. Par contre, pour les émissions des gaz à effet de serre (GES), cela est plus compliqué, selon Farid Rahal. «L’une des plus importantes caractéristiques d’un GES est sa durée de vie qui peut atteindre 100 ans pour le dioxyde de carbone par exemple.

Après l’émission d’une molécule d’un GES, celle-ci aura le temps de faire plusieurs fois le tour de la terre et ainsi contribuer au réchauffement climatique. Peu importe si cette molécule est émise en Algérie, en Chine ou en Allemagne. Elle aura le même effet sur le climat», avertit le spécialiste qui explique aussi que «le bilan carbone de la voiture électrique durant toute sa durée de vie doit prendre en considération l’ensemble des émissions de GES relevées pour sa fabrication, la production des batteries, l’extraction de l’énergie qui lui est nécessaire pour circuler et, bien sûr, toutes celles inhérentes à l’acheminement des produits et des équipements ».

La voiture électrique peut contribuer efficacement à la réduction des émissions de polluants atmosphérique mais aussi des GES. Une étude datant d’avril 2020, réalisée par l’ONG européenne Transport et Environnement, montre, dans le scénario le plus pessimiste, que la voiture électrique émet 22% de moins de GES qu’une voiture Diesel comparable, et 28% de moins de GES qu’une voiture à essence. Ce taux peut dépasser les 80% dans le scénario le plus optimiste.


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