Sétif, l’immense cité-dortoir | El Watan
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dimanche, 26 mai, 2019
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La nouvelle ville de Sétif voit le jour en 1845. Bon nombre des immeubles du cœur de la cité qui n’est plus belle et propre comme elle fut jadis sont centenaires.

Sétif, l’immense cité-dortoir

14 mai 2015 à 10 h 00 min

En l’absence d’un plan de sauvegarde et de restauration d’un inestimable patrimoine, les vieilles et belles bâtisses qui représentaient l’âme et l’histoire de la ville disparaissent l’une après l’autre.

Ne pouvant rester insensible face à un problème balafrant le cœur de leur cité, des urbanistes, des architectes et de nombreux amoureux de Sétif du bon vieux temps tirent la sonnette d’alarme. Affichant un silence radio, les responsables concernés ne réagissent toujours pas. La décadence du centre-ville n’est pas le seul tort fait à une cité ne jouant plus de rôle de ville. Laquelle vit très mal son expansion urbanistique, programmée, conçue et réalisée par des «bureaucrates» qui n’ont pas jugé utile d’associer les spécialistes en la matière.

 

Pas très regardants sur la qualité du nouveau bâti dont une partie tombe déjà en ruine, les «concepteurs» de milliers et lugubres cubes en béton où s’entassent des centaines de familles tancées par le mal-être et la dégradation de leur cadre de vie, les «chargés de mission» ne s’intéressant qu’aux statistiques sont les principaux responsables du déclin de Sétif qui a mal. Les élus ayant observé un silence complice ne sont pas exempts de tout reproche.

Comme les apparences sont souvent trompeuses, Aïn Fouara n’étant propre que sur le côté pile, souffre de l’insalubrité, du congestionnement de son réseau routier dont une grande partie est impraticable, de la pollution générée par le transport en commun d’un autre âge, de l’absence de lieux de loisirs et de divertissements et du délabrement de son parc d’attractions qui affiche, en ces journées printanières, complet. Transformée en une énorme cité-dortoir, Sétif ne dispose toujours pas de la moindre salle de cinéma. Mieux encore, les «promoteurs» de ces cubes à béton s’apparentant pour des sociologues à des bombes à retardement, ne disposent pas d’équipements publics (agence postale, banque, centre de santé, établissements scolaires, parkings, terrains de jeux, espaces verts, crèches et autres).

Abandonnés, de nombreux cubes accolés les uns aux autres sont devenus des nids de multiples maux sociaux. Annoncée en grande pompe, l’amélioration urbaine qui devait dans un premier temps toucher deux cités, n’est ni plus ni moins qu’un autre flop. Pour l’illustration, l’aménagement de La cité des Tours, située à la sortie Est de l’agglomération, hante les habitants de l’espace défoncé de partout.

Et ce, suite à la résiliation du contrat de l’entreprise chargée de la réhabilitation des parties communes des immeubles et des espaces extérieurs du quartier où habitent pourtant des membres de l’exécutif de la wilaya. Boueux l’hiver et poussiéreux l’été, l’endroit précité fait, le moins que l’on puisse dire, pitié. Bref, Sétif où il ne fait plus bon vivre ne remplit plus les conditions d’une ville… 

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