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Sétif : Aïn Boucherit, berceau de l’humanité

05 janvier 2019 à 8 h 00 min

La wilaya de Sétif est devenue en 2018 le carrefour des paléoanthropologues, après avoir inscrit sa région de Aïn Boucherit dans la short-list des sites catalogués comme berceaux de l’humanité, disputant la première place à la région éthiopienne de Gona, vieille de 2,6 millions d’années.

C’est à la faveur de la découverte d’outils lithiques en pierre taillée et d’ossements fossiles d’animaux remontant à 2,4 millions d’années sur le site de Aïn Boucherit, dans la commune de Guelta Zergua, à une trentaine de kilomètres à l’est de la capitale des Hauts-Plateaux, que Sétif, et par ricochet l’Algérie, ont suscité dernièrement davantage l’intérêt des scientifiques.

La publication des résultats de recherches dans la prestigieuse revue américaine Science, éditée par l’Association américaine pour l’avancement de la science (AAAS), le 29 novembre dernier, a non seulement fait de Aïn Boucherit, de Sétif et de l’Algérie le berceau de l’humanité, mais «contraint’’ également historiens et archéologues à revoir leur copie, en ce sens, et à remettre en question le lieu d’origine de la plus ancienne occupation humaine en Afrique du Nord.

Selon une note de presse élaborée par Mohamed Sahnouni, directeur du projet de recherche paléoanthropologique dans la région de Aïn Haneche (Sétif), menée à l’aide d’une équipe internationale et multidisciplinaire, le site de Aïn Boucherit est désormais le deuxième site archéologique le plus ancien d’Afrique et du monde, après celui de Gona, en Ethiopie, et qui prouve que l’ancienneté du peuplement préhistorique de l’Algérie remonte à l’aube de l’humanité.

Tout en contribuant à lever le voile sur les débuts de l’humanité tout entière, Aïn Boucherit est ainsi devenu l’un des rares sites archéologiques en Afrique à avoir livré un important échantillon de traces de boucherie, grâce à la découverte d’outils permettant de connaître les comportements d’acquisition de subsistance animale par des hominidés, il y a de cela 2,4 millions d’années.

Ces découvertes ont également mis en exergue, selon cette note de presse, que «l’utilisation efficace d’outils taillés, à bords tranchants en forme de couteaux, suggèrent que nos ancêtres n’étaient pas de simples charognards», relevant que «les preuves de Aïn Boucherit montrent sans ambiguïté que ces mêmes humains concoururent les carnivores et ont eux-mêmes eu un premier accès aux carcasses animales pour en extraire la viande ou la moelle».

Avant de procéder à ces découvertes, peu de choses étaient connues sur la plus ancienne présence humaine en Algérie et en Afrique du Nord, alors qu’aujourd’hui, «le site de Aïn Boucherit suggère que des fossiles des premiers hommes et les témoignages de leur culture matérielle, aussi vieux que ceux documentés en Afrique orientale, pourraient être découverts en Algérie», est-il précisé.

De son côté, la directrice du Musée national de Sétif, Chafia Khalfallah, a fait savoir qu’avant ces découvertes récentes, de nombreux sites et antiquités de la période préhistorique, répartis dans la région de Sétif et ses environs, avaient préalablement mis en exergue des traces de la présence de l’homme dans la région datant d’il y a au moins 1, 3 million d’années.



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