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Samir Gani. Directeur de l’Olivier magazine : Notre huile d’olive conventionnelle est en grande partie biologique»

07 janvier 2021 à 10 h 33 min

Le bio et le goût pour les produits du terroir vont-ils toujours de pair ? Les experts de la FAO ont jugé, dans leur rapport sur l’Assistance technique pour la promotion de la production de l’huile d’olive biologique en Algérie (mai 2020), que «l’attachement au savoir-faire traditionnel et un goût de référence pour une l’huile de mauvaise qualité représentent un obstacle pour l’introduction de l’innovation».

Mais cet avis n’est pas partagé par Samir Gani, directeur de L’Olivier magazine qui qualifie ce commentaire de «préjugé». «Dire que l’attachement au savoir-faire traditionnel et au goût de référence pour une huile d’olive de mauvaise qualité sont les obstacles pour l’introduction de l’innovation est, d’une part, un préjugé accusant l’Algérien d’être contre le changement et, d’autre part, ce sont des arguments qui démontrent une limite à trouver des solutions concrètes», note-t-il.

M. Gani plaide même pour la préservation des pratiques traditionnelles à condition de respecter les normes établies par les scientifiques. Les «pratiques traditionnelles, on peut toujours les garder et même les protéger, à condition de respecter les mesures d’hygiène et assurer au consommateur un produit final sain dans les normes établies et reconnues par nos scientifiques et autres laboratoires d’analyses», suggère-t-il. Le projet d’assistance technique pour la promotion de la production de l’huile d’olive bio en Algérie est, selon M. Gani, un programme qui n’a pas réussi à concrétiser les objectifs fixés. «Concernant le projet d’assistance technique pour la promotion de la production de l’huile d’olive biologique en Algérie (TCP/ALG/3603), un budget de 135 463,76 dollars a été débloqué sans compter les moyens que l’Etat a mis en place pour le bon déroulement de ce projet pour se retrouver malheureusement au point de départ…», estime M. Gani.

Faut-il rappeler que dans ce projet, 5 zones pilotes ont été choisies (Tizi Ouzou, Batna, Tlemcen, Tipasa et Jijel) dont l’objectif est l’initiation et la mise en place d’un modèle de développement intégré biologique autour de l’oléiculture des zones montagneuses dans chacune de ces 5 zones. Le directeur de la publication de l’Olivier revient sur les recommandations de la FAO pour le développement de l’huile d’olive bio en Algérie. Au-delà des potentialités que détient l’Algérie, en s’appuyant sur les recommandations de la FAO pour la production et la promotion de l’huile d’olive bio, M. Gani s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre afin de concrétiser toutes ces recommandions dont la listes est longue. Notre interlocuteur, ayant connu de près les acteurs influents sur la filière de l’oléiculture en Algérie, se demande si notre pays dispose de moyens de la politique du bio et si nous sommes réellement près à aller vers le bio.

Ainsi, parmi ces recommandations, les experts de la FAO proposent d’accompagner au moins un laboratoire national dans le processus d’accréditation selon la norme ISO/CEI 17025 pour les principales analyses nécessaires pour le bio (résidus chimiques et métaux lourds). Il faut noter, qu’à travers l’accréditation, les analyses des laboratoires sont reconnues au niveau international, et en présence de laboratoires nationaux accrédités, les producteurs Algériens souhaitant exporter pourront ainsi effectuer les analyses sélectionnées sur leurs produits en Algérie sans devoir s’adresser à des laboratoires étrangers ; ceci permettra aux producteurs de réduire les coûts d’analyse de leurs produits et d’être plus compétitifs en terme de prix.

Il est également question de «renforcer les capacités techniques des personnels affectés aux principaux laboratoires, en vue de répondre aux exigences générales concernant la compétence des laboratoires d’essais selon la norme internationale ISO/CEI 17025», souligne notre interlocuteur. Pour l’élément humain, la FAO a également recommandé la formation d’au moins 10 dégustateurs d’huile d’olive selon la norme COI (2 par zone pilote), mais aussi former environs 25 cadres des structures d’appui sur les différentes normes de production, de transformation, d’étiquetage et de commercialisation des produits biologiques (règlements : UE, NOP, JAS, Demeter, Bio-Suisse…).

Sur un autre plan, cette organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture recommande la réalisation d’une expertise pour initier la mise en place d’un programme d’accréditation des laboratoires nationaux selon la norme ISO/CEI 17025 pour les principales analyses nécessaires pour le bio.

Pas seulement, cette organisation préconise le lancement d’une étude spécifique pour définir les conditions, les modalités et les barèmes des aides éventuelles à mettre en place pour un soutien à l’export, au développement des zones pilotes, à l’investissement à l’équipement et la conversion au bio (coût de contrôle, certification, intrants, assistance…). «Ceci n’est qu’un petit aperçu, la liste est longue et je pose les questions suivantes  : avons-nous les moyens de la politique du bio ? Sommes-nous prêts pour le bio ? Qu’allons-nous gagner avec le bio ?», s’interroge M. Gani, considérant que «l’urgence est dans l’amélioration de la qualité de notre huile d’olive conventionnelle qui est en grande partie naturellement biologique». Et d’ajouter : «Nous avons tous les atouts pour y parvenir», se montre-t-il confiant. 


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