Retour aux sources | El Watan
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samedi, 19 octobre, 2019
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Retour aux sources

07 septembre 2019 à 8 h 38 min

C’est un groupe d’amis venus d’Oran et d’Annaba. Leurs parents, ou leurs grands-parents, ont quitté Belaguel, ce village perché sur un piton rocheux à 800 mètres d’altitude, pour s’installer dans ces grandes villes ou à l’étranger.

Cependant, ces familles de montagnards devenus citadins n’ont jamais coupé le cordon ombilical qui les rattache à leur région d’origine. La maison ancestrale est encore debout si elle n’a pas été restaurée et agrandie. Les champs d’oliviers sont encore entretenus et exploités et on vient renouer les liens familiaux à chaque grande occasion. On y vient en été pour les figues et les mariages et on y revient en hiver pour les olives.

C’est l’occasion de redécouvrir l’histoire locale ou celle des ancêtres, assis sur une dalle de schiste à Tajmaâth à écouter les anciens. C’est l’occasion également de gravir les monts couverts de pins d’Alep et de genévriers, de sillonner les ravins ombragés où se cachent encore l’eau et la fraîcheur, de cueillir les premières figues.

Cette région de la Kabylie est encore pratiquement vierge et offre une nature sauvage de montagnes escarpées et de ravins encaissés. C’est l’occasion de faire un retour aux sources. Des fois, au sens propre du mot, comme «Lainsser guizem», «La source du lion» que l’on découvre en suivant les méandres de Tassift El Qalâa, halte obligée des randonnées d’été pour se rafraîchir, se désaltérer et se reposer.

Mustapha vit à Oran, dans le quartier de Gambetta, et travaille dans le ramassage des peaux d’ovins et de bovins qu’il revend aux industriels de la transformation. «Nous avons une fête familiale de mariage et je profite pour faire quelques randonnées et découvertes avec des amis et des cousins.

Nous avons ramené de la galette et des piments frits, plus quelques bouteilles d’eau fraîche, de quoi tenir jusqu’à la source du lion pour se réapprovisionner», dit-il. Mustapha est venu avec Boulou, transporteur spécialisé dans le ramassage du caroube, Mourad est venu d’Annaba, Yahia est coiffeur à Oran et il y a aussi Lvachir qui, lui, vit ici.

Sur place, rencontre avec des habitants des villages environnants venus faire une petite balade ou une petite baignade dans les eaux de rivière.

Dda Salem, président de l’association Ithran du village de Chekvu, commune et daïra de Djaâfra, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, est l’un des animateurs culturels de la région.

«Nous avons demandé au conducteur du bulldozer qui trace cette piste en pleine forêt de bien vouloir canaliser la rivière pour nous créer une petite étendue d’eau. Nous sommes très loin de la mer et nous avons improvisé cette piscine pour nos jeunes et nos citoyens qui n’ont pas d’autres moyens de se rafraîchir», dit Dda Salem.
Sur place, beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents batifolent dans l’eau avec insouciance, visiblement heureux de voler quelques heures de bonheur à la morosité quotidienne et quelques instants de précieuse fraîcheur à la canicule qui s’est installée avec l’été.

Un petit garçon fait admirer son art du plongeon à son papa, des amis papotent les pieds dans l’eau. Pudeur oblige, un groupe de femmes s’est installé sur des nattes en amont de la retenue. Loin des regards indiscrets, elles profitent de l’ombre et de la fraîcheur des lieux.

Dda Salem nous parle de son projet de festival pour la culture et le tourisme solidaire qu’il organise chaque année pour tenter de faire renaître son village et de le sortir quelque peu aussi bien de la léthargie estivale que de l’oubli. Il nous invite à venir découvrir et la région et son potentiel. C’est peut-être l’occasion d’une nouvelle découverte culturelle et touristique.


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