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Pour fuir le fascisme : Il y a 80 ans, des exilés espagnols sont arrivés à Oran

07 mars 2019 à 10 h 00 min

Il y a 80 ans, pour fuir le fascisme, de nombreux exilés espagnols avaient pris le départ à partir du sud-est de l’Espagne, notamment de Valence et Alicante, à destination d’Oran. Un hommage d’Etat a été rendu, mardi dernier, à ces exilés républicains espagnols, par les autorités ibériques, à l’occasion d’une journée commémorative du 80e anniversaire de l’arrivée à Oran des réfugiés espagnols.

Les intervenants, lors de cette rencontre qui s’est tenue à la Chambre de commerce et d’industrie de l’Oranie, ont mis en exergue, mardi dernier, la solidarité exemplaire de la population oranaise envers ces personnes ayant fui, en 1939, les exactions du fascisme en Espagne. Cet événement, qu’a abrité pour la première fois la ville d’Oran, a été rehaussé par la présence d’une délégation espagnole conduite par la ministre de la Justice, Mme Dolores Delgado, Luis Garcia Montero, directeur des instituts Cervantès dans le monde, Fernando Martinez, directeur général de la mémoire historique, l’ambassadeur d’Espagne à Alger, le consul général d’Espagne, à Oran, l’historien et biographe de Francesc Boix, Benito Bermejo et d’autres personnalités espagnoles.

C’était l’occasion de se remémorer l’atrocité de la guerre civile et les massacres perpétrés par l’armée de Franco contre les républicains dont certains ont fui vers la France, l’Amérique latine et l’Algérie dont notamment vers Oran. Dolores Delgado a rappelé l’aventure du «dernier navire de l’exil», Le Stanbrook, qui, en 1939, quelques jours seulement avant la fin de la guerre civile espagnole, emporta plus de 2600 personnes depuis le port d’Alicante vers Oran, «ce qui leur a permis de survivre», a-t-elle souligné.

Elle a également souligné que les cérémonies de commémoration ont lieu, simultanément, dans 43 villes du monde, en collaboration avec l’Institut Cervantès. «Ma culture est la démocratie. Ma culture est la liberté. Ma culture est le passé et également le futur», a déclaré la ministre lors de la cérémonie de baptisation de la bibliothèque de l’Institut Cervantès du nom du photographe Francesc Boix. Celui-ci est né le 14 août 1920 à Barcelone et mort le 4 juillet 1951 à Paris. Exilé en France en 1939, il est fait prisonnier en 1940 avec plus de 7000 autres Espagnols à Mulhouse. Il est Considéré comme un prisonnier politique compte tenu de son passé républicain et de son engagement contre le franquisme en Espagne, qui est un allié de l’Allemagne nazie.

Il est déporté le 27 janvier 1941, ainsi que ses camarades, au camp de concentration de Mauthasen. Les deux tiers d’entre eux vont y laisser leur vie. En tant que photographe de métier, Boix est affecté au service d’identification du camp où il photographie l’horreur nazie. Les autorités espagnoles n’ont pu récupérer que 1000 négatifs de photos du camp de concentration, sur les 20 000 qu’il a prises. En 1946, il témoigne au procès de Nuremberg. «Ainsi et dans le cadre de cette commémoration et sur proposition de la commission culturelle espagnole, la ville d’Oran a été désignée par la commission de la mémoire historique relevant du ministère de la Justice espagnole afin d’abriter ces festivités», a fait savoir Mme Jiménez Caballero Inmaculada, directrice de l’Institut Cervantès, à Oran.

Une première pour cette ville, dont les liens historiques et culturels avec l’Espagne sont très forts. Dans ce registre, le directeur général de la mémoire historique qualifie cette baptisation de «fierté et que personne ne peut oublier l’horreur ni la répression, ni les persécutions de la guerre civile». Il rappelle les relations étroites entre l’Algérie et l’Espagne, et surtout Oran, soulignant ainsi que les exilés avaient pris le départ début 1939 à partir du Sud-Est, notamment de Valence et Alicante, à destination d’Oran. Il met en exergue la solidarité de la société civile avec les compatriotes espagnols.

Par ailleurs, le directeur des Instituts Cervantès dans le monde s’est félicité du travail des Instituts Cervantès d’Alger et d’Oran, notamment dans la promotion de la langue espagnole et dans le renforcement des échanges culturels et civilisationnels. «Cet événement vise à lutter contre l’oubli et à rendre un hommage aux exilés républicains, à l’exemple de Francesc Boix, Max Aub, Raphael Alberti et tant d’autres», a-t-il noté.

Par ailleurs, l’historien et biographe, de Francesc Boix, a précisé qu’un travail est mené pour répertorier tous les Espagnols qui ont fui le franquisme. «Grâce à cet hommage, la bibliothèque Francesc Boix pourra compter à partir de maintenant sur une notable collection de livres et de matériels de photographie à Oran, qui se joindra à la liste de plus de 50 bibliothèques de Cervantès dédiées aux grands noms de la culture en langue espagnole», a indiqué la directrice de l’Institut Cervantès.

L’occasion a été également saisie pour la signature du livre d’honneur par la délégation espagnole. Dans la matinée de mardi, une table ronde sur les exilés espagnols de Stanbrook a été animée au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Oranie.

Prenant la parole, la ministre de la Justice espagnole a rappelé l’horreur de la guerre civile et la persécution des républicains qui ont fui leur terre pour la démocratie et la liberté. Les différents intervenants ont été unanimes quant aux conditions difficiles dans lesquelles se sont faits ces voyages, en citant pour exemple le dernier bateau, le Stanbrook, un navire charbonnier britannique, qui avait transporté en 1939 quelque 2600 exilés républicains vers le port d’Oran.

Une fois arrivés, ces derniers ont été internés dans des camps à Oran, Relizane et Djelfa. L’accueil des Oranais a été également mis en exergue et les conférenciers ont souligné que cet exil collectif avait des spécificités. Oran était une zone de transit pour certains exilés qui avaient rejoint l’Amérique latine, à l’exemple de Max Aub, qui a été interné dans un camp à Djelfa, puis a émigré au Mexique. Une gerbe de fleurs a été déposée au niveau de la place de Sidi M’hamed à la mémoire des exilés espagnols. Notons que l’Institut Cervantès d’Oran est classé 12e dans le monde, a indiqué la directrice, et compte plus de 2000 inscrits. 


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