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Perturbation des activités industrielles : Quand le coronavirus réduit la pollution !

05 mars 2020 à 9 h 45 min

En fait inattendu en relation avec la propagation du coronavirus. La planète enregistre une légère baisse de la pollution. La pandémie du coronavirus a, en effet, entraîné une baisse des activités industrielles chinoises, des restrictions de circulation et des vols domestiques et internationaux. Résultats : l’air respire !

Les émissions de CO2 ont été réduites de 15 à 40% dans le secteur industriel, rapporte le site Carbon Brief. Les particules polluantes ont également connu une nette diminution. Il y a eu une chute spectaculaire de la pollution.

Les taux de dioxyde d’azote émis par les véhicules ou les industries par la combustion des énergies fossiles ont en effet baissé de manière spectaculaire. Moins de vols, moins de circulation automobile et aussi annulation et réduction de plusieurs trafics terrestres et maritimes. Plusieurs événements internationaux ont été reportés. Même si l’impact demeure fortement négatif sur les activités économiques mondiales, la planète sort gagnante par le biais de cette pandémie.

La Nasa, grâce aux relevés du satellite Sentinel-5P de l’Agence spatiale européenne, a pu mesurer l’importante diminution des taux, passés de 500 µmol/m2, il y a un an à moins de 125 µmol/m2 en janvier 2020. L’agence spatiale a étudié les niveaux de dioxyde d’azote, un gaz polluant émis notamment par les véhicules et les activités industrielles dans la ville de Wuhan, épicentre du coronavirus.

L’agence a ensuite procédé à une comparaison sur deux périodes : du 1er au 10 janvier, et du 10 au 25 février. Constat : les taux ont considérablement baissé, notamment dans les régions de Pékin, du Hebei, de Shanghai, de Hong Kong, de Chongqing et de Chengdu. Cette décrue s’est d’abord observée au-dessus de la province du Wuhan, avant de prendre dans tout le pays.

Reprise ?

«C’est la première fois que je constate une baisse aussi spectaculaire sur une zone aussi large pour un événement spécifique», observe Fei Liu, l’une des chercheuses de la Nasa sur la qualité de l’air, reprise par plusieurs médias internationaux. Cette diminution pourrait-elle durer ? Non. Il pourrait même y avoir un effet contraire. Une reprise rapide.

Car, une fois que l’activité reprendra, les émissions pourraient même augmenter en moyenne sur l’année, selon le cabinet énergétique BloombergNEF. Il note que si les autorités engagent un plan de relance économique à grands coups de chantiers d’infrastructures, cela augmentera la demande en ciment et en acier, et donc la quantité de charbon consumée. «Ceux qui saluent une pause bienvenue dans l’urgence climatique doivent refréner leur optimisme», affirme Li Shuo, porte-parole de Greenpeace Chine, cité par des médias.

Même si l’OMS ne recommande pas et s’oppose en fait à toute restriction sur les voyages et le commerce, a poursuivi le directeur de l’institution. Entre-temps, à la mi-février, l’Organisation internationale de l’aviation civile a averti que la nouvelle épidémie pourrait entraîner une baisse de 4 à 5 milliards de dollars des recettes des compagnies aériennes mondiales.

D’ailleurs, le groupe allemand Lufthansa a annoncé, lundi dernier, la prolongation jusqu’à fin avril de ses annulations de vols vers et depuis l’Iran et la Chine. Le groupe et ses filiales européennes, Austrian Airlines et Swiss, ne proposeront aucun vol entre l’Allemagne, la Suisse,l’Autriche et la Chine, foyer de l’épidémie, «jusqu’au 24 avril», a indiqué Lufthansa dans un communiqué rendu public.

La compagnie suspend également ses vols vers l’Iran, particulièrement touché par le virus, jusqu’au 30 avril. De son côté, la compagnie britannique EasyJet avait annoncé qu’elle annulait déjà des vols et prévoyait d’en supprimer près de 500 entre le 13 et 31 mars, en majorité depuis et vers l’Italie. «Ces 500 vols environ représentent 11% du volume de vols vers ou depuis l’Italie pour le mois de mars», a affirmé le groupe à l’AFP. Le groupe IAG, propriétaire de British Airways et Iberia, a également annulé des vols vers Milan et va réduire ses dessertes du pays dans les prochains jours.

Une légère adaptation des programmes de vols d’Air France vers Milan, Bologne et Venise est effective. Brussels Airlines, quant à elle, réduit de 30% ses vols vers Milan, Rome, Venise et Bologne depuis hier jusqu’au 14 mars.

La compagnie hongroise à bas prix Wizz Air, fortement implantée en Pologne, réduit d’environ 60% ses vols vers l’Italie au départ de Varsovie et de cinq autres villes polonaises.

Le gouvernement de l’archipel touristique du Cap-Vert est allé jusqu’à interdire «tous les vols en provenance d’Italie» pendant trois semaines. L’activité maritime est en baisse aussi.

Le Baltic Dry Index (BDI) a touché la semaine dernière un plus bas depuis le début de l’année 2016. Celui de la catégorie «capesize», composé des navires les plus gros transportant principalement du charbon et du minerai de fer, n’a, quant à lui, jamais été aussi bas depuis sa création.
Animaux
Autre «gagnant» de cette pandémie : la faune sauvage. Le 24 février dernier, la Chine a affiché son intention de vouloir «mettre en place une interdiction complète du commerce et de la consommation d’animaux sauvages». Ces derniers sont en effet suspectés d’être à l’origine de la pandémie. Cette mesure doit encore être inscrite dans la loi avant d’être pleinement «saluée».

On enregistre des applaudissements pour cette interdiction, qui montre que le gouvernement chinois est déterminé à changer une tradition millénaire.

 

Nassima Oulebsir
[email protected]

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