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Noyade des enfants : La responsabilité des parents engagée

11 juillet 2019 à 9 h 00 min

La baignade en mer ou dans une piscine est un moment de joie incontrôlable pour les enfants. Mais ces instants d’euphorie ne sont pas sans risque sur la vie des petits nageurs.

Si pour les tout petits le risque provient de l’absence de la notion de danger et de la non-maîtrise de la nage, le danger qui guette les ados demeure celui de se montrer intrépide, plus courageux. Ils sont nombreux à se lancer des crâneries et à chercher à être des héros. Mais ces comportements également, qui ont lieu dans la plupart des cas entre copains, loin de la surveillance des parents, les exposent dans la plupart des cas au risque mortel, surtout en mer.

Venus de Beni Amrane, une zone montagneuse de la wilaya de Boumerdès, Saïd et ses copains, dont l’aîné ne dépasse pas 16 ans, se baignent à la plage de Boumerdès. Ils ont choisi cette plage spécialement pour sa proximité de la station de bus de cette wilaya. «On vient pratiquement chaque matin, et le soir, on rentre chez-nous», déclare Saïd, qui joue le rôle de chef du groupe.

Le soir, ces jeunes rentrent un peu plus tôt pour éviter les aléas du transport en commun, surtout qu’ils habitent dans une région très retirée. Mais ces jeunes savent-ils que le problème du transport n’est pas le seul danger qui les guette? «Nous habitons la même région, nous venons en groupe et nous n’avons rien à craindre ici, la plage est sécurisée et surveillée par les maîtres nageurs», disent-ils en toute confiance.

Mais au fur et à mesure que la discussion avance, ces jeunes, dont certains sont en pré-adolescence, avouent ne pas savoir nager. «Nous habitons dans un village, nous n’avons pas de piscine et puis nous n’avons pas la chance de nous baigner en mer dès notre jeune âge», avance Yacine, qui a à peine 14 ans.

Quant à leur sortie du week-end jusqu’à la plage de Boumerdès, Yacine estime que cela se fait avec l’accord de ses parents. «Je viens avec des cousins et des voisins, il n’y a rien à craindre», affirme-t-il. Nager loin de la surveillance de ses parents, cela n’apparaît-il pas trop risqué ?

«De toute façon, même s’ils sont là ils ne pourront rien faire, mes parents ne savent pas nager et ils n’ont jamais connu la mer», rétorque Yacine en plaisantant. Si des groupes d’adolescents fréquentent les plages loin de la surveillance de leurs parents, d’autres en bas âge le font également, et ce, avec le consentement de leurs parents.

Ania, une fillette de 10 ans, habitant la banlieue est d’Alger, a l’habitude de se rendre à la plage avec sa copine durant toute la semaine. La plage qui se trouve à proximité de sa maison lui est tout de même interdite durant le week-end. «Je ne la laisse pas partir le week-end, car il y a beaucoup d’étrangers qui fréquentent cette plage», déclare son père.

Sur le risque de noyade, ce père répond: «Elle a l’habitude de nager dès son jeune âge. Elle nage très bien. En plus il y a trois maîtres nageurs qui surveillent notre plage.»

Faut-il rappeler qu’il suffit de quelques moments d’inattention pour que l’irréparable se produise

Il n’en demeure pas moins que des parents, par manque de vigilance ou d’appréciation du danger, continuent à envoyer leurs enfants seuls pour se baigner. Ainsi, pour les petits enfants, 3 minutes suffisent pour s’ils soient engloutis par la mer. L’incident qui s’est produit durant le mois de juin sur la plage «Petit paradis», dans la localité d’Azeffoun, a choqué tout le monde.

Trois adolescents ont trouvé la mort par noyade. Selon le communiqué de la Protection civile, le 24 juin dernier, vers 12h45, les plongeurs de la Protection civile ont repêché trois noyés, décédés à la plage «Petit paradis», une plage pourtant autorisée à la baignade, mais ce jour-là, la mer était très agitée. Bien que le fanion était au rouge, indiquant que la baignade est interdite, ces jeunes, âgés entre 15 et 16 ans, tous originaires du village Tizi Tghethent, commune de Yakourene, n’ont pas été suffisamment prudents.

– Baignade dans les barrages : Un autre danger pour les enfants

Au début de ce mois de juillet, l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT) a lancé sa 5e  campagne nationale de sensibilisation sur les dangers de la baignade dans les barrages. Pour sa part, le ministère des Ressources en eau a lancé une campagne en envoyant des messages sur les téléphones, «Nager dans le barrage est un acte suicidaire», lit-on dans ce message.

L’ampleur du phénomène des noyades dans des barrages et les étendues d’eau est plus remarquable dans les régions de l’intérieur du pays. Au climat rude de ces régions connues pour les fortes chaleurs pendant l’été, s’ajoute le manque de moyens de divertissements.

Ce qui pousse des jeunes et des moins jeunes à nager dans des barrages sans se soucier du danger qui les guette. Au niveau de ces villes de l’intérieur, durant cette période de chaleur caniculaire, les piscines permettant à ces jeunes de se rafraîchir sont quasiment absentes au niveau des centres urbains.

Pour les régions les plus reculées, où il n’y a aucun moyen de divertissement, rallier le nord du pays pour camper en bord de mer est pour les familles pauvres chose impossible.

A ce titre, l’ANBT a engagé une caravane de sensibilisation qui a permis de «faire prendre conscience aux citoyens du danger réel qui les guette en se baignant dans ces retenues d’eau». D’après l’ANBT, le nombre de morts par noyade dans les barrages a baissé «sensiblement».

Cette agence vise tout de même par ces campagnes de sensibilisation à atteindre zéro noyade. Depuis le début de la saison estivale, l’agence déplore 5 cas de mort par noyade. Selon toujours les chiffres de l’ANBT, le bilan des six dernières années est de 142 morts. D. R. et APS

– Les quatre phases de la noyade :

1-   L’aqua stress : c’est la première étape de la noyade. Cette phase se caractérise par la panique de la victime, qui commence à gesticuler d’une manière désordonnée, et fait ce qu’on appelle «le bouchon», à savoir s’enfoncer dans l’eau puis remonter successivement, la tête en arrière, en battant l’eau avec les bras.

Lorsque le nageur se trouve dans cette situation, il demeure incapable d’appeler les secours. Cette phase de la noyade, qu’on nomme «réaction instinctive à la noyade», passe souvent inaperçue pour les personnes qui entourent la victime.

Celle-ci paraît jouer dans l’eau. Elle ne donne aucun signe d’alerte permettant de la sauver. De nombreux cas de noyade se sont produits de cette façon à quelques mètres des autres baigneurs, sans qu’ils s’en rendent compte.

2-   La petite hypoxie : durant cette phase, la victime commence à s’épuiser, elle est toujours à la surface de l’eau, toujours consciente, mais elle a déjà absorbé plusieurs fois des quantités d’eau.

3-   La grande hypoxie : à ce niveau de noyade, la victime est complètement épuisée. Elle se maintient à la surface, mais elle a déjà absorbé beaucoup de quantités d’eau. Elle est de moins en moins consciente.

4- L’anoxie : lorsque la victime atteint ce niveau c’est que la noyade dure depuis plusieurs minutes. La victime n’est plus consciente, ne respire plus, et ne montre plus de signe d’activité cardiaque.


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