Nora Zaïr : Un portrait sans cliché | El Watan
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D’aucuns ont dû remarquer, au hasard d’un clic sur les réseaux sociaux, de magnifiques clichés d’El Bahia, dont la beauté -du cliché- renseigne sur le côté artistique de son auteur.

Nora Zaïr : Un portrait sans cliché

29 septembre 2016 à 10 h 00 min

C’est qu’à Oran, ils sont plusieurs dizaines de photographes, professionnels et amateurs, à s’adonner pleinement à leur passion : immortaliser la ville. Parmi eux, on compte Nora Zaïr, une artiste photographe qui n’est plus à présenter à El Bahia, tant les œuvres photographiques font l’unanimité. Nora Zaïr est né à Oran.

Enfant, elle n’avait pas tellement une passion démesurée pour la photo, en revanche, sur les bancs de l'école, elle aimait à dessiner, ou à redessiner, tout ce qui lui passait sous la main. «Je prenais un malin plaisir à redessiner les images des livres pédagogiques d’histoire-géo, ou encore les dessins animés que je regardais à la télé.» Toujours dans sa période adolescente, après une halte à Marseille, qui n’a duré que quelques mois, le décor de cette ville du sud de la France a fortement contribué à influencer son rapport à l’image, nous dit-elle.

Mais devant rentrer en catastrophe en Algérie avec sa famille, il était trop tard pour les inscriptions dans une école à Oran, aussi, ce fut à Mascara que Nora dut poursuivre son cursus scolaire. «J’avais à cette époque l’amour du dessin. Je voulais devenir une grande artiste peintre. Oui, durant ce temps-là, la photo ne m’intéressait pas plus que ça !» Après l’obtention de son bac, son souhait était de postuler pour les Beaux-Arts d’Alger, mais son père y mit le veto à cause des risques qu’elle pouvait encourir, à cette époque, dans la capitale.

Par dépit, elle dut s’inscrire à l’USTO, pour étudier le génie civil et l’hydraulique. «Malgré moi, je me suis retrouvé à m’intéresser au béton armé, alors que ce n’était pas du tout mon créneau», nous dit-il avec une pointe d’humour. Bonne élève au CEM et au lycée, à l’université, du fait qu’elle étudiait une branche qui ne lui seyait guère, elle avait quelque peu délaissé ses études, même si, au final, elle finit par avoir son diplôme avec les honneurs. En 2012, elle eu vent que l’Institut français donnait une formation dans la photo, sous l’égide du photographe professionnel Hamid Aourag, -qui est, par ailleurs, le photographe attitré de notre confrère El Khabar-.

Elle décida de s’y inscrire, et comme le hasard fait bien les choses, c’est à cette même époque qu’une amie française à elle, alors en visite à Oran, lui a offert un appareil photo, un compact. Aussi, c’est en faisant du tourisme avec cette amie française, ici et là dans les villes algériennes, que Nora avait fait «ses premières dents» dans le monde de la photographie.

Un peu plus tard, d’autres jeunes photographes, Fayçal Raskallah, -dit Fay la faille-, Abdou Chenan et Omar Redoui, qui écumaient le centre-ville d’Oran avec le cliquetis de leur appareil, organisaient, à l’Institut Français, ce qu’ils appelaient «les samedis de la photo». «Je ne ratais aucun samedi pour apprendre davantage, et mieux maîtriser mon appareil photo. Ils ont constaté que j’avais un certain regard, et ils m’ont alors encouragé à le développer.» C’est ainsi qu’elle a alors intégré le célèbre groupe Iso-Club, grâce auquel elle a pu participer à plusieurs expositions collectives.

Elle a aussi bénéficié, dans le cadre d’une résidence de photographes, de la formation de Hocine Zaourar, le seul photographe algérien et du monde arabe qui a eu le World Press pour son œuvre «La madone de Bentalha». «De voir mes photos exposés au hall de l’Institut français dans le cadre d’une expo collective, cela m’a fait quelque chose», nous confie-t-elle.

Autre moment mémorable, celui de l’exposition de février 2015, organisé par l’APC d’Oran au siège de cette même structure, qui avait pour titre «Regard sur la ville», dans laquelle Nora avait exposé 10 de ses clichés et deux grands tableaux.  Jusque-là donc, cette artiste n’avait participé qu’à des expositions collectives ; quant à sa première expo, elle n’en a eu l’idée que suite à une visite à Alger, où elle a revu un ami à elle travaillant pour l’association SOS Disparus. «J’ai rencontré quelques mamans de disparus, et j’ai été tellement touchée par leur souffrance, que j’ai décidé de faire une exposition.

En fait, c’est surtout un poème très poignant d’une maman, dont la lecture m’a été très douloureuse, qui m’a incitée à faire cette exposition.» L’exposition a eu lieu donc le 10 décembre 2015, à l’occasion de la Journée des droits de l’homme. Alors qu’elle devait être organisée dans la galerie d’art d’un centre commercial, à cause de couacs avec l’administration, elle a eu finalement lieu au bureau d’Oran de la Ligue algérienne des droits de l’homme. «Ma première expo a donc été un peu compliquée», dit-elle avec humour. Cela n’est un secret pour personne, en Algérie, qui dit prendre une photo, dit forcément prendre des risques.

Tout photographe a eu affaire, au moins une fois, avec les forces de l’ordre, lui signifiant qu’il était interdit de photographier tel ou tel édifice, pour des raisons sécuritaires, ou parce que l’édifice en question relève du patrimoine protégé. Nora Zaïr n’est pas en reste. «A Oran, j’ai mes repères, et je n’ai jamais eu le moindre problème. Je sais ce que je peux prendre en photo, et ce que je ne peux pas.

En revanche, quand j’étais à Alger, en voulant prendre des photos au port, des policiers me sont tombés dessus, me disant qu’il était interdit, car la marine était dans mon champ de vision. Finalement, ils m’ont laissé partir.» Si au départ Nora avait fait ses premières dents avec un compacte, grâce à ses premiers cachets, elle a pu s’offrir un réflexe qui, dans le jargon des photographes, signifie un appareil professionnel. Quant à ses projets, elle nous a signalé qu’elle sera à Strasbourg la première semaine du mois d’octobre, pour une exposition qui aura pour thème «La ville d’Oran», et cela dans le cadre du jumelage d’El Bahia avec cette ville française.

A cela, elle assure, pour le compte de l’Institut français, un atelier de formation une fois par trimestre. «Je suis devenue formatrice, et autant dire que j’apprends de mes propres formations.» En revanche, ce qui la désole, c’est qu’il n’y a pas encore de marché de la photo en Algérie, et que le photographe peine souvent à vivre de ses photos. A titre d’exemple, elle nous a parlé d’une association oranaise qui a eu toutes les peines du monde, -des peines bureaucratiques d’entend !- pour mettre en vente dans le marché une seule carte postale. Mais qu’à cela ne tienne, le point positif, nous explique-t-il, c’est qu’Oran devient vraiment un «pôle» pour les photographes. «Vraiment, ça bouge à Oran dans ce domaine, et c’est tant mieux.»

Enfin, elle nous a informés qu’elle compte organiser prochainement une nouvelle exposition, tout en nous signalant qu’elle a jeté son dévolu sur la photo-documentaire. «Chaque photographe, dans ses débuts, prend tout en photo. Il est fasciné par ce monde, il cultive son regard avec les photos des autres, puis après un certain temps, il découvre qu'il a un penchant pour un certain domaine que d'autres. Y en a qui vont vers la photo de mode, d'autre vers la macrophotographie ou le monde animalier, d'autres c'est la photo de rue ou le documentaire. Cela s'appelle le style, et on ne l'impose pas. Ça vient tout seul au fil du temps.» En ce qui la concerne donc, elle n’a découvert son style que l'année dernière suite à une rencontre avec le photographe professionnel algérien Ferhat Bouda, qui travaille pour l'agence VU.

Ce photographe est venu, l’année dernière, à Oran pour faire un reportage sur la ville, selon le regard de Kamel Daoud, dont les clichés ont paru dans les pages du New York Times. «Je l'ai accompagné pendant son reportage. Cette rencontre était juste l'élément déclencheur pour moi. A ce moment-là, j’ai su que je voulais opter pour la photo documentaire ! A cette occasion, je remercie Ferhat Bouda pour cette belle rencontre, et je le félicite pour le prix qu'il a reçu ces dernières semaines, une fierté pour l'Algérie.» 

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