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Mohamed Hamlat. Vice-président de l’APC de Corso : «Le phénomène traduit la faiblesse de l’autorité de l’Etat» 

19 août 2019 à 8 h 58 min

-Bien que garanti par loi, l’accès libre et gratuit aux plages n’est finalement qu’un slogan, pourquoi, selon vous ? 

Tout le monde sait que dans ce pays ce ne sont pas les lois qui manquent. On envoie des instructions et des notes aux walis et aux P/APC, mais elles ne sont jamais appliquées sur le terrain. En ce qui concerne les plages, l’instruction (n°04) envoyée par le ministère de l’Intérieur le 12 juin 2017 est très claire.

Elle garantit le droit à tout citoyen d’accéder aux plages ou de s’y installer sans conditions et sans contrepartie. Cette instruction est venue justement pour mettre un terme au diktat des concessionnaires, qui ont transformé ces lieux publics en espaces privés. Or, le phénomène subsiste encore à ce jour dans la plupart des wilayas côtières. Cela traduit à mon sens la faiblesse de l’autorité de l’Etat.

-Qui doit veiller à l’application de ladite instruction ?  

Chaque plage est censée avoir un administrateur. Ce dernier a pour mission d’établir un rapport hebdomadaire qu’il adressera au P/APC et où il mentionne toutes les carences et les infractions recensées sur la plage. Théoriquement, quant il y a entrave à la réglementation, l’administrateur de la plage informe le P/APC qui, à son tour, saisit la police ou la gendarmerie pour sévir contre le contrevenant. Mais ces corps de sécurité interviennent rarement. Ils n’ont pas suffisamment d’effectifs. Parfois, ils laissent faire et évitent d’entrer en conflit avec les concessionnaires. Certains parlent de ‘‘complicités’’. Moi je dirais qu’on est tous responsables.

-Que préconisez-vous comme solution ?   

Le problème est beaucoup plus profond. La solution ne dépend ni de moi ni de toi… Quand on voit la situation de notre jeunesse, on se rend compte des conséquences désastreuses des politiques menées ces dernières années par les pouvoirs publics. Si on avait créé de l’emploi et construit des usines, il n’y aurait pas de jeunes qui squatteraient les plages aujourd’hui. Nous, à Corso, avons deux plages.

On a reçu 90 demandes de concession. A la fin, seulement une trentaine ont été acceptées. Les bénéficiaires se sont acquittés d’une somme de 700 000 DA chacun. Ils devaient entreposer leur matériel sur une surface de 25m2 à l’entrée des plages, mais cela n’a jamais été respecté. Ils ont tous planté leurs équipements sur le rivage.

-Personne ne les a inquiétés…

Le phénomène perdure depuis plus de 20 ans, ce n’est pas en une année ou une simple instruction qui va changer les choses. Je vous rappelle que les communes ne disposent d’aucune force de dissuasion. Cela fait des années qu’on parle d’une police communale. Si on l’avait créée, les P/APC n’auraient pas à attendre, pour ne pas dire supplier les chefs de brigade ou les commissaires de police d’envoyer leurs éléments pour neutraliser le délinquant du coin.

Ils feraient appel à la police communale qui serait placée sous leur autorité directe. Aujourd’hui, on focalise trop sur les plages, alors que si on veut développer le tourisme, on doit revoir tout de fond en comble. Est-ce normal d’octroyer un terrain à un investisseur dans une commune côtière sans informer le P/APC.

Cela est arrivé chez nous à Corso et sans doute dans d’autres communes du pays. Ensuite, pourquoi ne pas concéder une partie des plages à des professionnels du tourisme, comme cela se fait en Tunisie, et laisser une partie libre et gratuite au public. L’estivant aura le choix d’aller et de s’installer où il veut.


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