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Mohamed Cheref. Président de la Fédération de wilaya de Boumerdès pour l’artisanat et le tourisme :J’alerte les autorités sur la disparition de nos graines DZ

23 décembre 2021 à 10 h 05 min

Il tire la sonnette d’alarme quant aux méthodes adoptées pour la cueillette des olives. Mohamed Cheref, président de la Fédération de wilaya pour l’artisanat et le tourisme, lance un appel aux chercheurs, scientifiques et aussi aux autorités pour lancer des études sur les graines DZ en disparition. Pour lui, plusieurs espèces d’animaux sont en danger suite aux nouveaux aménagements des fontaines de montagne.

 

Entretien réalisé par  Nassima Oulebsir

 

-Les incendies viennent aggraver la sécheresse de ces dernières années, ce qui a impacté l’oléiculture. Quel bilan faites-vous aujourd’hui en cette période de cueillette ?

Autre les incendies et la sécheresse, il faut savoir que dans le passé et à plusieurs reprises, les agriculteurs, peu conscients, ont dû planter des arbustes de mauvaise qualité. Des arbustes qui ne grandissent pas ou qui ne donnent jamais de récolte, d’où d’ailleurs la production très réduite de ces derniers années. Nous avons observé, durant les 15 dernières années, depuis que les oliviers se vendent librement au marché, la récolte est sérieusement perturbée. De moins au moins de bonnes récoltes. Je lance une alerte aux spécialistes pour mieux réfléchir à ces manquements.

L’association a procédé d’ailleurs, la semaine passée, à la plantation de 300 oliviers certifiés. Nous tenons à ce qu’ils soient certifiés et plantés en présence de nos techniciens et représentants d’association. Pour nous, la distribution pour planter les oliviers est précédée par un recensement. Tout arbre donné est automatiquement planté. Notre association a aussi observé des phénomènes pour lesquels il faut trouver des solutions. Il faut savoir que pendant les années de terrorisme, la terre n’a pas été labourée et les oliviers étaient complètement perdus. Des champs abandonnés.

L’association demande d’ailleurs aujourd’hui la facilitation pour l’acquisition des jeunes promoteurs des engins spéciaux. Il est impératif de travailler aujourd’hui ces terres pour mieux récupérer les anciennes pertes. La démarche est nécessaire pour d’abord économiser l’eau, éviter les incendies en nettoyant l’entourage de toutes les herbes sauvages.

-Les arbres fruitiers ont aussi été impactés cette année par plusieurs maladies…

Je prends encore l’exemple des oliviers, culture dominante dans les montagnes de Boumerdès. Toutes les maladies commencent malheureusement lors de la taille et élagage des arbres suite à la récolte. Peu connaisseurs, plusieurs agriculteurs ou propriétaires utilisent les mêmes scies dans l’opération, ce qui provoque une contamination de plusieurs arbres. Ils sont en effet loin de bons gestes. Autre mauvais geste : on ne nettoie pas après la cueillette ; les branches coupées restent par terre sans les brûler. Les maladies y trouvent ainsi un lit.

-Vous, en tant qu’association, avez-vous songé à former ces agriculteurs ?

Notre association ne cesse d’appeler à la nécessité d’un travail de proximité. Les services agricoles sont appelés plus que jamais à se déplacer dans les hautes montagnes, et pas qu’occasionnellement, chez les propriétaires des oliviers pour la sensibilisation, la formation et le suivi pour optimiser la production d’année en année. Ces sorties doivent se multiplier davantage. Les délégués agricoles descommunes doivent expliquer certains gestes nécessaires à adopter. C’est impératif d’expliquer comment traiter cet arbre pendant la cueillette pour qu’il prospère plus rapidement, et la récolte sera la meilleure l’année d’après.

-Vous avez aussi titré la sonnette d’alarme quant aux graines de nos fruits et légumes. Vous parlez d’une disparition inquiétante …

Pendant les années de terrorisme, nous nous sommes oubliés et aussi occupés et préoccupés jusqu’à découvrir que nous avons complètement perdu nos grains de fruits et légumes. Disparition d’un héritage. Nous avons fortement observé ce phénomène. Autrefois, à la récolte, une quantité de graines est récupérée pour la prochaine période de semence. Aujourd’hui, il n’existe plus cela, les graines récupérées ne donnent plus rien. A chaque semence, nous sommes obligés de racheter. J’alerte les scientifiques et les chercheurs sur ce phénomène. Notre richesse est en train d’être perdue. Il faut penser à des ateliers pour répondre aux différents questionnements.

-Votre association a aussi alerté sur la nécessité d’une bonne collaboration pour lutter contre les feux de forêt. Que comptez- vous faire ?

Malheureusement, l’ensemble des associations de wilaya sont toutes concentrées sur les activités du littoral, même si plusieurs actions étaient réussies, les régions montagneuses, de Hammadi à Affir restent les plus touchées et nécessitent plus d’effort et d’intervention des autorités. Les feux de forêts en sont un exemple, nous avons fait plusieurs propositions pour mieux limiter les dégâts.

Nous savons tous que l’humain en est la première cause. Des feux sont déclenchés volontairement pour récupérer la pierre dans le cadre des investissements des carrières. Les promoteurs ou ceux qui veulent récupérer les terres de domaines forestiers pour des fins agricoles et aussi certaines opérations du pâturage finissent mal. Nous sommes appelés plus que jamais à sensibiliser la population locale sur ces dangers. A ne pas oublier, par ailleurs, que les déchets des huileries versés dans la nature font des dégâts ou cas d’incendie. Il faut sensibiliser les huileries. Des mesures incitatives sont nécessaires pour faire de la récupération et du recyclage.

-Dans vos correspondances aux autorités locales, vous soulevez les soucis des fontaines de montagne fermées. Y a-t-il eu un engagement ?

Une dizaines de fontaines sont fermées. Nous demandons que des fontaines soient baptisées et refaites en pierre pour encourager le tourisme de montagne. Mais aussi, il est urgent de penser aux animaux de proximité. La direction des ressources en eau que nous avons d’ailleurs saisie a installé dans chaque fontaine des robinets. Un coup fatal pour les animaux. Le trop plein de la fontaine doit être déversé dans des réservoirs dédiés aux animaux. Plusieurs demandes ont été envoyées à cette direction. Pour l’instant, l’écho est très limité.

 

 

Bio express

Mohamed Cheref est électricien de formation, il est commerçant depuis 10 ans, puis artisan. Depuis quelques années, il décroche des diplômes en paysagisme des espaces verts, puis en élagage des arbres et enfin en traitement de la terre. Il était aussi l’ancien président de l’association culturelle de wilaya de Boumerdès Assirem.


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