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Meriem Benslama. Directrice du Centre algérien d’entrepreneuriat social (ACS) : L’environnement est au cœur de notre programme

27 février 2020 à 9 h 30 min

Bientôt quatre ans d’existence pour le Centre algérien d’entrepreneuriat social (ACS). Sensibilisation, accompagnement, coaching et suivi des projets des jeunes. Des projets ayant un impact sociétal et environnemental.

 

-Quatre ans d’existence pour le Centre algérien d’entrepreneuriat social (ACS). Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?

Le centre existe depuis 2016. Le but est de promouvoir l’entrepreneuriat social qui d’ailleurs ne se différencie pas de l’entrepreneuriat dans sa base. Son but est donc de promouvoir tout porteur de projet qui lance une entreprise ayant un impact social ou environnemental. A la base, cela a été lancé à partir d’une initiative estudiantine en 2013 puis développé en 2016. Et à partir des Objectifs du développement durable du Millénaire tracés par les Nations unies, nous essayons de répondre à travers nos projets qui concernent l’environnement, l’illégalité et la malnutrition.

Le centre a pour vocation de valoriser d’entrepreneuriat social, fédérer et surtout regrouper les différents acteurs d’écosystème. Nous opérons sur deux volets : d’abord l’accompagnement. Nous sommes en effet un incubateur d’entreprise sociale et pratiquement les seuls en Algérie. Chaque année, nous avons deux sessions d’incubation qui durent chacune six moi. Le but est d’aider des jeunes porteurs de projets et de tester leurs solutions entrepreneuriales et créer leurs entreprises par la suite. Parmi les projets, nous en avons eu plusieurs liés à l’environnement. Il y a un intérêt particulier à cet aspect-là.

Puis vient le volet de promotion d’entrepreneuriat social. Nous faisons de la sensibilisation, d’où le lancement du projet Impact @work depuis 2016 destiné aux étudiants, particulièrement ceux d’Alger et de Boumerdès. Nous sommes appelés à les aider à monter des projets ayant un impact social et environnemental. C’est ainsi qu’on essaye de créer cette nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux.

Lors de nos campagnes de sensibilisation, nous expliquons et nous insistons sur l’aspect financier pour que l’entrepreneur puisse vivre et gagner dignement sa vie. Les étudiants avaient d’ailleurs ce tabou envers l’argent.

[email protected], en sa deuxième session, est pour le moment limité pour les campus universitaires d’Alger et Boumerdès. Comptez-vous élargir votre champ d’intervention ?

Il s’agit d’un programme développé par Inactus sous le parrainage de Citi et notre centre supervise le programme. Il existe en effet au Maroc, en Tunisie et au Sénégal et nous sommes dans un travail de partenariat. Il s’agit d’un suivi par session et nous en sommes au deuxième. Nous nous concentrons pour le moment sur Alger et Boumerdès où des pôles universitaires importants se trouvent. On constate également la grande concentration des clubs scientifiques et universitaires dans ces deux villes. Un facteur très important pour attirer plus d’étudiants.

-Comment y participer ?

A l’ouverture de chaque session, nous lançons un formulaire en ligne. Pour cette nouvelle session, il y a 30 projets d’entrepreneuriat social, dont 11 implémentés dans divers secteurs d’activités. Les participants inscrits dans le programme travaillent sur la solution d’un problème social qu’ils souhaitent résoudre. Pour les accompagner, des workshops en soft et hard skills, learning by doing, bootcamps, séminaires sont mis en place durant toute la période du programme (étude de marché, BMC, marketing, public speaking…) avec des outils spécifiques à l’entrepreneuriat social, comme la connaissance des objectifs de développement durable afin d’apporter une solution adéquate aux problèmes sociaux.

A l’issue du programme, une compétition nationale permettra à 3 équipes gagnantes de représenter l’Algérie aux côtés de nos pays partenaires ! Pour cette 2e édition du programme, elle a pour ambition de mobiliser et d’accompagner 800 étudiants pour le développement d’environ 180 idées de projet. L’employabilité est également au cœur du programme à travers l’accompagnement d’entreprises et la création d’un total de 100 emplois.

C’est donc au sein du programme qu’ils commencent sur le problème et la solution. Autrement dit, il faut d’abord que les étudiants soient sélectionnés pour développer leurs idées. Une compétition régionale est organisée, et ensuite une autre nationale pour désigner les lauréats. L’innovation, la viabilité et la réalisation à court terme sont les critères de sélection.

-Quel est le processus d’accompagnement de ces étudiants porteurs de projets?

Il s’articule sur trois phases. D’abord, il fait partie des 17 Objectifs du développement durable et à partir de cela, détecter un besoin qui répond à cette priorité. Puis, en deuxième phase, on trouve une solution qui répond à cette problématique qui doit être innovante mais aussi viable du point de vue économique. Troisièmement, une fois que tout est validé, un prototype du projet ou du service est présenté. Puis testé sur le plan commercial et de calculer l’impact social et environnemental.

-Quel intérêt portent ces jeunes à l’environnement ?

C’est vrai que la partie recyclage revient souvent, mais aussi l’écotourisme, comme la non-utilisation du plastique… L’idée de faire travailler les locaux revient souvent dans les projets et les idées proposées. Il ne s’agit pas seulement et uniquement de «green». L’environnement est vraiment au cœur du programme. Les étudiants sont vraiment sensibles aux questions environnementales. Il existe aujourd’hui un vrai mouvement mondial sur cet intérêt.

L’idée est de savoir comment arriver, à travers cette fibre environnementale, à créer une entreprise qui crée de l’emploi. Il faut aussi dire que dans le passé, c’était un défi pour nous de convaincre les porteurs de projets que l’environnement peut leur faire gagner de l’argent. Les étudiants approchaient en effet l’environnement par des actions ponctuelles et dans le cadre associatif. Le premier défi est d’expliquer que partout dans le monde l’économie verte est un levier du développement économique. Un créatrice de richesse.

 

Nassima Oulebsir

[email protected]

Bioexpress

Meriem Benslama est directrice du Centre algérien d’entrepreneuriat social. Elle a une licence en langue et en ingéniorat d’affaires. Elle poursuit ses études en France où elle obtient un master en Ingénierie de la Culture et de la Communication à l’université de Versailles. Elle consacre son mémoire de fin d’études aux leviers de développement et freins à l’entrepreneuriat social en Algérie. Parallèlement à ses expériences professionnelles en communication et journalisme culturel, elle cumule plusieurs années d’expérience dans le monde associatif algérien et français.

 

Nawel Amyoud. Coordinatrice du programme [email protected]

Nous pouvons trouver l’aspect environnemental et le respect de l’écologie dans la majorité des projets. Comment éviter d’utiliser des produits nocifs pour la planète. On retrouve la notion de la protection de l’environnement dans différents projets.»


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