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Randonnée pédestre culturelle

Marcher sur les traces de la bataille de Miliana

20 juin 2019 à 10 h 00 min

Et si le temps faisait marche arrière ? Et si c’était possible de revenir sur des périodes passées vécues même par d’autres et les revoir de si près ? C’est ce qui est arrivé le 8 juin à un groupe de randonneurs venus marcher sur les pas de l’histoire de la bataille de Miliana du 8 juin 1840. On commémorait alors son 176 anniversaire.

Il est 9h30. Sous la statue commémorative d’Ali La Pointe, nous sommes une trentaine de randonneurs. Sacs à dos et casquettes portés, bâtons de randonnée à la main, le plein de bouteilles d’eau fraîche, le groupe, composé  d’hommes, de femmes et même d’enfants, était fin prêt à l’aventure. En attendant le coup d’envoi, certains profitaient pleinement de la vue splendide qu’offrait la placette Ali La Pointe.

Un bain d’histoire

La vieille cloche sonne. Après une photo souvenir, notre aventure commence. Notre guide, Lotfi Khouatmi, président de l’association Les amis de Miliana, organisatrice de cette randonnée pédestre culturelle, suit chacun de nous. Dans sa mission, il est appuyé par l’historien Abderrahman Khelifa. Notre chemin commence par des escaliers étroits, qui semblent vouloir raconter plusieurs histoires. Chaque pierre avait une chose à dire.

Cela dit, pas autant que M. Khouatmi. «Le passage que nous avons pris est celui de Oued Guergour, via la porte Bab Yadmer. C’est la porte sud de la ville. Il faut savoir que l’Emir Abdelkader fit son entrée à Miliana en avril 1835 et fut chaleureusement accueilli par la population de la ville.

Miliana devint le siège de son califat. Il fortifia la ville en édifiant plusieurs ouvrages à caractère militaire, dont une manufacture d’armes. Il confia l’administration de la ville à Mahieddine Esseghir jusqu’en 1837, puis à son valeureux calife, Ben Allel Ould Sidi Embarek, qui disposait de 10 440 combattants.

Le traité de la Tafna lui garantissait la possession de cette ville, qui devint une place forte pour sa résistance. Pour renforcer l’unité de son Etat en 1839, l’Emir organisa  au lieu-dit Boukharchoufa, non loin de Miliana, un congrès, où il réunit tous ses califes», raconta notre guide.

Sur ces mots, nous passions par des passages étroits au milieu de la forêt et sous le bruit apaisant du ruissellement de l’oued, qui faisait des cascades par endroits. Nous pouvions ainsi entrevoir des abris, telles des grottes, contempler l’architecture des anciennes maisons, qui ressemblaient énormément à celle des maisons en Kabylie.

«En 1840, les hostilités ayant recommencé entre l’Emir et les Français, le Maréchal Valée reprit la campagne le 4 juin 1840.  L’armée française, avec une colonne de 10 000 hommes et des moyens considérables, partit de Blida pour occuper la ville de Miliana.

Le 8 juin 1840, une grande bataille a eu lieu à Sidi Boulefred, dans les vergers de Miliana. Les historiens firent état de combats furieux auxquels prirent part Ben Allel et l’Emir Abdelkader en personne. Le marabout, Sidi Boulefred, aurait été un lieutenant de Ben Allel, tué au cours du combat.

La bataille achevée, la ville fut trouvée complètement abandonnée par ses habitants, qui y avaient mis le feu en se retirant dans les montagnes sans espoir de retour», continuait M. Khouatmi. Sur les 7 kilomètres parcourus jusqu’à la tombe de ce marabout, nous avions, en plus de l’histoire de la ville racontée, droit à de précieuses explications sur le système d’irrigation de l’époque. Il s’agit de la nouba (tour).

Il s’agit en fait d’un système de partage des eaux dans les jardins de Miliana, à savoir Zougala, Aïn Berkouk et El Annasser. Même si certains attribuent ce savoir-faire aux andalous, l’historien Abderrahmane Khelifa rejette cette hypothèse. Pour lui, cette méthode de distribution de l’eau est ancestrale et n’a rien à voir avec les autres civilisations. Pour lui, il s’agit d’un savoir- faire local, répandu déjà dans les oasis du Grand Sud algérien.

Dans les bras de mère nature

Durant cette randonnée entre la pointe des blagueurs jusqu’a Sidi Boulefred, nous avons eu droit à un moment de fraîcheur  à la source Merad, dans les jardins de Zougala, pour rejoindre, après notre halte, Sidi Boulefred, lieu du pique-nique. Sous l’ombre d’un olivier centenaire, nous avons pris notre déjeuner.

«Ce n’est pas un arbre ordinaire. Vous êtes assis au même endroit que L’Emir Abdelkader. D’ailleurs, on appelle cet olivier l’ »arbre de l’Emir »» continue Lotfi, notre guide. Dans une ambiance bon enfant, nous avons englouti nos sandwichs. Tant ils étaient fatigués, certains se sont même permis quelques minutes de sieste.

D’autres se sont juste contentés d’admirer le paysage fabuleux qui s’offrait à nos yeux. L’heure de la reprise de notre randonnée a sonné. Par bus, nous sommes revenus jusqu’au centre-ville de Miliana. Sur notre chemin, nous avons fait une halte à la source Tala Ouchiba. Un rafraîchissement bien mérité en pleine heure du zénith.

Qui dit Miliana, dit également une flore très riche. Sur tout notre chemin de la randonnée, nous avions eu la chance de contempler toute cette richesse de plus près. Il y avait des pruniers reine Claude, des amandiers, des plaqueminiers, des arbres d’aubépines, des néfliers, et bien évidemment des cerisiers.

D’ailleurs, nous avions droit à la fin de notre journée à un rendez-vous dans un des champs de cerisiers. Mais avant d’y aller, nous nous sommes rendus au mausolée de Sid Ahmed Benyoucef, saint patron de la ville, avant de quitter celle-ci vers le camp de Sidi Oumsabih.

Il s’agit, d’après notre guide Lotfi, du lieu de refuge de la population milianaise en juin 1840. «En apprenant la venue des Français, la population milianaise s’est retirée dans ce lieu. Parmi les réfugiés,  il y avait la famille de Benallal et quelques famille israélites. Avant de sortir, ils ont mis le feu à leur maison et dans toute la ville. C’est dans une ville en cendres, que les Français sont entrés à Miliana. Le lundi 8 juin 1840, à 17h, l’armée française occupa Miliana.

Une nouvelle page s’inscrit dans l’histoire de cette ville, qui passe de l’autorité ottomane à la colonisation française. La population n’est revenue que deux ans après», nous raconte notre guide. Sur l’histoire de l’incendie de la ville, d’autres historiens réfutent l’hypothèse que les habitants en soient les auteurs.

Pour eux, c’est après l’assassinat de Ben Allel, en 1843, figure de la résistance, que les troupes françaises ont incendié la cité en 1844 pour déloger les partisans de l’Emir.

Durant toute cette époque de conquête et de résistance, une nouvelle ville a été créée plus bas. Il s’agit de Khemis Miliana, qui est une pure création française, dont le but est de mettre en quarantaine la ville antique de Miliana.

Après toutes ces explications, ce fut le moment de la cerise de la fin. Nous nous sommes enfin rendus dans le champ des cerisiers. L’agriculteur, Ahmed, un sexagénaire, nous reçoit. Les cageots de cerises fraîchement récoltées nous attendaient. Dans son verger, il avait planté 60 cerisiers.

Sans aucun pesticide, il les entretenait avec une grande précaution. Ils le lui rendaient bien, avec une récolte généreuse, succulente et d’un calibre appréciable.

Cerises tigrées et bigarreaux sont les variétés qu’il cultive. Utilisant des manières traditionnelles pour faire fuir les oiseaux et les différents prédateurs de sa récolte, ses cerises méritaient la mention bio. Nous sommes rentrés à la fin de la journée, fatigués certes, mais avec un véritable film historique en mémoire et des cerises dans les mains.

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