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mardi, 23 octobre, 2018
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Exposition de photos recensant les métiers en voie de disparition

Mais où sont les métiers d’antan ?

11 octobre 2018 à 1 h 18 min

mesure que le temps passe, des changements abyssaux s’opèrent dans la société. Par ce fait, certains métiers sont appelés à disparaître.

A tout jamais ! L’air de rien, le progrès n’apporte pas que du positif dans son sillage, mais il fait aussi des victimes dans le rang de certains petits métiers qui, autrefois très prisés, se retrouvent aujourd’hui désuets, obsolètes, inutiles.

Et c’est en partant de ce constat que l’artiste-photographe oranaise Nora Zaïr a eu l’ingénieuse idée d’organiser une exposition collective sur les métiers qui sont en voie de disparition en Algérie.

Cette exposition recense un total de 20 photographies, qui ont été réalisées des apprentis-photographes, tous ayant bénéficié, durant plus de 4 mois, d’une formation en bonne et due forme de la part de Nora Zaïr.

Ces apprentis-photographes, qui ont réalisé ces belles œuvres, sont au nombre de 14, parmi eux on compte : Assam Youghortha, Salah Mesli, Sidahmed Benkhelifa, Abderrahmane Ferhat, Djilali Rahou, Amina Zemour, Hadjer Kaddar, Mohamed Bendjeffel, Mourad Mokeddem, Imene Driche, Sofiane Mekkakia, Younes Kheloufi, Safaa Djoher Belghazali et Farida Lakhdar Barka.

Nora Zaïr leur a appris les techniques de base, puis les a initiés au reportage-photo, et les remarquant très motivés, leur a proposé d’organiser une exposition collective, qui aurait pour thème principal «Les métiers qui risquent de disparaître».

De ce fait, ces photographes en herbe, venant d’Oran, Témouchent, Mostaganem et Relizane, ont parcouru, durant tout l’été, non seulement leurs villes, mais sont même allés jusqu’à Sidi Bel Abbès, Alger, Tizi Ouzou et Constantine, à la rencontre de personnes pratiquant encore «de vieux métiers», ceux qui n’ont plus cours aujourd’hui.

Le vernissage de cette exposition a eu lieu le jeudi 27 septembre à la salle des expositions de l’Institut français d’Oran et va durer jusqu’au 18 octobre.

Quand on admire les différentes photographies, on est tout de suite submergé par un voile de nostalgie et de mélancolie, car on se retrouve plongé dans une époque à présent révolue, celle où les taxiphones pullulaient dans toutes les rues de la ville, où le facteur débonnaire apportait quotidiennement des lettres à leurs destinataires, et enfin des écrivains-publics qui ont pignon sur rue dans les environs des mairies et autres centres administratifs.

Des métiers qui, aujourd’hui, au temps des réseaux sociaux et de l’instantané, n’ont plus droit de cité, et même s’ils existent encore, sont appelés, tôt ou tard, à disparaître.

Dans l’exposition, on peut aussi s’émerveiller devant le portrait de Mme Taous, cette tisseuse de couvre-lit en laine à Tizi Ouzou, ou encore des deux dinandiers de Constantine, Nourredine et Mohamed, travaillant à Souk Ennahassine, l’un utilisant la technique de repoussage de cuivre pour la réalisation de tableaux décoratifs, et l’autre utilisant son maillet pour le martelage d’une plaque de cuivre, après ciselage et sablage, pour la réalisation de plateaux de cuivre.

Il y a aussi ce marionnettiste de Sidi Bel Abbès, Kada Ben Smicha, fondateur du musée Ghanja, ou encore le cordonnier de Aïn Témouchent, en l’occurrence Fethi Tebti, qui exerce ce métier depuis 1958. D’ailleurs, à voir les différents tableaux de l’exposition, un doute s’empare de nous : ces métiers-là sont-ils vraiment condamnés à disparaître ?

Le cordonnier n’a-t-il aucune utilité dans l’Algérie de 2018 ? En quoi le progrès peut-il porter préjudice au métier de dinandier ? Nora Zaïr nous explique que ce sont des métiers qui ont certes toujours leur utilité dans la société, mais comme ce sont des métiers qui se pratiquent généralement de père en fils, force est de constater que la relève, aujourd’hui, n’est pas vraiment assurée.

Peu de jeunes, en effet, ambitionnent de devenir plus tard cordonniers ; par conséquent, ces genres de métiers sont appelés à disparaître. «Cette exposition se veut aussi un SOS pour sauver ces métiers, pour qu’ils ne disparaissent pas.

Il faut tout faire pour les sauver. L’exposition que nous avons faite se veut une manière de sensibiliser l’opinion publique», nous explique Nora Zaïr. Pour l’anecdote, parmi ces photographies de métiers en voie de disparition exposées à l’Institut français figure celle ayant trait  à… la presse écrite !   

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