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Les TIC dans l’élevage en Algérie : L’absence d’applications déplorée

03 décembre 2020 à 10 h 41 min

Contrairement aux statistiques des années 1980 ou 2000, une nouvelle étude démontre que l’Algérie compte de plus en plus d’éleveurs universitaires, trilingues et surtout adeptes des TIC.

La numérisation et l’introduction des TIC dans le secteur de l’élevage, des productions animales et de l’agriculture, en général, sont plus que nécessaires en Algérie. Nous mettons alors en exergue cette réalité à travers une étude menée parle Dr Salim Kebab, vétérinaire de son état, s’intéressant de près au domaine de la communication et la vulgarisation dans le secteur agricole, notamment celui l’élevage. Détails.

 

Cette étude ayant porté sur l’usage des TIC, précisément le téléphone portable chez les éleveurs, et qui rend compte d’une large adoption des nouvelles technologies comme mode de communication dans le domaine de l’élevage en Algérie vient d’être publiée dans la revue  internationale Qualitative and Quantitative Methods in Libraries (QQML).

Ainsi, l’enquête a été menée dans la région Centre de l’Algérie. Sur les 09 wilayas du centre, un échantillon de 303 éleveurs et 275 vétérinaires a été retenu. L’enquête menée par Dr Salim Kebab, dans le cadre de la préparation d’un mémoire de fin d’études à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI-Alger) a ciblé essentiellement les éleveurs d’animaux de rente, pourvoyeurs de denrées alimentaires.

A l’issue de cette enquête du terrain, ayant duré deux ans, il a été donné de constater un rajeunissement de la population des éleveurs. Soit 62% de ces derniers ont moins de 50 ans. Faut-il rappeler qu’entre les années 1980 et 2000, la grande majorité des éleveurs était composée de séniors de plus de 65 ans.

Autres résultats : Sur un échantillon de 303 éleveurs, 40% pratiquent l’élevage bovin, 33% font de l’aviculture, alors que 17% font de l’élevage ovin-caprin. Des données que Dr Kebab qualifie de «normales» étant donné que, dit-il, «l’enquête a concerné la région Centre et non la steppe».  Pour les 10% restants, ces derniers font d’autres types d’élevage, tel que l’apiculture, la cuniculture (élevage des lapins) et même l’héliciculture (élevage des escargots comestibles)

«8% des éleveurs ont un niveau universitaire»

Pour ce qui est du niveau d’instruction des éleveurs, selon les résultats de cette enquête, il s’est nettement amélioré par rapport à ce qu’il en était durant les années 1960 et 1970. «Les éleveurs qui ont le meilleur niveau d’instruction sont les apiculteurs, suivis respectivement par les éleveurs de bovins,  puis les aviculteurs et enfin les éleveurs d’ovins-caprins, alors que, paradoxalement, ces derniers sont à la tête du plus fort et principal type de cheptel que compte le pays, estimé officiellement et respectivement à 27 millions de têtes d’ovins et 05 millions de caprins», commente Dr Kebab.

Plus de la moitié des éleveurs ont atteint le niveau moyen, soit 56%. Tandis que 24% des éleveurs ont le niveau secondaire. Par ailleurs, 8% des éleveurs ont un niveau universitaire.
Seuls 9% des éleveurs n’ont aucun niveau de scolarité (analphabètes/illettrés). Pour cette catégorie d’éleveurs, «il s’agit d’éleveurs qui ont plus de 65 ans», précise M. Kebab.

Pour rappel, certaines statistiques démontrent que le taux d’analphabétisme parmi les éleveurs était de plus de 85% durant les années 1960-1970, 70% durant les années 1980 et près de 50% durant les années 1990. Concernant l’usage du téléphone portable, la problématique majeure traitée dans cette enquête, cette dernière a révélé que sur les 303 éleveurs, 266 possèdent un téléphone mobile, soit 88%. 12% seulement n’en ont donc pas. «Cela confirme que le téléphone mobile s’est démocratisé au sein de la population des éleveurs», se persuade M. Kebab.

Des fermes intelligentes dans un proche avenir

Cette étude a révélé également une large introduction de nouveaux moyens technologiques dans le secteur de l’élevage des animaux. Ainsi, 41% des éleveurs ont un téléphone mobile intelligent (smartphone, iphone…), presque le même pourcentage de ceux qui possèdent un téléphone mobile basique avec un taux de 44%.

«Parmi les éleveurs qui sont équipés d’un téléphone mobile intelligent, 30% ont un accès permanent au réseau Internet (fixe ou itinérant). Pour la catégorie d’éleveurs qui utilisent l’internet, la quasi-totalité a moins de 50 ans», détaille notre interlocuteur. Et de poursuivre, cela «nous donne une idée sur les perspectives de l’usage des TIC parmi la jeune génération d’éleveurs ainsi que sur la possibilité du développement dans un proche avenir des fermes intelligentes».

Les usages réservés par les éleveurs pour l’internet confortent fortement cette idée, en ce sens que 21% des éleveurs affirment qu’ils utilisent principalement les réseaux sociaux (Facebook, Youtube…), tandis que 8% pour la messagerie électronique et surtout pour l’accès aux moteurs de recherche (Google…) pour l’obtention d’informations d’ordre technique relatives à l’élevage, notamment pour les éleveurs ayant un niveau universitaire. Pour ce faire, «20% des éleveurs réservent un budget de 5000 à 10.000 DA/ mois pour la téléphonie mobile», souligne-t-on dans cette enquête.

«Il s’agit principalement des aviculteurs au vu des contacts fréquents avec les vétérinaires, mais également pour les besoins commerciaux, notamment entre opérateurs de différentes régions du pays, au vu de la fluctuation de la bourse et du marché de la volaille», explique l’enquêteur. D’autre part, 9% des éleveurs, composés surtout d’éleveurs de bovins, réservent à l’internet un budget mensuel de 1000 DA à 5000 DA, alors que les 15% des éleveurs enquêtés lui  réservent moins de 1000 DA/mois. Ces derniers font de l’élevage ovin-caprin.
L’usage du téléphone mobile est réservé essentiellement à des fins professionnelles par la majorité des éleveurs.
«78 % des éleveurs qui possèdent un téléphone mobile affirment qu’ils l’utilisent plutôt à titre professionnel qu’à des fins personnelles, alors que 12% seulement déclarent qu’ils l’utilisent principalement à titre personnel», démontre cette étude.

SMS pour communiquer avec les vétérinaires

56% des éleveurs questionnées affirment qu’ils utilisent les SMS lors de leurs communications avec les vétérinaires. Le caractère latin est prédominant dans ces SMS (la transcription concerne le français et/ou l’arabe dialectal)». Pour le retour des SMS, seuls 20% des éleveurs affirment avoir reçu des SMS de la part de leurs vétérinaires. Le contenu de ces SMS porte soit sur les conseils d’élevage ou les rappels pour les campagnes de vaccination. Comment expliquer ce décalage dans l’usage de la langue écrite ? «Les éleveurs ont donc pris une certaine avance sur les vétérinaires en ce qui concerne la communication écrite alors qu’en principe ça devrait être le contraire».

La raison ? «La seule explication que nous pouvons donner de façon un peu subjective est que certains vétérinaires ne prennent pas en compte que le monde et le niveau scolaire des éleveurs a évolué», estime le Dr Kebab. Qu’en est-il des autres fonctionnalités du téléphone portable ? L’usage de la photo et de la vidéo est adopté par un bon nombre d’éleveurs comme mode de communication avec leur vétérinaire, et ce, afin de leur donner plus de précisions à distance pour des éventuelles maladies de leurs animaux.

Ainsi, 30% des éleveurs ont recours aux fonctionnalités du téléphone mobile. «Les éleveurs affirment qu’ils leur arrivent parfois d’envoyer à leur vétérinaire via internet les photos et/ou vidéos lorsque des cas de leurs animaux sont suspects de maladies.

Un nouveau mode de communication (et d’échanges d’informations) qui tend à se développer parmi la jeune génération d’éleveurs», affirme le Dr Kebab qui a remarqué que «les vétérinaires questionnés révèlent que ce procédé relève plutôt de l’urgence, car sur le plan éthique, la consultation à distance sans que l’animal ne soit ausculté est strictement  interdite voire ne peut être considérée comme une consultation médicale». «L’éleveur de nos jours n’est plus le petit paysan d’antan mais bien un manager gérant d’une exploitation agricole économique et le vétérinaire de nos jours ne se limite plus aux soins d’urgence et traitements curatifs mais développe son activité par le conseil d’élevage qui prend désormais une grande proportion de son chiffre d’affaires », conclut Dr Kebab.


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