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vendredi, 07 août, 2020
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Les écolos parlent de la mouture de la révision de la Constitution

18 juin 2020 à 9 h 16 min

Le sentiment général qui se dégage est que le texte proposé a gardé son archaïsme et qu’il ne se projette pas dans la modernité des questions actuelles de la protection de l’environnement devenues primordiales dans le monde.

La mouture n’apporte rien de nouveau pour renforcer cette préoccupation reconnue aujourd’hui incontournable pour le développement économique et social des peuples. Au fil du texte, la formulation de la protection de l’environnement prend les formes de ses nombreuses dimensions, richesses naturelles et vivantes, environnement sain pour les populations, bien-être des personnes, utilisation rationnelle et éducation, protection de la faune et de la flore et les pollution ; dans un lexique aujourd’hui dépassé par l’extraordinaire progrès de la compréhension de la globalité et l’interdépendance planétaires des phénomènes écologiques, géopolitiques, économiques, sociaux et culturels.

Il n’y a pas eu manifestement de compétences modernes associées à l’élaboration de cet avant-projet explique le Dr Emir Berkane, coordinateur national de Probium, réseau pour la protection de la biodiversité marine et rédacteur d’un manifeste de 100 propositions pour l’Algérie de demain.

Reprenant la boutade de A. Tebboune. «Il ne s’agit pas de faire de l’écologie pour faire de l’écologie», une phrase qui a fait beaucoup de mal ; Emir Berkane parle «d’un texte indigent». Cependant, il ne doit pas être boycotté, l’application des lois est en effet problématique comme du reste l’implication de ce qui est désigné comme la société civile mais qui devrait bénéficier de plus larges prérogatives.

Pour le militant écologiste Karim Tedjani. Webmaster du célèbre portail Nouara, site de référence en matière d’écologie et d’environnement en Algérie qui vient de fêter ses 20 ans, «le «développement durable» invoqué dans la Constitution me paraît encore trop étranger aux réalités du terrain algérien.

Voici deux décennies qu’il hante bien des discours, tel un spectre folklorique sans réelle substance factuelle. Ouvert seulement à une implication civile cantonnée à la figuration docile, à se féliciter de victoires symboliques, ce projet constitutionnel, pour ne pas «faire de l’écologie juste pour faire de l’écologie», devrait se doter d’une véritable contribution écologiste, sincère, sereinement contradictoire et non pas fatalement complaisante.

Karim Khima, écologiste de Béjaïa, président d’association, mais aussi citoyen, ne se reconnaît pas dans ce projet de Constitution. «A ma connaissance, aucun des principaux acteurs avérés de l’écologie algérienne n’y a participé de près comme de loin. L’écologie pour laquelle je milite quotidiennement n’est pas une évidence pensée et imposée à la société algérienne par des technocrates.

Elle se veut populaire et non populiste. Ses rares victoires en Algérie ont toujours été obtenues au prix de rudes négociations juridiques et de pressions citoyennes.

Zineb Mech, ingénieur d’études en environnement est plus utilitariste : «La protection de l’environnement est évoquée dans l’avant-projet de la nouvelle constitution, ce qui devrait renforcer la place de la réglementation. Toutefois, notre pays, doté d’un arsenal juridique impressionnant, souffre cruellement d’applications rigoureuses. Des décrets qui régissent les activités des installations classées nécessitent une mise à jour.»

Besma Belbedjaoui, expert en gestion des déchets, militante écologiste, coach et conférencière en économie circulaire nous expliquera : «Faire de l’environnement et du développement durable des valeurs constitutionnelles est positif.

Mais il faudra concrétiser cela par une action politique aussi innovante qu’efficiente. Notre économie doit relever un défi de taille, se libérer de sa dépendance aux énergies fossile. La gestion intelligente des déchets et un engagement sincère pour les énergies renouvelables, peuvent contribuer à la rendre plus circulaire, résiliente, plus forte. Espérons que le Conseil national social économique et environnemental tel que définit sera le bon instrument de cette prérogative.»

Slim Sadki

[email protected]



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