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Passion des jeunes pour le jeu d’échecs à Constantine : L’école de l’ASEC ou l’histoire d’une pépinière de champions

14 août 2019 à 10 h 00 min

Il n’y a jamais eu de secret de réussite pour toute association lorsqu’il s’agit d’un travail sérieux, méthodique et planifié à long terme. La preuve a été donnée par l’Association sportive échecs de Constantine (ASEC).

L’un des plus anciens en Algérie, sinon le doyen, en matière de critères de structuration et d’organisation, dans une discipline où il faut vraiment se battre pour avoir une place au soleil, l’ASEC a montré la voie à d’autres associations en apprenant à persévérer pour atteindre ses objectifs. C’est un fait remarquable dans l’histoire des échecs à Constantine et même en Algérie.

Créé le 30 octobre 1990 par un groupe de jeunes passionnés de jeux d’échecs, le club, dénommé au début Association Scouts Echecs de Constantine, fut le premier à voir le jour à l’échelle de la wilaya de Constantine, au moment où il n’y avait ni ligue, ni compétition, ni aucune activité dans cette discipline sportive. «Le but était de réunir les échéphiles de Constantine pour activer dans un cadre organisé», nous déclare Memdouh Djeghri, membre fondateur de l’ASEC.

Le club, qui a débuté avec seulement deux échiquiers, connaîtra un réel engouement de la part des jeunes intéressés par cette discipline, dont le nombre avoisine aujourd’hui les 180 membres. Devenue en 2002 l’Association Sportive Echecs de Constantine (sa dénomination actuelle), elle avait pour principal défi de jeter les bases d’une véritable école de formation de jeunes talents, qui seront les champions de demain.

Durant toute son histoire qui s’étale sur 29 ans, l’ASEC réussira un palmarès parmi les plus riches à l’échelle nationale, avec plus de 20 années en Nationale 1, des titres par équipes et individuels dans diverses catégories, des qualifications en finale de la coupe d’Algérie, des joueurs titulaires en équipe nationale, des open gagnés, avec en prime des membres du club qui ont honoré l’Algérie (2 médailles d’or aux Jeux africains d’Abuja, au Nigeria, une médaille d’or et une d’argent aux Jeux arabes d’Alger en 2004). Des distinctions faisant la fierté d’une association qui ambitionne de faire mieux grâce à une pépinière de jeunes talents, qui ne cessent de confirmer tout l’espoir placé en eux.

Premiers pas

«Nous avons pensé à créer l’école des jeunes joueurs en 1990, puisque c’était l’objectif inscrit dans l’agrément de notre association. Ce premier noyau d’école à Constantine était dirigé par Slimane Arar, membre de l’ASEC», révèle Memdouh Djeghri. Ce dernier ajoute que l’encadrement est assuré actuellement par l’entraîneur international, Mohamed Mellah, assisté de Lamia Ramoul, avec une classe de 25 garçons et 15 filles, dont la majorité est répartie dans les catégories des moins de 10 ans, moins de 8 ans et moins de 6 ans.

Le club dispose désormais de deux salles à la Maison de jeunes Azzedine Medjoubi, dans la nouvelle ville d’Ali Mendjeli et un local qui lui a été affecté à l’UV1 d’Ali Mendjeli par Nasserdine Aouachria, membre fondateur de l’ASEC. Tous les moyens pédagogiques et matériels nécessaires existent, dont les échiquiers, les jeux de pièces, les pendules, les échiquiers muraux, un data show, un ordinateur et des supports techniques.

Selon Memdouh Djeghri, les responsables de l’ASEC ont tout entrepris pour s’assurer un financement grâce aux subventions de l’APW, de l’APC de Constantine et de la DJS, en plus des recettes et du sponsor. Ce qui permet de garantir un encadrement dans les meilleures conditions des jeunes talents qui viennent découvrir le monde merveilleux des échecs. «Les jeunes joueurs qui viennent s’inscrire à l’ASEC sont différemment doués, les plus talentueux sont vite détectés.

On les motive par des participations à l’échelle nationale et des stages avec les maîtres. Il y a des entraînements spécifiques pour les meilleurs joueurs par des stages à l’Académie internationale des joueurs d’échecs à Aïn Abid et à la maison de jeunes avec des maîtres internationaux, des maîtres FIDE ( Fédération internationale des échecs) et des instructeurs internationaux», poursuit notre interlocuteur.

Des distinctions en série

Avec tous les efforts déployés à longueur d’année et durant plusieurs saisons, on ne s’étonne pas de voir les jeunes de l’ASEC sur tous les podiums et dans différentes catégories. Il est tout de même remarquable de noter que la section féminine a connu un réel succès, avec la distinction de plusieurs joueuses qui sont passées par la case école de l’association. La joueuse qui fera sensation demeure la jeune Marwa Aouachria, pur produit de l’ASEC, qui détient à elle seule un palmarès éloquent depuis ses premières classes à l’école, avec des titres et des podiums à l’échelle nationale, arabe et africaine.

Depuis qu’elle a signé une licence avec l’Echecs Club de Montpellier en octobre 2017, dans cette ville où elle poursuit des études universitaires en informatique, elle ne cesse de briller de mille feux. Le must de ses exploits a été réalisé en avril dernier, quand elle a gagné avec brio le titre de championne de France d’échecs jeunes, dans la catégorie des moins de 20 ans filles, en présence de 13 joueuses sacrées toutes championnes de leurs régions respectives.

Une année auparavant, elle avait réussi pour un début à se classer troisième dans la même catégorie. L’école de l’ASEC a fourni aussi des joueuses qualifiées pour les équipes nationales féminines des moins de 6 ans, moins de 8 ans, moins de 10 ans et moins de 16 ans. Chez les garçons, ces joueurs ont décroché des places dans les équipes nationales des moins de 12 ans et moins de 10 ans.

Depuis des années, l’ASEC ne cesse de décrocher des titres de championnes d’Algérie dans différentes catégories, dont le premier dans l’histoire de l’Algérie dans la catégorie des moins de 6 ans filles. Ceci sans compter les titres décrochés au championnat scolaire. Sur le plan international, le palmarès est des plus honorables ces dernières années. La formation a donné ses fruits dans les compétitions arabes, africaines et méditerranéennes.

Les distinctions les plus récentes viennent d’être obtenues au Championnat arabe individuel, organisé du 20 au 26 juillet dernier en Jordanie, avec une médaille d’or pour Naila Nour Ramoul (-10 ans filles), une médaille d’argent pour Saoussen Aïssani (-6 ans filles), alors que le bronze a été décerné respectivement à Yara Mayar Aouachria (-12 ans filles) et Mohaned Oudina (-10 ans garçons). «L’objectif de l’ASEC à travers son école est de former de futurs maîtres internationaux (MI), des titres qui manquent toujours à Constantine, ce qui permettra de constituer une future équipe senior qui pourra jouer les premiers rôles à l’échelle nationale dans 8 ou 10 ans», conclut Memdouh Djeghri.

Le travail de prospection dans les écoles s’est traduit par un accord avec la direction de l’éducation de la wilaya. L’ASEC a réussi à ancrer les échecs à Constantine en assurant l’organisation régulière de tournois devenus des rendez-vous traditionnels et espère qu’il y aura une continuation à long terme pour rehausser le niveau du «Jeu des rois» dans la ville du Vieux rocher. 

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