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L’eau du robinet : Consommez-la sans crainte !

13 février 2020 à 9 h 23 min

Elle est régulièrement et systématiquement contrôlée et analysée. Pourtant, l’engouement des Algériens pour l’eau embouteillée reflète une inquiétude et une hésitation à consommer l’eau du robinet. Y a-t-il une raison d’en avoir peur ? Tout comme pour l’eau embouteillée, les clients ont désormais, dans les agences de clientèle, un affichage périodique et détaillé des composants de l’eau consommée

 

En Algérie, l’eau du robinet est la denrée la plus contrôlée. Une confirmation de Seaal et de l’Algérienne des eaux (ADE) chargés des opérations de production, de transport, de traitement, de stockage, d’adduction, de distribution et d’approvisionnement en eau potable.

Taous Mechahed, microbiologiste et cadre analyste au Laboratoire centre de traitement à Boudouaou le confirme : «Aucun aliment n’est contrôlé aussi bien que l’eau. Seaal suit la réglementation algérienne qui est la plus sévère que les standards internationaux.

L’eau produite et distribuée par Seaal est conforme à 100% aux normes algériennes de potabilité de l’eau.» Radhia Dahmani, responsable de qualité à l’ADE explique aussi que la qualité de l’eau produite et distribuée par l’ADE passe par un process de traitement et de désinfection, en optimisant les produits de traitement utilisés par rapport à la qualité de l’eau brute de chaque ressource (eau superficielle et souterraine).

Un dispositif, dit-elle, pour le contrôle de la qualité est mis en place afin de déceler toute éventuelle altération de la qualité de l’eau. Ce qui veut dire, selon les deux responsables, que la qualité de l’eau produite et distribuée par Seaal et ADE «est potable et conforme aux exigences réglementaires». Comment est traitée cette eau ? Des analyses sont quotidiennement effectuées. D’abord, des tests de chlore au niveau des ouvrages de station de traitement et réservoirs et des abonnés. Puis contrôle physico-chimique partiel (odeur, saveur, couleur, Ph, conductivité, turbidité, T°, No2, NH4+, No3-, Po43-).

Aussi, contrôle bactériologique partiel (germes, E-coliforme, streptocoques) et enfin le contrôle physico-chimique complets (anions, cations, hydrocarbure, pesticides, THM, métaux lourds, aluminium). Des procédés utilisés sont inspirés, selon Mme Dahmani, des normes selon les standards des normes ISO. Les procédés utilisés pour le traitement de l’eau consistent en un prétraitement au chlore, peroxydation ; coagulation-floculation ; filtration sur sable et/ou charbon actif granulé ; adsorption au charbon actif en poudre et la désinfection.

Chlore

Certes, l’eau est potable, mais pour le chlore, le consommateur a l’impression que le dosage est supérieur à la norme. Les consommateurs se plaignent : «Je ne supporte plus le goût du chlore», explique une cliente adepte de l’achat de l’eau en bouteille, même si elle ignore non plus si cette dernière répond elle aussi à la norme. Mais du moins, selon son conjoint, ils n’ont pas de surprise lorsque le filtre antichlore est utilisé. Avec cet excès en chlore, y a-t-il un risque sur la santé ? «Le dosage des produits utilisés pour la désinfection de l’eau est préalablement optimisé, en effectuant des tests appelés ‘‘demande en chlore’’.

En outre, un contrôle de l’eau désinfectée est effectué au niveau du laboratoire central, pour déterminer les Tri Halo Méthanes (THM), des composés formés par la réaction de la matière organique avec l’excès de chlore. Si le paramètre THM dépasse le seuil réglementaire, le dosage du chlore subira une correction», explique Mme Dahmani. Selon Mme Mechahed, le goût du chlore ne doit nullement inquiéter les consommateurs, même si un conseil est donné aux insuffisants rénaux de faire bouillir leur eau.

Mais l’ADE «ne prend jamais de risque» de la surchloration qui pourrait «maquiller» une contamination quelconque. D’ailleurs, un autre conseil, si l’eau de source sauvage est consommée dans certaines régions et que le consommateur suspecte qu’elle n’est pas contrôlée, il suffit de reconnaître le goût du chlore pour savoir si les services communaux ont effectué leur travail. «Je porte à votre connaissance que la société sur tout son périmètre est certifiée ISO 9001 par bureau Veritas et le laboratoire central est accrédité ISO 17025 par l’organisme d’accréditation ALGERAC sur 42 paramètres. «C’est l’unique labo en Algérie qui répond à tous les besoins standards et spécifiques de ses clients dans le domaine du contrôle des eaux, ce qui fait que ce dernier est le premier laboratoire africain disposant de cette accréditation (synonyme d’excellence). Sachant que tous les laboratoires de Seaal participent à des essais inter-laboratoires pour connaître leur classement mondial et bien sur leurs résultats honorables à chaque campagne», note encore Mme Mechahed de Seaal.

Cette dernière tente d’expliquer que le goût est d’abord relatif mais aussi le consommateur se réfère trop à cette option. Or, il y a ceux qui considèrent que l’eau est amère à cause du chlore, d’autres à cause des sels minéraux (la dureté). Pour la couleur marron parfois trouvée dans le robinet, Taous Mechahed explique qu’il s’agit simplement de la turbidité.

La norme fixée pour cette analyse est de 5NTU alors que l’eau distribuée par Seaal est toujours <1 NTU. «Dans certains cas très rares après les interventions dus aux travaux et pour ne pas perturber la distribution et la coupure d’eau, Seaal lâche dès que l’eau repend aux critères de potabilité : turbidité supérieure à 1 NTU mais jamais >2 NTU en rappelons que la norme est de 5 NTU.»

L’eau de certaines régions est-elle meilleure que d’autres ? Pas forcément, mais il existe un traitement spécifique à l’eau quelle que soit sa source. Par exemple, les régions alimentées par le barrage de Tichy Haf dans la wilaya de Béjaîa qui refusent à ce jour de consommer son eau, un process particulier est fait.

Disparité

Il ne devrait pas, selon la responsable de qualité, de s’inquiéter : «L’eau du barrage de Tichi Haf passe par un process de traitement et un contrôle rigoureux quotidiennement, l’eau produite distribuée est conforme aux normes. Cette eau présente un goût âpre (dur, désagréable, amer) qui est lié à une dureté élevée, ce paramètre n’a pas de seuil de limite dans la réglementation, et que ne présente aucun risque sur la santé humaine.»

La même assurance est accordée aux habitants du Sud qui se plaignent d’une eau trop salée et parfois d’une couleur jaunâtre. Selon Mme Dahmani, les eaux souterraines de certaines régions du Sud (El Oued, Illizi, Ouargla, Touggourt et In Salah) présentent une minéralisation élevée du fer.

Les solutions donc préconisées par l’Etat pour éradiquer les contraintes consistent en la réalisation des stations de déminéralisation au nombre de quatorze, dont neuf, au niveau de Ouargla, une à Touggourt, une à Bourma, une à El oued, une à In Salah et une autre à Tindouf. Une station de defferisation à Illizi et une deuxième en cours de réalisation. Une eau déminéralisée, subissant un traitement spécifique et reminéralisée avec des proportions étudiées pour la rendre conforme et répondre aux exigences de la norme.

Un contrôle aussi rigoureux, mais l’eau qui arrive parfois au robinet est «suspecte». L’eau distribuée par l’ADE ou Seaal propre et potable risque au final d’être contaminée à travers les réseaux de canalisation. Un fait pas démenti par les deux responsables. Mme Dahmani explique que malgré tout le process de traitement et le dispositif mis en place, à travers les 86 laboratoires de process et 44 laboratoires d’unités à travers le pays, la qualité de l’eau risque d’être altérée au cours de son transport par plusieurs facteurs.

Elle pourrait en effet être contaminée par l’infiltration des eaux usées dans le réseau d’alimentation en eau potable ; des branchements illicites par les particuliers ; l’absence de réseaux d’assainissement ; obstruction et colmatage des réseaux d’assainissement par les matières solides. «En cas de suspicion d’une non-conformité, qui peut être enregistrée par l’absence du chlore au niveau des abonnées ou un dépassement d’un paramètre de la norme, une procédure relative à la gestion des non-conformités qui permet à nos exploitants d’intervenir d’une manière efficace pour la gestion de cette altération», mentionne la même responsable.

 

 

Affichage des composants de l’eau dans les agences clientèle

Les données sur la qualité de l’eau du robinet et ses composants sont désormais publics. Un affichage régulier, tous les trois mois, de tous les composants et les paramètres physico-chimiques de l’eau du robinet de chaque commune, peuvent être consultés depuis le mois de janvier dans toutes les agences clientèle de Seaal. Une démarche dite unique en son genre qui vise à instaurer la confiance chez le client. Une petite conclusion est mentionnée en bas d’affichage pour désigner en «toute transparence» la qualité de l’eau du jour.

Le chlore est il nocif ?

Le chlore n’est pas nocif pour la santé. Il est par contre à l’origine du goût et une odeur parfois désagréables. Petite astuce : a- mettre l’eau dans une réception ouverte et la laisser environ une heure au frigo. Le froid diminue la solubilité du chlore. Et si l’eau est trop blanche, c’est qu’il y a simplement une grande pression d’oxygène.

Enquête sur la satisfaction des clients

Une opération pilote pour savoir si les Algériens sont satisfaits de la qualité de l’eau du robinet a été lancée il y a quelques années. A Tizi Ouzou et Médéa, les consommateurs se soucient d’abord de la disponibilité de la ressource avant de parler de la qualité. L’Algérienne des eaux projette encore une fois de lancer un autre sondage pour avoir les avis des consommateurs. Mais il faudrait commencer alors sur des régions qui ne se plaignent pas des coupures répétitives de l’eau.

Qui consomme l’eau dessalée ?

Il existe trois sources d’approvisionnement en eau potable. Les eaux souterraines, comme les forages, superficielles comme les barrages et l’eau dessalée. Il existe 6 wilayas qui ont leur eau de robinet qui est mélangée avec de l’eau dessalée «soigneusement traitée, étudiée puis contrôlée» pour en faire un mélange équilibré avec les autres sources. Il s’agit du Grand d’Alger et la moitié de la ville de Tipasa et les chefs-lieux de Mostaghanem, Skikda, Tlemcen et Chlef.

 

 

 

Par Nassima Oulebsir

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