Las fallas de Valencia (Espagne) : Fiesta du bruit, lumière et art | El Watan
toggle menu
mercredi, 28 septembre, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Las fallas de Valencia (Espagne) : Fiesta du bruit, lumière et art

01 septembre 2018 à 0 h 41 min

Chaque année, du 15 au 19 mars, les visiteurs, d’Espagne et d’ailleurs, viennent de plus en plus nombreux partager avec les Valenciens les quelques jours de folie douce que sont les fallas. Moins connues que la Fête de la bière, les Fallas deviennent de par le bouche à oreille la fête la plus courue d’Europe.

Le mois de mars, annonciateur du retour du printemps, est particulièrement fêté dans cette région du sud-est de l’Espagne. Mêlant le côté artistique aux aspects religieux et paradoxalement des effets collatéraux païens, «Las Fallas» c’est ainsi que l’on nomme cette fête frénétique.

Faut-il encore préciser que les «Las Fallas» débutent généralement début mars et connaissent leur apothéose les quatre derniers jours de la troisième semaine du mois. Véritable événement, connu mondialement maintenant, les «Las Fallas» drainent des dizaines de milliers de touristes à travers le monde.

Venus des quatre coins de la planète, ils sont de plus en plus nombreux à partager avec les Valenciens les quelques jours de folie douce que sont les «Las Fallas». «Las Fallas», c’est la fête au sens pur de l’art, de la culture valencienne, du bruit, de la musique, de la lumière et du feu, le tout poussé à l’extrême.

Chaque quartier de la ville commande à des artistes fallero des œuvres qui peuvent être aussi hautes que les immeubles alentour et aussi larges que la place où ils seront exposés.

Le monument principal de l’œuvre «Falla» est construit autour d’une armature de bois, composé de matériaux composites, peint de couleurs souvent vives et chacun de ses détails, jusqu’au bout des ongles, est particulièrement soigné.

Chaque Falla est entourée de figurines «ninots», dont le nombre varie de 30 à 70. Elles forment un ensemble dont le message, toujours satirique, souvent osé, n’épargne ni les politiques, ni la société.

Les œuvres sont mises en place le 16 mars, c’est «la planta», pour être admirées, commentées ou critiquées par les Valenciens pendant 4 jours, avant d´être toutes vouées aux flammes dans la nuit du 19 mars à partir de minuit, c’est la «crema».

Le terme Falla tient son origine étymologique du latin facula (une facule en français) qui signifie petite torche. L’origine exacte de la fête diverge selon les historiens. La version la plus souvent retenue est celle qui remonte au Moyen-âge quand les charpentiers à la fin de l’hiver brûlaient le support en bois qui servait à accrocher leur torche.

Ils en profitaient aussi pour ajouter au bûcher toutes sortes de détritus de bois et tissus dont ils voulaient se débarrasser, formant ainsi un grand feu. Au fil des ans, les supports ont été recouverts de vieilles nippes inutilisables représentant peu à peu des personnages reconnaissables de l’entourage des charpentiers. Petit à petit, les représentations vont devenir satiriques.

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les charpentiers, pour célébrer la fête de leur saint-patron Joseph, se mettent à imaginer et à élaborer des fallas qui seront brûlées le 19 mars de chaque année. D’abord en bois, puis en roseaux, en papier mâché ou carton pâte, las Fallas, devenues de gigantesques ensembles monumentaux, sont désormais en polystyrène sous une armature en bois.

La compétition officielle entre participants commence véritablement en 1885, lorsqu’une revue locale, pour relancer la fête traditionnelle des Fallas, quelque peu abandonnée dans la tourmente des guerres carlistes et par l’action de censures successives, offre des prix pour récompenser les plus belles fallas.

Les meilleurs charpentiers, menuisiers, ébénistes vont devenir peu à peu exclusivement des artistes falleros, créant ainsi une spécialité à part entière, une école professionnelle et une véritable économie directement liée aux Fallas.

Une célébration pour les grands et les petits

Les Fallas sont exclusivement la fête de Valence et sa région. C’est une fête à la fois folklorique, artistique et religieuse. Les participants des Fallas se préparent une année entière au cours de laquelle a lieu l´élection des 2 reines de la fête, la fallera adulte et la fallera enfant, avec une cour d’honneur pour chacune.

Les élections ont lieu en juillet. Les juges se basent sur la coiffe, les costumes et le maintien. L’offrande de fleurs à la Vierge des Désemparés se fait pendant 2 jours jusqu’à tard dans la nuit des dizaines de milliers de falleras et falleros de tous âges, de tous les quartiers de Valence et villages de la Horta, accompagnés de fanfares, déferlent vers la place de la Vierge pour déposer en offrande des bouquets d’œillets qui formeront le manteau de fleurs de la statue de la vierge.

Les Valenciens, lors des fallas, se sont toujours opposés à la censure que les pouvoirs politiques et religieux ont toujours voulu et veulent encore parfois imposer. Donc pas de censure, pas de tabou, c’est sans aucun doute la raison du succès des fallas.

Las Fallas, c’est aussi la musique. Chaque année des centaines des bandas (fanfares) convergent vers Valence, jouant principalement des airs folkloriques. L’air qui revient en leitmotiv et le plus populaire est celui de la célèbre chanson de variété Valencia, un paso-doble de José Padilla, qui fut créé en 1925 par Mistinguett au Moulin Rouge.

Valencia,

Terre exquise

Où la brise

Effeuille les fleurs d’orangers,

Valencia

Ambiance bon enfant

Ils tiennent une place aussi importante que les adultes dans la fête des fallas.

Au même titre que les grands, les enfants participent aux commissions chargées de la fête. Ils ont leur propre Falla et ninots, défilé, mascletà, feu d’artifice, plantà et enfin leur crema. Il y a autant de fallas enfants (Falla infentil) que de fallas adultes.

Les vacances scolaires des petits Valenciens coïncident d’ailleurs avec la fête des Fallas afin de leur permettre d’en profiter pleinement. La Mascleta est un impressionnant feu d’artifice sonore de jour.

Tous les ans, du 1er au 19 mars, des milliers de Valenciens se pressent sur la place de la Mairie (Ayutamiento) à 14 heures tapantes pour assister à la mascletá, un spectacle pyrotechnique de poudre, et surtout de bruit, avec pour bouquet final un véritable tremblement de terre sonore dépassant l’entendement et laissant le spectateur abasourdi et en pleine extase.

L’intensité du plaisir est telle que l’on en redemande et on y retourne le lendemain. Une mascletà standard, c’est 4 heures de mise en place, 120 kg d’explosifs et 7 minutes de plaisir. Le feu d’artifice (castillo) est une véritable institution à Valence où le moindre événement est salué par un feu d’artifice.

Liberté d’expression

Les plus grandioses sont lancés pendant les Fallas. Les artificiers sont d’ailleurs considérés comme de véritables stars et ovationnés à la fin du spectacle.

Las Fallas, c’est donc aussi et avant tout la liberté d’expression excluant toute censure, qu’elle soit politique, sociale, religieuse ou morale. La mairesse actuelle n’est jamais épargnée, souvent représentée dans des situations cocasses.

Quant aux figurines, elles sont souvent agrémentées de détails érotiques au grand amusement des visiteurs de tous âges.

Chaque année, les œuvres sont de plus en plus impressionnantes de par leur nombre, leur originalité, leur taille et par conséquent leur coût. Les visiteurs de tous les pays viennent de plus en plus nombreux. 

La mairesse actuelle n'est jamais épargnée, souvent représentée dans des situations cocasses

La mairesse actuelle n’est jamais épargnée, souvent représentée dans des situations cocasses


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!