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Philatélie : Manifestations populaires sur les timbres algériens

La même force et les mêmes symboles

09 mai 2019 à 9 h 00 min

En prenant le soin de relire minutieusement l’histoire, on découvre que celle-ci tourne comme un feuilleton conçu pour se répéter éternellement. L’un de ses épisodes les plus en vue demeure l’étonnante mobilisation des Algériens pour les manifestations pacifiques. Un fait qui a toujours marqué les phases les plus critiques de l’histoire nationale.

On ne risquera pas de se tromper en soutenant que les marches enclenchées par le mouvement du 22 février ont su régénérer la même force et les mêmes symboles, que la mémoire collective garde encore depuis les événements du 11 décembre 1960, même si le contexte a complètement changé.

La parfaite illustration est bien présente dans le catalogue philatélique algérien, qui rassemble des faits ayant largement inspiré les dessinateurs de timbres-poste dans diverses occasions. Sur toutes les figurines produites jusque-là, on retrouve aussi les mêmes scènes qui reviennent dans les marches populaires du mouvement du 22 avril, avec l’impression de voir également les mêmes personnes, les mêmes objets et la même vigueur. A part le temps, rien n’a changé.

Ces faits qui ne passent pas inaperçus frappent déjà les esprits sur le premier timbre consacré au 11 Décembre 1960, réalisé par Kamreddine Krim, et émis le 11/12/1990 pour célébrer le 30e anniversaire de cet événement majeur dans l’histoire de la révolution. Une étape historique, dont on ne sait plus si elle a été oubliée ou égarée durant les règnes de Ben Bella, Boumediène et Chadli. Le dessin reprend les faits qui reviennent dans toutes les images d’archives, ceux d’une foule compacte manifestant avec des drapeaux, et portant des banderoles, sous un beau ciel bleu, entaché de flammes.

Quelques années passeront, et la vision des choses changera avec le dessinateur de timbres-poste algériens, Sid-Ahmed Bentounes. Cet artiste prolifique sera, pendant des années, le dessinateur attitré de toutes les émissions consacrées aux événements-phares de l’histoire de l’Algérie durant la période entre 1960 et 1962. Il aura même l’honneur d’être le premier à représenter les manifestations populaires du 27 février 1962 à Ouargla.

Sur cet unique timbre émis à ce jour, sorti le 12/2/1997 pour célébrer le 35e anniversaire de ces marches, est représentée l’image restée dans les mémoires, même si elle demeure encore étrangement occultée de nos jours. Celle d’un peuple sorti en masse, défiant l’armée française, avec pour seul slogan la défense de l’unité nationale et le rejet du plan de division de l’Algérie et la séparation du Sahara, dont le sol regorge de richesses.

Quelques mois plus tard, c’est l’apothéose qui marquera la figurine parue le 5/7/1997, pour célébrer le 35e anniversaire de l’indépendance, avec cette belle image d’Algériens, dont des femmes et des enfants, portant des emblèmes nationaux et défilant avec des banderoles réclamant «une Algérie libre et indépendante». Des symboles qu’on reverra pour la même occasion, tous les cinq ans sur des figurines postales.

On se croirait dans une des villes de l’Algérie, un vendredi de mars 2019, en train de vivre l’intense émotion d’une marche dans laquelle le peuple revendique «une Algérie libre et démocratique». Comme s’il avait reproduit des signes prémonitoires, devenus une réalité plus de vingt ans plus tard, Sid-Ahmed Bentounes ne dérogera pas à la règle, en dessinant la même ferveur des Algériens sur le timbre émis en 1997 à l’occasion de la Fête de la victoire, décrétée pour le 19 mars.

Il y aura surtout une note exceptionnelle pour cette figurine sortie en 2012, et qui porte à elle seule tout ce que l’histoire a pu reproduire comme leçons magnifiques de patriotisme, avec une charge typiquement algérienne. Sur la carte d’Algérie occupant tout l’espace du timbre, une impressionnante marée humaine, que rien ne semble arrêter, avance à grands pas, avec la ferme détermination de faire son chemin vers un avenir meilleur.

Ce timbre, qui résume à lui seul la portée de cette formidable volonté populaire, semble montrer la voie aux jeunes générations. D’abord par la symbolique du mois de mars, une période du printemps propice aux révoltes, et du nombre 19, rappelant curieusement l’année 2019, mais surtout celle de la Victoire, dont le peuple croit avec grande conviction qu’elle est toute proche. S. Arslan

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