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Huile d’olive : 80% des sous-produits à valoriser

07 novembre 2019 à 9 h 05 min

Début de la saison de cueillette des olives. L’oléiculture reste la filière stratégique qui garantirait la sécurité alimentaire des Algeriens. Les margines et les grignons, deux matières difficillement dégradables, sont déversées dans la nature. On perd ainsi 80% des sous-produits de l’huile d’olive qui pourraient être valorisés. Une valorisation qui pourrait avoir un impact positif sur l’économie nationale.

En plus de l’huile d’olive, la production oléicole dégage également deux sous-produits : les margines (déchets liquides) et le grignon (déchets solide). Deux matières qui ne sont pas facilement dégradables. Un kilogramme d’olives peut générer entre de 1 à 1,5 litre de margines. Cela dépend du système d’extraction utilisé. Ces margines sont des eaux très polluantes. Elles sont très nuisibles à la qualité de l’eau, du sol et même de l’air à cause des mauvaises odeurs. De l’avis des spécialistes, ces rejets causent de sérieux problèmes environnementaux. La valorisation de ces sous-produits n’est pas pour demain. «L’Algérie perd 80% des sous-produits. On est en train de détruire l’environnement, ces rejets sont acides, c’est aux professionnels de donner une autre vie au grignon, subir une deuxième pression pour obtenir de l’huile d’olive de grignon.

Cette dernière est de 10 à 15%», assure le patron d’Ifri. A présent, rien ne se fait ou presque dans le domaine de la récupération de ces deux sous-produits qui pourtant peuvent générer des revenus non négligeables. Mettre fin à la pollution des déchets de l’huile d’olive, cela permettra en même temps de générer des revenus supplémentaires pour la filière oléicole. «Les margines qui contiennent 80% de potassium peuvent être utilisées pour irriguer les oliviers : soit un mélange de 50% d’eau avec 50% de margine», propose Rachid Oulebsir se référent à l’expérience espagnole en la matière.

L’utilisation des sous-produits de l’huile d’olive pour le chauffage, ou mélangés à l’aliment de bétail sont entre autres les différents usages qu’on utilisait autrefois. Actuellement, les études universitaires sur la valorisation des margines et des grignons menée au niveau des universités de différentes régions du pays foisonnent. Mais leurs résultats n’ont toujours pas d’impact sur l’économie du pays. Ainsi, la fabrication du savon, du fioul, l’utilisation du grignon comme matière première pour fabriquer des prothèses dentaires sont autant de domaines qui peuvent intéresser les industriels. Mais jusque-là, les producteurs de l’huile d’olive continuent de jeter les grignons et les margines dans la nature sans se soucier de leurs impacts économique et environnemental.

Fertilisant 

«Ces grignons et ces margines constituent aussi un fertilisant de grande qualité et peuvent être valorisés sous forme de compost et réduire davantage la pollution de l’environnement qui a atteint des degrés alarmants», suggère le Dr Tellah de l’Ecole nationale supérieure agronomique. Ce procédé de récupération permet aussi de réduire sensiblement l’argent dépensé dans l’importation des fertilisants industriels dont se plaignent la majorité des agriculteurs.

Selon Rachid Oulebsir, chercheur universitaire dans le patrimoine culturel immatériel, il y a même eu une tentative d’exporter le grignon. Une tentative qui s’est terminée en queue de poisson en raison de l’absence des quantités demandées. «Il y a quelques années, des importateurs européens s’étaient intéressés au grignon des huileries algériennes. Mais ils n’ont pas réussi à avoir des quantités exportables», fait-il remarquer.

En plus, «ceux qui ont piloté cette opération ont une logique mercantile. Ils voulaient prendre le grignon gratuitement, et pour cela ils ont demandé aux agriculteurs de dépenser de l’argent pour l’acheminer vers un endroit où il peut être exporté», dénonce, M. Oulebsir Il recommande de mettre en place un réseau de collecte pour réunir toutes ces quantités éparpillées dans la nature. «C’est un projet qui doit être pensé du moulin à l’exportation», estime cet expert dans la protection du patrimoine.

Savons 

Rachid Oulebsir se demande pourquoi le processus de la fabrication du savon à base de grignon qui existait autrefois s’est arrêté. Ce fervent défenseur des savoir-faire ancestraux impute la responsabilité de l’interruption de cette chaîne de fabrication aux choix de l’Etat pour le modèle économique après l’indépendance : remplacer le secteur agricole par la rente pétrolière. Sur le plan politique, l’agriculture gêne, dit M. Oulebsir, en rendant, selon lui, les citoyens autonomes.

Ainsi, la politique d’industrialisation a engendré l’exode rural impliquant du fait l’absence de transmission des savoir-faire, voire la perte de ces derniers chez les nouvelles générations. «A présent, pour vivre, l’agriculteur est contraint d’avoir des métiers multiples», fait remarquer ce spécialiste du patrimoine. Et de préciser : «Il y a encore des fabricants de savon de très grande qualité. Mais l’industrie manufacturière ne laisse pas de marge pour les artisans». Ces derniers «ne sont pas soutenus», regrette M. Oulebsir qui suggère de regrouper ces fabricants sous-forme des coopératives et en petites industries communales. M. Oulebsir regrette que le secteur de la formation professionnelle ne s’intéresse pas à la savonnerie.


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