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Farid Kherbouche. Archéologue, directeur du CNRPAH : «L’Algérie est très riche en sites archéologiques»

13 août 2019 à 10 h 35 min

Les fabuleuses découvertes de Aïn Boucherit ont mis au-devant de la scène le CNRPAH, qui est l’un des plus anciens centres de recherche d’Algérie que le grand public ne connaît pas bien. Quelles sont donc les missions de cette institution que vous dirigez depuis une année ?

Les activités du CNRPAH concernent la recherche dans les domaines de la culture et des interactions de l’homme avec ses milieux de la préhistoire à nos jours. Il s’agit de recherches de terrain qui comportent plusieurs phases, depuis la prospection, le recueil et la collecte de corpus jusqu’aux travaux de laboratoire. Les missions sur le terrain sont souvent pluridisciplinaires et regroupent préhistoriens et anthropologues.

Le Centre compte d’éminents anthropologues qui s’intéressent à différents aspects de notre Patrimoine culturel immatériel (PCI), notamment les savoirs et savoir-faire, traditions orales, rites, manuscrits anciens, etc. L’Algérie a inscrit plusieurs éléments de notre PCI sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, le dernier en date, présenté par le CNRPA, est celui des mesureurs d’eau des foggaras du Tout-Tidikelt, de la wilaya d’Adrar. Récemment, le CNRPAH a coordonné la préparation d’un dossier commun avec le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie qui concerne les savoirs et savoir-faire liés à la préparation et consommation du couscous, ce plat emblématique, symbole par excellence du vivre-ensemble. Pour revenir à la recherche archéologique préhistorique, le Centre gère plusieurs fouilles en Algérie, et ce, dans toutes les régions. Les sites renvoient à des occupations humaines représentatives de différentes périodes du paléolithique, depuis l’émergence de l’Homme et ses premières cultures, notamment celle dite oldowayenne identifiée à Aïn Boucherit, jusqu’au néolithique, où l’Homme devient producteur de sa subsistance par la pratique de l’agriculture et de l’élevage d’animaux domestiques, comme c’est le cas sur le site de Gueldaman, près d’Akbou.

Quelles actions entendez-vous entreprendre pour consolider les fouilles et la recherche sur les sites très prometteurs de Aïn El Hanech et Aïn Boucherit ? 

Les actions que nous engageons pour l’ensemble des sites concernent le renforcement de la logistique de fouilles qui nécessitent un bon parc automobile pour les déplacements, des solutions d’hébergement et l’implantation de bases de vie et laboratoires à travers tous le territoire national. Le Centre dispose de plusieurs stations pouvant être utilisées à cet effet, notamment à Tlemcen, Tiaret, Aïn Milal, d’autres seront réceptionnées prochainement à Djelfa, El Bayedh, etc. Je dois préciser que les actions que nous menons ne concernent pas seulement les travaux de terrain, mais également le développement de nos recherches par l’établissement de collaborations scientifiques avec les universités et les centres de recherches de réputation mondiale, la formation des chercheurs, doter nos laboratoires d’équipements scientifiques de pointe pour que nous puissions gagner en autonomie et recourir le moins possible aux prestations des laboratoires étrangers.

Y a-t-il d’autres sites archéologiques en Algérie susceptibles de livrer d’autres grandes découvertes ? 

Oui, l’Algérie est très riche en sites archéologiques de toutes époques confondues, de la préhistoire aux périodes historiques en passant par la protohistoire représentée notamment par des milliers de monuments funéraires, à l’exemple du site à mégalithes de Bounouara. 

Les découvertes réalisées jusqu’à maintenant montrent que cet immense espace géographique qu’est l’Algérie a joué un rôle important dans l’évolution humaine à différentes périodes. Je suis convaincu que nous réaliserons de nombreuses belles découvertes dans les prochains mois et années, car nos recherches sont pointues et intègrent les récentes méthodes et techniques de l’archéologie : géophysique, datations absolues, analyses physico-chimiques, etc. Les Algériens sont très attachés à leur patrimoine archéologique, des signalements nous conduisent à identifier des sites prometteurs, notamment les récentes découvertes de restes d’une grande faune (rhinocéros et éléphants) dans la région de Djelfa.

Scientifiques et chercheurs sont unanimes à dire que l’Algérie s’impose désormais comme l’un des berceaux de l’humanité ; pensez-vous organiser bientôt un grand colloque scientifique autour de ce thème ?

 

Oui, nous souhaitons organiser un événement scientifique international pour donner un écho à la mesure de l’importance de cette découverte de Aïn Boucherit. D’autres rencontres sont également programmées pour faire le point sur différentes thématiques de la préhistoire. L’objectif est de replacer l’Algérie au premier des plans des recherches scientifiques dans ce domaine.                


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