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Etat des plages algériennes : nager en eaux troubles…

15 août 2019 à 10 h 00 min

L’été est là, et les fortes chaleurs aussi. Des millions d’estivants se dirigent vers les côtes pour une seule raison : piquer une tête. Mais en réalité, où vont nager les Algériens, et en particulier les Algérois ? Les possibilités sont certes infinies, cependant toutes les plages ne sont pas pareilles. Nous sommes partis à la découverte des destinations favorites des habitants de la capitale.

Disposant de 1200 km de côte, d’est en ouest, les plages d’Algérie sont bondées. Cela dit, la capitale fait figure de destination favorite, même si certaines plages restent repoussantes au vu de la pollution qui gâche le plaisir.

Plusieurs plages ont été visitées, mais de nombreuses caractéristiques reviennent et sont étonnamment similaires. Au centre d’Alger, on trouve des plages historiques, à l’instar d’El Kettani, dans la commune de Bab El Oued, qui est d’ailleurs interdite à la baignade. Ce qu’il est important de préciser, c’est que cette interdiction ne dissuade en rien les invétérés de la baignade.

D’autres facteurs auraient pu les ralentir, mais ce n’est pas le cas. Dès qu’on arrive à l’arrêt de bus de la commune de Bab El Oued, on se rend rapidement compte que la pollution n’est pas un facteur gênant, qui freine l’envie de se baigner. Bien au contraire, des parasols sont plantés à perte de vue, les enfants s’amusent, les adolescents viennent se dorer au soleil.

Les familles des nombreux quartiers alentour descendent se rafraîchir, même si, en réalité, elles auraient préféré se diriger vers d’autres plages, plus propres mais plus éloignées. «Faute de moyens financiers, on est obligé de rester là», précise Nacera, mère de trois enfants. Toujours sur la côte d’Alger en allant vers la commune de Hammamet, de nombreuses petites plages existent, on peut citer celles des Deux-Chameaux, Franco  ou Deux-Moulins. Elles sont considérées comme des plages de quartier, que seuls les habitants des ruelles environnantes peuvent fréquenter. Encore plus loin, il y a aussi la plage de Miramar.

Tous les bus de la station du 2 Mai en direction de Aïn Benian marquent un arrêt au niveau de la plage de Miramar. D’ailleurs, le nombre de jeunes qui y descendent est impressionnant, à chaque fois qu’un bus s’arrête. Petite, mais conviviale, la plage de Miramar fait office de lieu de prédilection pour les amoureux des plongeons. En effet, il y a un rocher surnommé le «Cimetière», en référence au cimetière qui surplombe la plage. De nombreux jeunes grimpent en haut de ce rocher pour sauter et faire le show, parfois au péril de leur vie.

Eau saumâtre

En longeant encore la côte, nous avons Baïnem, qui dispose d’une petite crique, que les habitants des cités d’à côté appellent les «Carrelages». C’est la célèbre plage du tir au pigeon, endroit où, autrefois, étaient organisés des jeux de plein air. Néanmoins, de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant avec effroi une eau rouge ou rosâtre, en train de se déverser en continu dans la mer. Les habitants, ont fait savoir que c’est une eau usée provenant de l’hôpital de Baïnem. Les autorités, elles, ne semblent pas se soucier de ce problème.

Du côté de Zéralda, la circonscription administrative dispose de plusieurs belles plages. Concernant Palm Beach, seule son appellation est attirante, le décor, lui, donne l’illusion d’être sur la célèbre plage de Floride. Toute cette plage est entourée par des parasols qu’il faut louer avec des tables et des chaises à 1000 Da minimum. Des vacanciers déplorent l’état des lieux. «Où est le plaisir de s’asseoir sur le sable, de voir les enfants creuser des trous en essayant de faire des châteaux de sable ? Je ne vous parle même pas de la couleur de l’eau.

Je vous laisse l’imaginer, particulièrement lorsqu’il y a un égout qui s’y déverse», dénonce Zoheir, un touriste. En ce qui concerne le parking, on peut observer les centaines de voitures et de bus stationnés, cela nous donne une image sur le nombre d’estivants présents sur les lieux. Ils sont des milliers, venus de plusieurs wilayas alentour dans le but de découvrir les plaisirs de la mer, ainsi que les méfaits du soleil sur la peau, si aucune protection n’est prise.

Du côté des «parkingueurs» (communément appelés les gardiens de parking), ils ne risquent pas de passer inaperçus. Gare à ceux qui refusent de payer ! «Il ne faut pas s’y frotter, car ils peuvent être sans pitié, juste pour la modique somme de 100 Da», rapporte un automobiliste. Si nous nous déplaçons du côté des plages Colonel Abbès et de la plage Ouest, non loin de Palm Beach, elles ne sont pas très différentes des précédentes. En outre, des vacanciers choisissent beaucoup la wilaya de Tipasa, qui ne se trouve qu’à 45 min de route de la capitale.

Ses plages sont assez connues. A titre d’exemple, on peut mentionner Hajrat Ennous, une longue plage d’une dizaine de kilomètres faite uniquement de galets. «L’endroit est féerique, la plage est d’une propreté à couper le souffle, nous avons planté notre campement avec un groupe d’amis pendant une semaine et nous n’avons rencontré aucun problème. Nous avons même fait un petit somme au bruit des vagues. C’est une expérience que je recommande vivement», affirme Karim, avec un sourire plus que radieux. Par ailleurs, à l’est de la capitale, on trouve la fameuse Decca-Plage, avec à proximité la plage d’El Kadous, et bien évidemment les Canadiennes, celle que de nombreuses familles fréquentent et qui sont relativement relayées sur les réseaux sociaux.

Maya, jeune universitaire de 22 ans, raconte son expérience dans les pages de la côte est de la capitale : «Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est que les femmes sont libres par rapport aux autres plages, question maillot de bain. Personnellement, je nage en bikini, et personne n’a encore osé dire quoi que ce soit. Il est vrai que dautres nagent en burkini ou en djebba, mais on se sent relativement à laise. Il me semble que cela est dû à la sécurité sur place qui est très présente et très dissuasive pour les perturbateurs.» Beaucoup d’Algériennes comme Maya se rendent aux plages publiques, et ne sont confrontées à aucune complication durant leur journée de baignade.

Mais si les moyens sont là, les Algérois préfèrent quitter la capitale, laissant derrière eux la pollution, le stress et parfois le mal-être. Les régions les plus prisées sont, sans aucun doute, la Kabylie, avec ses endroits paradisiaques, à l’instar d’Azzefoun et son petit port de pêche, ou encore Tigzirt, une place où l’on peut louer de nombreuses petites maisons ou appartements uniquement pour la saison estivale.

Il existe également de petits paradis vers Beni K’sila, connus pour être des plages dites «paradisiaques», dont seuls les connaisseurs peuvent témoigner de leur beauté. Bien que l’Algérie soit un pays composé de belles plages, certaines disposent d’aménagements qui laissent à désirer ou sont contaminées par les eaux usées. Pour les plus chanceux, ils quittent carrément le territoire pour se diriger vers les pays étrangers.

– Accès aux piscines

Si beaucoup choisissent d’aller vers les plages publiques, car leurs moyens financiers sont réduits, ou tout simplement pour une question de choix ou d’habitude, d’autres préfèrent aller à la piscine. Pour cela, plusieurs piscines sont accessibles un peu partout, mais sont payantes. En effet, les tarifs commencent pour certaines à 800 Da pour les enfants et 1500 Da pour les adultes. En ce qui concerne les piscines dans les hôtels, certaines affichent pour les moins chères 3000 Da l’entrée. Toutefois, les prix peuvent très vite monter si l’on choisit d’aller vers un hôtel situé face au front de mer. Le séjour n’est cependant possible qu’en louant une chambre. A. S.


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