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Diktat des «parasoliers» et des parkingueurs : Des «pirates» sur les plages !

19 août 2019 à 9 h 00 min

Usant de techniques et de méthodes qui frisent le harcèlement, ils s’octroient de grandes surfaces sûres à l’entrée des plages et offrent leurs «services» aux vacanciers, moyennant des sommes exorbitantes. Gare à celui qui ose les défier.

Le triste sort du jeune d’El Oued, tué par un parkingueur l’année passée à Béjaïa, confirme cette amère réalité. En effet, que ce soit à Boumerdès, Tigzirt, Béjaïa, Skikda, Jijel ou Tipasa, les estivants continuent de subir à ce jour le chantage des «parasoliers» et des exploitants des espaces de stationnement.

Bien des familles, venues passer une journée au bord de la mer, sont retournées déçues, à cause du diktat de ces parkingueurs et squatters autorisés des plages. «Je suis venu avec ma famille passer une journée au bord de la mer ici au Figuier, mais on n’a pas trouvé où poser notre parasol. La plage est entièrement occupée par les tables, les chaises et les tentes des concessionnaires.

Ces derniers m’ont signifié que soit je loue chez eux, soit je m’assieds derrière leurs tentes, là où je ne pourrais pas voir et surveiller mes enfants quand ils nagent. Voilà un autre type de îssaba (bande) qu’il faut dénoncer. Pourquoi l’Etat ne sévit pas contre eux ?», s’écrie Rabah, un quadragénaire natif de Biskra, venu avec sa petite famille se rafraîchir sur le littoral de Boumerdès. Des témoignages comme celui-ci, il y en a à l’infini.

Malgré les multiples instructions du ministère de l’Intérieur «pour mettre un terme à l’occupation anarchique et illégale des espaces balnéaires», et «aux atteintes récurrentes au droit de servitude des citoyens sur le périmètre balnéaire», ces propriétaires autoproclamés de biens «déclarés publics», continuent à ce jour de s’enrichir sur le dos du contribuable.

Instructions cherchent exécutants

Pourtant, en janvier dernier, dans une note datée du 9 mai 2016, le ministère de l’Intérieur avait demandé aux walis de «surseoir à toute procédure de concession de plage ou de portion de plage à des opérateurs privés, hormis celles accordées aux établissements hôteliers et complexes touristiques sur une superficie correspondant à celle de l’exploitation de l’établissement». Malheureusement, cette instruction n’a jamais été respectée.  Alors la précédente instruction est tombée en désuétude en 2017, le même ministère rappelle (instruction 17-04) que l’accès à la plage doit être libre et gratuit.

Elle autorise «l’octroi aux opérateurs privés, à titre temporaire, de locaux ou d’espaces réduits pour le dépôt des équipements démontables et transportables en vue de les louer aux estivants, mais sans leur donner la possibilité de les installer préalablement sur le rivage». Dans la commune de Boumerdès, au moins une quarantaine de jeunes ont obtenu en juin dernier, après payement d’une redevance de 60 000 DA, des concessions de 25m2 à l’entrée des plages.

Des administrateurs de plages, pourquoi faire ?

Une surface où ils peuvent exposer leur matériel et le proposer à la location. Pas plus. Néanmoins, mis à part le nettoyage de la plage, aucun bénéficiaire n’a respecté les clauses des cahiers des charges envoyés aux communes et où il est exigé, entre autres, que le concessionnaire soit détenteur d’un diplôme dans le domaine du tourisme. Il y est stipulé aussi que l’accès libre et gratuit aux plages ne doit en cas être interrompu, ni remis en cause, sous quelque forme que ce soit. Comme prévu par la loi, les communes côtières ont désigné des administrateurs de plages.

A Boumerdès, ceux qui occupent cette fonction ont déjà établi plusieurs rapports sur les infractions commises sur les rivages, mais ni le P/APC ni les services de sécurité n’ont pris les mesures adéquates contre les contrevenants. Cela bien que le ministère prévoie à leur encontre des amendes de 10 000 à 50 000 DA et l’annulation de leur contrat. Aussi, la commune dispose de 12 parkings, mais seul celui jouxtant la maison de la culture a été cédé par adjudication à 3,5 millions de dinars. Les autres sont exploités illégalement.

Déjà en 2016, le ministère de l’Intérieur a reconnu que «la gestion de ces espaces balnéaires ne répond à aucune logique économique de l’espace et des infrastructures balnéaires, ne profitant qu’à des intervenants informels, sans aucune valeur ajoutée pour la collectivité”. Qu’a-t-on fait pour remédier à cette situation ? Rien.

 

 


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