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Dar El Oued (Ziama Mansouria) : Des restaurants dans… l’oued

05 septembre 2019 à 9 h 12 min

Le site de Dar El Oued, dans la commune de Ziama Mansouria (wilaya de Jijel), plus connu sous le nom de «Grottes merveilleuses», est le plus célèbre et le plus attrayant de la région.

Cet espace naturel rare, plein de diversité, est, chaque année, assailli par des milliers d’estivants, qui y trouvent une large plage pour la baignade, des embarcations pour découvrir les diverses grottes incrustées dans les falaises qui longent la route nationale, un oued où les baigneurs se douchent, les «Grottes merveilleuses» et une verdure luxuriante.

Cet écrin exceptionnel subit malheureusement des agressions, qui ont connu cette année leur summum, avec la transformation du… lit de l’oued Dar El Oued comme restaurant pieds dans l’eau ! Les estivants ont trouvé l’idée géniale, sans se soucier un seul instant des conséquences sur la faune et la flore de ces milieux terrestre et aquatique. Si les commerçants et les estivants trouvent leur compte, la nature et les eaux de l’oued, d’habitude cristallines, offrent désormais aux yeux des berges dégarnies et une couleur de l’eau répugnante.

Avec ce qui s’est passé cet été, les conséquences sont assurément beaucoup plus graves vu que tables, chaises et parasols sont installés dans le cours d’eau même ! C’est carrément un crime contre la nature. Le plus étrange dans cette affaire réside dans le silence des services censés protéger la nature, d’autant que cet espace faisant partie du Parc national de Taza, créé par décret 84-328 du 3 novembre 1984, a été classé Réserve de la biosphère par l’Unesco lors de son conseil international de coordination tenu en octobre 2004.

Plus encore, dans le décret 83-458 du 23 juillet 1983 portant statut des parcs nationaux, on peut lire à l’article 3 que ces derniers ont notamment pour objectif, «la préservation de ce milieu contre toutes les interventions artificielles et les effets de la dégradation naturelle, susceptibles d’altérer son aspect, sa composition et son évolution»

Sur la ripisylve (espace entre les milieux aquatique et terrestre), on retrouve généralement de la ronce à feuilles d’orme, la menthe à feuilles rondes, la pervenche difforme, la férule commune et du laurier rose. Sur les berges, on retrouve des arbres et des arbustes, comme l’aulne glutineux, le peuplier noir et le daphné garou et d’autres plantes, comme la fougère-aigle et l’inule visqueuse.

On n’oubliera pas la faune, qui a subi cette agression durant tout l’été, sachant que cette région en est exceptionnellement riche! Et qu’en est-il des poissons d’eau douce et autres animaux aquatiques qui vivent dans ces eaux et sur la ripisylve ? Les empiétements sur cette dernière, sur les berges et dans le cours d’eau risque d’accentuer l’érosion des berges retenues grâce au système racinaire, de détruire la zone de protection du milieu aquatique qui joue le rôle de filtre et un réchauffement des eaux néfaste pour certaines espèces.

Une réaction urgente des services concernés pour mettre un terme à ces atteintes flagrantes à la nature est plus qu’attendue et surtout pour que cela ne se reproduise plus.


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