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Covid-19 : sursis pour une planète en danger ?

31 décembre 2020 à 10 h 26 min

Cela a finalement été tranché quelques semaines après le début de la première grande vague des contaminations à la Covid-19 : cette crise n’est pas causée par le dérèglement environnemental. Des pandémies, il y en a eu dans le passé et il y en aura d’autres.

En revanche, la déforestation, le non-respect de l’hygiène alimentaire, la pollution, peuvent rendre des zoonoses plus fréquentes et les aggraver. On avait en effet accusé «l’environnement» d’en être la cause de cette pandémie. Camille Lerbarbenchon, enseignant-chercheur à l’université de La Réunion, au laboratoire Processus infectieux en milieu insulaire et tropical, expliquait que les coronavirus sont communs chez les animaux sauvages, en particulier chez les chauves-souris et les oiseaux, qui sont considérés comme leurs principaux hôtes.

Ils sont également responsables de maladies dans les élevages avec, par exemple, la bronchite infectieuse aviaire et la diarrhée épidémique porcine. Chez l’homme, en plus du Sars-Cov-2, responsable de l’épidémie de la Covid-19 en cours, six autres coronavirus ont été décrits dans le passé. Quatre d’entre eux sont responsables, chaque année, de maladies généralement bénignes. Les deux autres, le Sars et le Mers, entraînent des syndromes respiratoires aigus et une plus grande létalité. Tous ces coronavirus humains ont une origine animale plus ou moins bien identifiée à ce jour.

Mais il faut dire qu’avec le transport à l’arrêt, avions cloués au sol, moins de personnes à l’extérieur, on a l’impression que l’environnement était le grand «gagnant» de cette pandémie Covid-19. Au début du premier grand confinement, il a été observé, pour la première fois depuis des années, à Venise, l’eau des canaux qui s’est éclaircie, avec un courant plus fort et une meilleure visibilité des poissons. Un soulagement pour les écologistes ! Ailleurs, dans le premier mois de confinement, la Chine a produit environ 200 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone de moins que sur la même période en 2019 du fait de la réduction du trafic aérien, du raffinage du pétrole et de la consommation de charbon.

Un scientifique spécialiste du système Terre estime que cette réduction a pu sauver au moins 77 000 vies. Entre le 1er janvier et le 11 mars 2020, l’Agence spatiale européenne a observé une chute marquée des émissions de protoxyde d’azote issues des véhicules, centrales électriques et usines de la région de la plaine du Pô dans le nord de l’Italie, coïncidant avec les confinements dans cette région. Pour la même période, la NASA et l’ESA ont observé la baisse significative du dioxyde d’azote lors de la phase initiale de la pandémie de Covid-19 en Chine. On voit plus clair et on respire de l’air plus au moins pur. Mais il n’y a pas eu que le «positif». L’épidémie de la Covid-19 a engendré une hausse de la production de déchets classés «déchets d’activité de soin à risque infectieux» (Dasri).

Le coronavirus n’a pas nécessité de traitement spécial pour eux. Partout dans le monde, et même en Algérie, il y a eu beaucoup plus de déchets hospitaliers et spéciaux. Il a été aussi observé plus de déchets en plastique. Cette année, face à la pandémie, les foyers et les consommateurs utilisaient de plus en plus d’emballage en plastique. Les déchets des bavettes qui ont envahi même les océans étaient observés. En raison de la consommation sans précédent de masques faciaux jetables, une quantité significative de ces derniers se retrouve abandonnée dans la nature, ce qui accroît la quantité de déchets plastiques dans le monde.

Transition

Effet positif ou négatif, très vite, les chercheurs se sont rendu compte que le coronavirus représente plutôt un véritable danger pour la planète. Les mesures temporaires des pays prises pour en faire face ne sont pas construites comme une réponse durable au défi du changement climatique. C’est seulement une mise à l’arrêt. La reprise sera «fatale» pour l’environnement. Toutes les entreprises à l’arrêt aimeront et feront des efforts pour rattraper les pertes occasionnées. C’est une récession subie et non choisie, disaient les chercheurs. Dès que le premier confinement s’est terminé, la vie a repris et tout a réaugmenté de plus belle. On cherche plutôt une transition prévue sur le long terme. «Pour arriver à respecter les accords de Paris, il faut que la réduction d’émission soit voulue et déterminée à travers un plan d’action concret», insistaient des chercheurs.

La crise sanitaire n’est pas une parenthèse dans nos vies. Tout doit être mis en œuvre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, protéger la biodiversité et organiser des sociétés résilientes face aux dérèglements à venir. Une transition environnementale s’impose, surtout que cette pandémie a bouleversé les agendas environnementaux provoquant le report de la COP26 prévue en novembre 2020. Ce sommet était particulièrement important pour l’Accord de Paris, les promesses à tenir allaient être renouvelées ? Et puis cet accord de Paris pourrait être rejoint par les Etats-Unis, annonce faite par le Joe Biden.

 

Les émissions mondiales de CO2 ont enfin baissé

Avec la Covid-19, les émissions mondiales de CO2 ont enfin baissé ! Selon la plateforme de données Carbon Monitor, les émissions mondiales de CO2 ont diminué de 7,74% au 1er semestre 2020 par rapport au 1er semestre 2019. Par le détail, le tableau montre une variation des émissions de CO2 entre les deux période selon les zones géographique.

La Chine – 3,70%,
l’Inde – 15,38%,
les USA – 13,28%,
EU 27 + GB- 12,75%,
Grande-Bretagne – 15,03%,
la France – 14,20%,
l’Allemagne – 15,14%,
l’Italie- 13,66%,
l’Espagne – 18,84%,
la Russie- 5,29%,
le Japon – 7,49%
et enfin le Brésil avec une baisse de 11,99 %.

 

 

 

 

Des feux de forêt dévastateurs

Des incendies dévastateurs se sont déclenchés dans le monde entier en 2020, ravageant la faune et la flore. De l’Australie à la Californie, en passant par le Brésil et l’Afrique, aucun continent n’a été épargné. En Australie, entre septembre 2019 et janvier 2020, une étude rapporte qu’environ 5,8 millions d’hectares de forêts tempérées ont brûlé en Nouvelle-Galles du Sud et dans l’Etat de Victoria en Australie, soit la saison d’incendie la plus dévastatrice jamais enregistrée.

Résultat des courses : un milliard d’animaux ont péri, tandis que deux milliards ont été forcés de se déplacer. En Californie, ce sont plus de 1,7 million d’hectares brûlés en 2020. Le mois de septembre ayant été le plus dévastateur avec un record de près de 405 000 ha de forêt partis en fumée. La Sibérie n’est pas en reste de tout ça. Les 159 incendies ont ravagé plus de 333  000 ha de forêts. Pis encore, à en croire les données de surveillance satellite, la superficie totale brûlée par les incendies de forêt en Russie depuis début 2020 a atteint 21 millions d’hectares. En Algérie, Selon un bilan présenté par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdani, ce sont plus de 41 648 ha qui ont été ravagés par les feux, dont 15 346 ha forestiers, répartis sur 3141 foyers, entre début juin et 21 octobre. Par ailleurs, selon le World Wildlife Fund (WWF), la destruction des forêts tropicales a augmenté de 150% en mars 2020. L’ONG a affirmé qu’au total, 645 000 ha de forêts tropicales ont été détruits en mars. Les forêts d’Indonésie ont payé le plus lourd tribut avec une perte de 130 000 ha, suivies des forêts de la République démocratique du Congo (100 000 ha) et de celles du Brésil (95 000 ha).

Par ailleurs, la déforestation en Amazonie brésilienne a atteint son plus haut niveau depuis 12 ans. En effet, c’est un total de 11 088 km2 de forêt qui ont été détruits en 12 mois jusqu’en août dernier, selon l’Institut national de recherches spatiales (INPE) brésilien qui analyse les images satellites. La surface déboisée est plus large que la Jamaïque, et a augmenté de 9,5% par rapport à l’an dernier, quand la déforestation avait déjà battu un record sur une dizaine d’années. Ces chiffres sont les plus hauts depuis 2008, quand 12 911 km2 de forêt avaient été détruits en Amazonie brésilienne.

 

Par :  Nassima Oulebsir

 

 

La pollution coupable  de meurtre !

C’est une décision historique ! En cette fin d’année 2020, la justice britannique a reconnu que la mort de la jeune Ella Adoo-Kissi-Debrah, survenue en 2013, suite à des crises d’asthme sévère, était liée à la pollution de l’air à Londres. L’officier de police, chargé d’établir les causes des morts violentes, a jugé que le décès d’Ella Adoo-Kissi-Debrah n’était pas seulement dû à une insuffisance respiratoire aiguë causée par un asthme sévère, comme l’avait d’abord conclu la justice en 2014, mais le résultat d’une exposition chronique à des niveaux de pollution élevés, liés au trafic routier. «La pollution de l’air a constitué une contribution matérielle dans la mort d’Ella», a alors déclaré Philip Barlow, l’agent de justice chargé de mener les deux semaines d’audiences consacrées à cette affaire. La petite fille résidait à Lewisham dans le sud-est de Londres, à moins de 30 m du South Circular une route très empruntée du Sud londonien et où les niveaux de dioxyde d’azote (NO2) dépassent les directives de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Union européenne. Si cette reconnaissance n’a pas de portée judiciaire, elle devrait contribuer à la prise de conscience des effets du trafic automobile sur la santé.

 

Novembre 2020, le plus chaud jamais enregistré

Cette année encore, des records de températures ont été enregistrés. Selon le service européen Copernicus sur le changement climatique, le mois de novembre 2020 a été le mois de novembre le plus chaud jamais observé depuis le début des relevés. Les températures ont été particulièrement élevées en Sibérie, sur l’océan Arctique, dans une partie de l’Europe du Nord et des Etats-Unis, en Amérique latine et dans l’ouest de l’Antarctique. La banquise de l’arctique a atteint, quant à elle, son deuxième niveau le plus bas. Une situation «inquiétante et qui souligne l’importance d’une surveillance globale de l’Arctique, qui se réchauffe plus vite que le reste du monde», a souligné Carlo Buontempo, directeur du service européen Copernicus. Par ailleurs, l’Organisation météo mondiale (OMM) a indiqué que 2020 est désormais encore plus proche du record de 2016, estimant qu’elle pourrait finir sur la première marche, ex-aequo voire seule, à moins d’un changement de tendance toujours possible. Il est à noter que sur novembre, au niveau mondial, la température a nettement dépassé (de 0,13 °C) le précédent record détenu à égalité par novembre 2016 et novembre 2019, pour s’établir à +0,77°C au-dessus de la température moyenne de la période 1981-2010.

 

Extinction massive

«Au total, plus de 1 million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction», c’est ce qu’a révélé le rapport de l’IPBES, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, publié courant 2020. Celui-ci a été réalisé par 145 experts, après 3 ans de travaux. Ce million d’espèces menacées de disparition se compte sur les 8 millions d’espèces animales et végétales vivant sur Terre dont 5,5 millions sont des insectes. Notez que ces chiffres sont des extrapolations basées sur les évaluations d’une fraction des espèces, en particulier sur la fameuse liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, référence en la matière qui s’enrichit chaque année de l’étude de nouvelles espèces. Désormais, sur 120 372 espèces passées au crible, 32 441 sont menacées d’extinction (13 898 vulnérables, 11 732 en danger et 6811 en danger critique), soit plus de 25%.

 

5000 milliards, c’est le nombre de morceaux de plastique qui flottent déjà dans nos océans selon National Geographic. Sachant que la durée de vie du plastique est estimée entre 450 ans et l’infini, il s’agit  d’une véritable catastrophe écologique.

 


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