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jeudi, 09 avril, 2020
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Covid-19 : L’hygiène, la priorité des uns et le dernier souci des autres

19 mars 2020 à 9 h 03 min

Les Algériens «renouent» avec l’hygiène. On assiste à de plus en plus de campagnes de nettoyage, même si on est loin d’une vraie campagne de «désinfection». Dans des communes où les moyens pour les services d’hygiène se font rares, des groupes de jeunes font l’effort…

Plus de conscience et de responsabilité avec moins d’efficacité, les gestes sont tout de même là. On veut nettoyer. L’intention y est.

Mardi, dans l’un des quartiers à Bab El Oued, à Alger, des jeunes se mobilisent pour nettoyer. Evidemment avec un «live», mais aussi avec des balais, quelques sachets en plastique et des gants, mais avec beaucoup de poignées de main, de rapprochements, de discussions entre eux.

Espacement ? Dernier souci, et le marché était même relativement plein. Les commerçants n’ont pas hésité à installer, en dépit des interdictions, leurs tables pour fruits et légumes.

Il y a eu même du pain à vendre. Néanmoins, la crise et la pandémie de coronavirus ont éveillé certains esprits et consciences pour faire beaucoup plus preuve d’hygiène quotidienne de nos quartiers, même si on est loin d’une efficacité avérée.

Ce n’est pas de la «stérilisation» certes, mais il y a un début à tout. Remplir les sachets en plastique des déchets ménagers et balayer tous les trottoirs, laver les tables des cafés, quelques placettes publiques, des initiatives personnelles et de groupes de jeunes, à défaut d’une présence forte des services d’hygiène des communes.

«On n’attend plus les services de la communes, affirme un jeune de Bab Ezzaour qui a participé à une campagne de nettoyage cette semaine.

Nous ne sommes pas encore aux exemples européens qui mettent du gel antibactérien dans les lieux publics, comme les stations de transport public, mais des jeunes et des particuliers mettent sur les trottoirs de l’eau et du savon liquide. Une belle initiative et surtout un bon réflexe qui doit en principe durer.

A Alger, Oran, Sétif, Guelma, Tlemcen ou encore dans plusieurs villages de Kabylie, le décor est le même. Des jeunes se donnent du plaisir à nettoyer. Des initiatives qui méritent des encouragements au vu de la situation.

Beaucoup reprochent d’ailleurs au mouvement associatif ses limites, son manque de sensibilisation et l’absence sur le terrain pour pousser les habitants à nettoyer et avoir l’esprit d’hygiène. Des démarches occasionnelles et événementielles, mais les moyens font défaut face à une pandémie telle que le Covid-19.

«Nous avons, en tant que commune, un seul camion citerne qui n’est d’ailleurs pas fonctionnel», explique un responsable de service environnement dans une commune d’Alger Ouest.

Il dit être dépendant des Epic, tel qu’Asrout et Extranet. A Asrout, nous affirme-t-on, aucune instruction n’a été notifiée pour de larges campagnes de nettoyage spécialement dans le cadre de lutte contre la propagation de Covid-19. «Ce n’est pas de notre ressort», explique un des responsables que nous avons joint au téléphone.

Si donc les communes d’Alger-Centre, Bir Mourad Raïs, Bachedjarrah et Oran, par exemple, ont désinfecté les lieux publics avec un dispositif particulier, d’autres n’ont pas eux ces moyens.

Beaucoup plus de moyens, d’engins, de tenues particulières que toutes les communes ne peuvent pas se permettre. Ces dernières se sont limitées aux tâches quotidiennes.

Aucune instruction, du moins dans la journée d’hier, n’a été notifiée à une commune à Alger Ouest. Il n’existe pas de dispositifs «spéciaux» ou «particuliers», nous informe un élu de cette commune. «En temps normal, les services d’hygiène et d’environnement de notre commune fonctionnent avec moins de 10 agents dispatchés de tous services confondus et n’arrivent pas à cerner leurs lieux, comment aujourd’hui avec cette menace de coronavirus pourrons-nous y faire face ?» se désole-t-il.

Il faut aussi distinguer, selon un document référent faisant état des mesures d’hygiène dans le cadre de la lutte contre la propagation de Covid-19 dans certains pays occidentaux, entre les produits nettoyants et désinfectants. On applique en effet des désinfectants une fois que les surfaces sont nettoyées.

Car en plus du nettoyage régulier, les surfaces qui sont fréquemment touchées avec les mains doivent être nettoyées et désinfectées deux fois par jour lorsqu’elles sont visiblement souillées. Il s’agit par exemple des poignées de portes, des boutons d’ascenseur, des interrupteurs d’éclairage, des comptoirs, des mains courantes et des claviers.



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