Ces actions qui font la force de la révolution | El Watan
toggle menu
vendredi, 19 juillet, 2019
  • thumbnail of elwatan18072019



  • Pub Alliance Assurance




Faits marquants du mouvement du 22 février

Ces actions qui font la force de la révolution

16 mai 2019 à 9 h 03 min

Depuis le 22 février dernier, les Algériens vivent une ère historique. Ils respirent un air pur de liberté et de démocratie. Une Révolution unique depuis l’indépendance du pays. Un soulèvement aux faits inédits, dont l’originalité continue de susciter l’admiration du monde entier.

On ne se lassera jamais de le dire et de le répéter. Même si on risque d’être pris pour des zélés pour la bonne cause. Ce qui pourra déplaire aux semeurs de doutes et autres théoriciens de la contre-révolution, qui s’acharnent à vouloir faire pousser des thèses périmées dans le désert. A la veille du 13e vendredi du mouvement populaire, qui tient encore malgré l’entêtement du pouvoir, on ne peut s’empêcher de qualifier de «phénoménal» ce que les Algériens sont en train d’écrire dans l’histoire de leur pays.

Ces mêmes Algériens, restés silencieux durant des années, sont désormais obstinés à marcher pacifiquement pour chasser le régime, malgré le froid, la pluie, la chaleur, le Ramadhan et les mises en garde que le général-major Ahmed Gaïd Salah adresse à chaque fois au peuple après des manœuvres militaires. Des Algériens qui font face aussi avec courage à toutes les tentatives de démobilisation, les dérives répressives, les interpellations musclées et les humiliations dans les commissariats de police.

Après «Un seul héros, le peuple», qui a marqué les premières manifestations de la Révolution, place à «Un seul maître, le peuple», qui sera désormais une sentence indiscutable. Ainsi et pour la première fois depuis l’indépendance, le peuple, qui trouve encore toutes les sources d’endurance et de témérité, a décidé de prendre son destin en main, refusant toute autre autorité que la sienne.

Tout ceux qui ont suivi ce magnifique bouillonnement, qui sera demain à son 85e jour, après avoir énormément dérangé les défenseurs des thèses du régime, ne pourront cacher le fait que les Algériens ont vécu et continueront de vivre les plus beaux moments de patriotisme, de fraternité et surtout d’une solidarité à toute épreuve.

Une histoire réappropriée

Mercredi 8 mai. Le jour se lève lentement sur la ville de Kherrata. La météo annonce un soleil dégagé et une température de 28°C en cette 3e journée du Ramadhan. C’est le 76e jour dans le parcours du mouvement populaire. Pour les braves gens de cette ville, cette journée ne sera pas comme les autres.

Depuis quelques jours, on ne parle plus que de la célébration de l’anniversaire des événements du 8 Mai 1945. La ville en avait fait l’histoire à l’époque en payant un lourd tribut. Le peuple de cette ville, qui avait organisé l’une des premières marches contre le 5e mandat, le samedi 16 février, marquant les prémices du mouvement populaire, est décidé aussi à mettre son empreinte cette fois-ci dans l’histoire de sa région. Les autorités, qui ne savent pas lire les signes, n’ont rien vu venir. Ils se sont retrouvés face à une situation inédite.

On leur a refusé la présence dans les lieux réservés à la commémoration de cet événement. Après s’être réapproprié les espaces emblématiques de la ville pour organiser les marches, le peuple de Kherrata fera la Une de la presse et de l’actualité sur la Toile. La vidéo de la commémoration du 8 Mai 1945 en cette journée chaude du mois de Ramadhan restera dans les annales. Elle aura une symbolique incomparable.

Le drapeau national a été hissé devant une foule fière, chantant l’hymne national, avant de marquer une minute de silence et de lire la Fatiha à la mémoire des martyrs. Un moment pareil était inconcevable il y a à peine quelques mois. Pour la première fois depuis l’indépendance, des Algériens convaincus ont décidé de commémorer à leur façon la mémoire du 8 Mai 1945. Ce sera la même chose pour le prochain anniversaire de l’indépendance.

Un autre moment fort dans l’histoire du mouvement du 22 février. Ce sera le lendemain de l’élection présidentielle du 4 juillet que le pouvoir s’entête toujours organiser, mais que le peuple s’entête à boycotter. Ce sera l’histoire du «Samet» contre «Lekbih». Cette action «préméditée» alimentée par la colère populaire présageait d’autres sorties inattendues. Elle a fait tache d’huile dans d’autres villes, où des responsables se sont vu signifier qu’ils sont persona non grata à Sétif et à Batna.

Sacrée solidarité

La scène, qui paraissait banale, avait une portée symbolique. C’était au plus fort des débuts du mouvement populaire, le 15 mars, 4e vendredi, quand des habitants d’Alger ont fait les premiers pas en offrant des bouteilles d’eau aux marcheurs à la rue Didouche Mourad. Un acte fortement apprécié. Le relais sera pris par d’autres riverains.

Désormais, il n’est plus étrange de voir des hommes, des femmes et des jeunes habitants de la capitale parcourir les rues pour distribuer des dattes, des confiseries, des mhadjeb, et des boureks. Parmi ces gestes symboliques, le plus remarquable a été celui des riverains de la place Audin, qui ont offert un couscous dans la plus belle des traditions lors de la marche du 22 mars. La solidarité inscrite sur la longue liste de ces belles choses qui font la force du mouvement populaire est devenue une sacrée tradition.

Les belles images parviendront d’autres villes, mais elles feront spécialement la particularité de la région des Bibans. Qualifiée par les médias de place forte du mouvement populaire, et surnommée la capitale du hirak par tous ceux qui ont eu la chance d’être présents parmi ces marées humaines manifestant chaque vendredi, la ville de Bordj Bou Arréridj n’a pas volé son titre.

Depuis le 22 février, ses habitants, rejoints chaque semaine par des milliers d’Algériens venus de plusieurs wilayas, ne vivent désormais que pour le hirak. Déjà, le 26 avril, une action de bénévolat a été lancée pour préparer un déjeuner collectif sur la place mythique jouxtant «Le Palais du peuple». Un immeuble en construction, transformé en bastion du mouvement populaire dans la ville, et un temple pour les irréductibles du hirak, qui redoublent d’ingéniosité pour donner les plus belles images de cette résistance pacifique.

Une semaine plus tard, l’action prendra de l’ampleur, pour figurer parmi les obligations de générosité pour les habitants. Ces derniers ont mis la barre encore plus haut, lorsqu’ils ont décidé d’organiser un f’tour collectif géant au profit de 1200 personnes pour le 12e vendredi, le premier durant le mois de Ramadhan.

Les images et les vidéos des préparatifs entamés le jeudi 9 mai par des bénévoles de plusieurs quartiers feront le tour de l’Algérie et ne cesseront d’impressionner. L’intervention policière violente pour empêcher un f’tour collectif que les habitants du centre-ville d’Alger ont tenté d’organiser devant la Grande-Poste n’est pas pour dissuader les citoyens, décidés à revenir encore une fois à la charge. Le Ramadhan est encore long.

Braves gilets oranges

Ils sont désormais les régulateurs du mouvement populaire, dont la présence est indispensable. Les «gilets orange», qui ont commencé à se manifester dès le 4e vendredi aux côtés des secouristes, venant en aide aux victimes des bousculades et des gaz lacrymogènes sur la route vers le Palais d’El Mouradia, se sont imposés dans le paysage des marches hebdomadaires.

Leur intervention a été salutaire lors des répressions policières et les actes de vandalisme perpétrés par des casseurs au 8e vendredi du mouvement populaire, le 12 avril dernier. Les craintes des Algériens d’assister à de nouvelles violences lors du 9e vendredi se sont vite dissipées.

Des comités de riverains soutenus par les «gilets oranges» ont pris la ferme décision d’organiser eux-mêmes les marches et d’éviter le contact des manifestants avec les forces de police. Il sera aussi question de sécuriser les manifestants et les lieux pour faire face à toutes les provocations et éviter tout dérapage.  Les «gilets oranges» sont finalement présents dans les plus grandes villes pour faire la force de cette Révolution.

Vendredire en toute liberté

Classé parmi les pures inventions du mouvement populaire, le mot «vendredire» est désormais adopté pour signifier cette soif de s’exprimer chez les Algériens, qui s’est manifestée dans toutes les formes. Ce phénomène de société qui a commencé sur les pancartes, les morceaux de cartons, les affiches, les banderoles et autres supports que l’ingéniosité créative des Algériens a pu mettre au monde a investi déjà d’autres espaces jusque-là fermés. L’histoire retiendra pour longtemps que ce mouvement populaire a été le déclic qui a libéré les masses populaires.

L’exemple parfait est la naissance de ces rencontres de débats sur les places publiques, dans les parcs, sur les marches du Théâtre national d’Alger, et aussi un peu partout dans les villes où la parole s’est libérée après des années de plomb. Il fallait voir comment les Algériens ont étalé tous leurs talents d’orateurs dans ces lieux inspirés par les forums à l’anglaise, comme cela se fait au Hyde Park de Londres. Désormais, depuis le 26 avril, journée du 10e vendredi, de nombreux Hyde Park ont vu le jour, un peu partout en Algérie, où tous les moyens sont bons pour libérer la parole.

C’est le cas de cet escabeau installé chaque vendredi à la place Audin. Un objet devenu très populaire faisant office de «speaker’s corner», où des intervenants de tous les âges, de toutes les professions et de toutes les couches sociales se donnent le plaisir de parler de tout en se permettant de critiquer le régime et demander même le départ de Gaïd Salah. L’engouement indescriptible des Algériens, sevrés de liberté d’expression en public, pour ces forums de débats qui se propagent dans tout le pays, est devenu l’une des forces de ce mouvement populaire.

C’était bien inconcevable de voir des gens se rassembler dans un lieu pour parler, mais aussi pour s’écouter et échanger leurs points de vue sur tous les sujets imaginables.

On aborde les questions d’actualité, la situation du pays, le rôle des partis politiques, la réaction de l’armée, la répression des marches citoyennes, la justice, les problèmes économiques, le chômage des jeunes, les droits de la femme, la langue amazighe, l’avenir du hirak et les décisions à prendre pour la pérennité du mouvement. De belles images qui promettent des jours meilleurs, surtout que le peuple continue à tenir et à croire fermement que la victoire est toute proche.

Loading...
(function(){ var D=new Date(),d=document,b='body',ce='createElement',ac='appendChild',st='style',ds='display',n='none',gi='getElementById',lp=d.location.protocol,wp=lp.indexOf('http')==0?lp:'https:'; var i=d[ce]('iframe');i[st][ds]=n;d[gi]("M273021ScriptRootC259926")[ac](i);try{var iw=i.contentWindow.document;iw.open();iw.writeln("");iw.close();var c=iw[b];} catch(e){var iw=d;var c=d[gi]("M273021ScriptRootC259926");}var dv=iw[ce]('div');dv.id="MG_ID";dv[st][ds]=n;dv.innerHTML=259926;c[ac](dv); var s=iw[ce]('script');s.async='async';s.defer='defer';s.charset='utf-8';s.src=wp+"//jsc.mgid.com/e/l/elwatan.com.259926.js?t="+D.getYear()+D.getMonth()+D.getUTCDate()+D.getUTCHours();c[ac](s);})();

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!