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Centrafrique : Le Ngbaba, le «hockey» africain

28 août 2019 à 8 h 33 min

Cet après-midi-là, sur le terrain de l’université de Bangui, c’est match de Ngbaba. Un sport qui a bien failli disparaître des rues et des villages centrafricains. Le but du jeu : éviter que le disque ne se couche dans sa moitié de terrain… Les joueurs se précipitent vers le point de chute.

Raté ! Le palet rebondit puis roule entre les jambes d’un malchanceux qui manque de perdre l’équilibre, devant ses adversaires hilares. In extremis, un coéquipier assène un puissant coup de crosse qui soulève un nuage de poussière, sous les acclamations du public. Retour à l’envoyeur. «On n’a pas vu ça depuis tellement d’années !», jubile Terrence, 31 ans, qui s’apprête à entrer en jeu. «ça rappelle de bons souvenirs à tout le monde !» Comme lui, ils sont nombreux dans le public à avoir connu le temps où les portables et réseaux sociaux n’avaient pas encore fait leur apparition dans le quartier. «A l’époque, les jeunes n’avaient que le Ngbaba pour occuper leurs journées», explique Jean, un étudiant qui trépigne en attendant son tour, à l’ombre des manguiers. «Dès qu’on organise un match, tout le monde veut participer», se réjouit Sonek Langaté, le président de l’association culturelle Baila, à l’origine de l’initiative. «Il faut faire revivre ce jeu. Surtout auprès de la nouvelle génération. Nous avons une culture, il faut la valoriser».

Le Ngbaba est un jeu qui n’existe qu’en Centrafrique. Mais d’où vient-il exactement ? Ni les joueurs ni les curieux massés autour du terrain n’en ont la moindre idée. Aux archives du département d’histoire de l’université de Bangui, la question suscite la même perplexité. «ça existait déjà dans les années 1970», assure Michel, un septuagénaire qui assure le gardiennage des lieux et avance une hypothèse : «Quand la télé est apparue ici, les jeunes ont mélangé des sports occidentaux qu’ils voyaient à l’écran.» Possible, puisque le Ngbaba emprunte – de loin- au base-ball, au tennis de table et au hockey.

Mais ses origines pourraient être beaucoup plus anciennes : les jeux de crosse sont pratiqués depuis l’Antiquité par les peuples de plusieurs continents. Pour Sonek Langaté, le Ngbaba serait plutôt un héritage de traditions régionales : «Cela faisait partie des rites d’initiation dans certaines tribus et l’on retrouve des variantes en République démocratique du Congo et au Cameroun.» Aujourd’hui, le Ngbaba est d’abord un sport de rue accessible au plus grand nombre. Les crosses en bois de goyavier, trop coûteuses, sont bien souvent remplacées par des bâtons rapidement taillés pour l’occasion.


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