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Impact du coronavirus sur les pépinières : Beaucoup de pertes mais pas que !

25 juin 2020 à 9 h 45 min

Quelques 10.000 plantes à la poubelle et plus de 3 millions de dinars de perte», c’est un bilan trimestriel amer que dresse Omar, propriétaire de la pépinière Rostomia sis à Zéralda. Fermée pendant 3 mois, sa pépinière s’est retrouvée à ‘’l’abandon’’. «J’habite à Bousmail et ma pépinière se trouve à Zeralda.

Avec le confinement et le couvre feu, il m’était impossible de venir prendre soin de mes plantes. Mes employés ne pouvait pas venir non plus à cause de l’arrêt des transports», raconte-il. Ses plantes, manquant d’eau, se sont fanés par centaine : «Certaines de mes plantations ont échappé à cette triste fin, mais beaucoup ont fini à la poubelle.

De plus, quand ce n’est plus la période, c’est fini», ajoute-il. La crise sanitaire du Covid-19 et les restrictions liées au confinement aura été très dure pour de pépiniéristes, d’autant plus qu’elle est survenue au printemps, une période charnière de l’année pour eux. «Cette année, le printemps et sa charge de travail est parti aux oubliettes. Idem pour ce qui est de la fête des mères. Alors qu’habituellement, nous sommes overbooké lors de cette occasion, cette année, ce ne fut pas le cas», se désole-t-il.

Aujourd’hui, Omar a repris le boulot. Il doit reconstituer tous ses stocks et donc replanter à nouveau : «C’est un travail de titans qui nous attends. On doit tout recommencer à zéro». Mais cela prendra du temps : «Ce n’est pas facile pour tout récupérer. Mais avons-nous le choix ?», s’interroge-t-il. Omar n’est pas un cas isolé. De nombreux pépiniéristes se sont retrouvé dos au mur durant le confinement.

IMPÔTS

Mohamed, gérant d’une petite pépinière à Guée de Constantine confie : «Nous avons enregistré une perte de 600.000 dinars». N’habitant pas très loin de la pépinière, il se dit chanceux d’avoir pu faire des allers –retours pour arroser ses plantes. Pourtant, la réouverture des pépinières aurait pu enclencher une nouvelle vague de consommation. Mais visiblement, ce n’est pas le cas pour tout le monde.

En effet, Mohamed se désole que cette pandémie ait éclatée pile à la période la plus productive de l’année. «On peut dire que la saison est quasiment finie pour ma pépinière. C’est au printemps qu’on travaille le plus.

En été, les gens partent plutôt en vacances et en hiver, c’est mort», explique-t-il. Pour amorcer ses pertes, Mohamed appelle les responsables du secteur de faire un geste sur les impôts et l’électricité. «Nous n’avons pas travaillé, mais devons payer le loyer, les impôts et les charges.

On espère percevoir quelques aides de l’Etat afin de sortir la tête de l’eau», poursuit-il. De son côté, Mustapha*, également pépiniériste à Zéralda avoue ne pas avoir accusé beaucoup de perte, la plupart de ses plantes ne nécessitant pas énormément d’entretien et résistantes à la sécheresse. Toutefois, ce dernier se désole de ne pas avoir pu livrer ses clients. «J’habite à Boufarik et je n’ai pas réussi à avoir l’autorisation de circuler. J’ai donc chargé mon oncle, muni de sa carte ‘’fellah’’ et pouvant circuler, de passer à la pépinière arroser les quelques plantes devant l’être», explique-t-il.

INTÉRÊT

Ce n’est qu’après que le confinement général soit levée sur la wilaya de Blida que Mustapha a enfin pu se rendre à sa pépinière. «Il est vrai que beaucoup de pépiniéristes ont perdu des plantes, des clients et donc de l’argent, qu’ils ont pu récupérer derrière car les prix ont un peu augmenté vu le manque de produit sur le marché. Une plante qui coutait 200 DA, se vend aujourd’hui 300 DA», avoue-t-il.

Pour sa part, Mustapha quantifie sa perte à raison de 3 mois de loyer. Pour le reste, il se dit chanceux. Si les pertes sont la, les pépiniéristes ont toutefois remarqué un regain d’intérêt pour leur activité. En effet, nombreux sont ceux qui s’y rendent, cherchant à changer d’air. C’est le cas de Nacera, la cinquantaine, ingénieur en génie civile : «Je suis déjà venue 3 fois depuis le déconfinement.

La première fois, j’ai fais quelques achats, mais les autres non. En fait, je viens pour découvrir de nouvelles plantes. Me renseigner sur les plantes aromatiques et contempler les jolies roses.

Ca me change des mon appartement dans lequel je suis restée confinée presque 3 mois». L’un des effets « positifs » du confinement est que de nombreux algériens se sont mis ou remis au jardinage, afin de faire passer le temps ou par passion. «Jusque la, les maisons n’étaient faites que pour dormir. Mais durant le confinement, les gens ont été obligé de rester chez eux et ont eu tout le temps de se rendre compte que ca manquait de verdure. C’est la qu’ils se sont intéressés aux pépinières, sur lesquelles ils se sont rués des que l’occasion s’est présenté», raconte Rachid*, pépiniériste.

NOUVEAUX CLIENTS

Avec le déconfinement, de nombreux pépiniéristes se réjouissent du retour en force des clients mais pas ! «Moi qui travaille avec les marchants de gros, j’ai constaté qu’il y a énormément de nouveaux clients, de gens qui n’avaient jamais fait de jardinage ou ne se sont intéressés aux plantes. J’ai également remarqué qu’il y a une forte demande sur les plantes aromatiques», affirme Mustpaha.

Un constat confirmé par Omar qui ajoute : «L’engouement pour les pépinières à fortement augmenté. Nous avons eu des clients qui venaient chez nous juste pour ‘’respirer’’. Apres avoir passé 3 mois à la maison, les gens se sont rendu compte de l’importance de la verdure et la nature».

Le malheur des uns semble faire le bonheur de d’autres. En effet, beaucoup sont ceux qui ont acheté des plantes pour s’en occuper durant le confinement pour tuer le temps. Par ailleurs et face à l’impossibilité de se déplacer et partir en vacances cet été, beaucoup de personnes qui comptent rester chez eux, souhaitent se faire plaisir afin de passer plus gai chez eux. Nacera confie : «Je compte aménager ma terrasse. Jusque la, elle faisait office de balcon pour étendre le linge. Mais comme je ne compte pas bouger de chez moi cet été, je me dis que ca serait sympa de faire des minis soirées dans ma terrasse.

C’est toujours plus agréable que rester cloitrée entre 4 murs». Autre activité qui a fortement ravie les pépiniéristes est l’aménagement des quartiers. En effet, dés l’arrivée du covid-19, de nombreux jeunes dans de nombreuses cités ont décidé de nettoyé leurs quartiers et aménager les espaces verts. «Dans mon secteur, j’ai eu échos de beaucoup d’opérations dans ce genre, notamment à Zéralda, Sidi Abdellah, Bousmail ou encore Koléa.

Les gens ont cotisé pour acheter des plantes dans le but de redonner un nouveau souffle à leur cités», conclut Mustapha. Par ailleurs, M. Omar appelle les autorités à se pencher sur le cas des pépinières et mettre en place une stratégie pour sauver le secteur. «On cherche à ce qu’ils nous régularisent notre situation.

Il faut savoir que la majorité d’entre nous sommes locataires. On est donc otages des ‘’propriétaires’’ de ces terres. Sachant qu’eux même, pour la majorité, n’ont pas d’acte de propriété mais seulement un acte de concession», conclut-il.

 

Par  Sofia Ouahib
[email protected]



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