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mercredi, 23 septembre, 2020
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Aïd El Adha : Record de déchets sans précédent

06 août 2020 à 9 h 35 min

Plus de 18 000 tonnes de déchets ont été collectés durant la fête de l’Aid al Adha. Autant que l’an dernier si ce n’est plus. Un chiffre qui vient balayer toutes les suppositions quant à la diminution des déchets durant cette fête religieuse en raison de la ‘’prétendue’’ abstinence de beaucoup de citoyens à cause du coronavirus.

En termes de quantité de déchets, nous avons évacué le même tonnage que l’année dernière, soit près de 5000 tonnes pour les 2 jours. Ce qui nous laisse penser que la majorité des foyers ont célébré l’Aid», confie Nassima Yaakoubi, chef du département technique et environnement au niveau de Netcom, qui intervient au niveau de 26 communes d’Alger (hyper-centre).

Cette dernière assure que l’Epic s’attendait à autant déchets et a œuvré pour maintenir le dispositif. «Etant donné que ce sont des déchets 100% organique, nous avons décidé de ne pas diminuer le dispositif, bien au contraire. Nos camions ont effectué 4 voyages par jour le jour de l’Aid, contre 2 en temps normal», assure-t-elle. Même son de cloche du côté d’extranet.

L’epic a mobilisé durant les 4 jours de l’Aid pas moins de 216 bennes tasseuses, 34 camions grand tonnage et 10 engins pour effectuer les 2191 rotations nécessaires pour collecter les quelque 13751 tonnes de déchets. «A titre comparatif, nous avons collecté prés de 12 400 tonnes durant le dernier Aid El Adha.

Une hausse net de plus de 9% est donc constatée cette année», affirme M. Daoudi, chargé de communication d’Extranet, qui intervient au niveau de 31 communes. Malgré le gros dispositif mis en place, des photos de déchets éparpillés un peu partout dans les rues ont fait le tour des réseaux sociaux. Poubelles débordantes, détritus, peaux de moutons et abats entassés sur les trottoirs…

Il y a plus de déchets en dehors du bac qu’à l’intérieur. Un constat amer au lendemain de l’Aid El Adha. La raison : «Dans beaucoup de quartiers, l’heure et les lieux de dépôt n’ont pas été respectés, ce qui a laissé place à ces paysages désolants. On ne généralise pas car dans d’autres quartiers, tout s’est passé pour le mieux», assure Mme. Yaakoubi.

Pour ce qui est des peaux de moutons, celles-ci sont retrouvées jetés, au même titre que les ordures. A noter que tout mélange de déchets, peu importe le type : déchets animaux, déchets ménagers, déchets organiques … avec des déchets animaux est automatiquement considéré comme déchet animal dans son ensemble.

A cet effet, Karim Ouamane, le directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND) a prévenu que les déchets d’abattage (toisons, cornes, pattes…) sont classés dans la catégorie des déchets spéciaux, car ils pourraient être un facteur de propagation du virus, notamment en cette période de crise sanitaire. «Ces restes d’animaux, classés dangereux, ne devraient pas être collectés avec les ordures ménagères car ils constituent une source potentielle de risque pour la santé publique».
Tandis que des opérations de collecte ont été menées deux années de suite (2018 et 2019), l’initiative a été annulée cette année à cause de la pandémie de Covid-19.

A cet effet, Karim Ouamane a expliqué : «La campagne de sensibilisation pour l’Aïd lancée par notre agence cette année ne portera pas sur la collecte des peaux de mouton (au profit des tanneries), mais plutôt sur les mesures d’hygiène afin d’éviter que l’acte du sacrifice ne se transforme en nouveau facteur de contamination.» Toutefois, une collecte plutôt timide a quand même été effectuée à Alger.

L’opération qui a abouti à la collecte de 33 305 unités de peau de mouton, a concerné la commune de Rouiba, Dar El Beida ainsi que la nouvelle ville de Sidi Abdellah. «La collecte a été répartie entre le tanneur de Rouiba avec 8500 unités, le centre d’enfouissement technique de Corso avec 21 430 unités et enfin le CET de Hamici avec 3375 unité», confie M. Daoudi.

Si ces collectes contribuent à la préservation et la protection de l’environnement, celles-ci ont également pour but d’approvisionner les producteurs de cuir et redynamiser toute une filière. «Malheureusement cette année, en raison de la pandémie mais aussi de la chaleur, nous n’avons reçu aucune peau valable», se désole M. Toufik Berkani, directeur général de l’EPE Aced (Algérienne du cuir et dérivés).

A titre de comparaison, ce dernier avoue qu’en 2018, quelque 10% de la totalité des peaux collectées ont été ‘’recyclées’’ contre 5% en 2019. Selon lui, cela serait une aubaine pour nous si on arrive à récupérer les 4 millions de peaux de moutons sacrifiés chaque année. Il explique : «Si on n’exporte que 4% de la totalité, à raison de 60 dollars l’unité, cela rapportera près de 48 millions de dollars par an, ce qui est énorme.». Encore faut-il que les peaux récupérées soit saines, c’est-à-dire sans traces de couteaux, bien salée et bien conservées.

A cet effet, le spécialiste confie que cette initiative est à encourager et l’objectif à moyen terme serait de mettre en place une stratégie qui permettrait de récupérer les 4 M de peaux. «Ailleurs, en Turquie par exemple, l’abatage ‘’anarchique’’ est passible de fortes amendes. Les citoyens sont donc obligés de faire appel à des professionnels afin que les peaux restent intactes et puissent être introduites dans l’industrie du cuir.

Un tel processus demande du temps afin de l’intégrer dans une société mais il n’est pas impossible», assure-t-il. Par ailleurs, le spécialiste assure que la laine récupérée pourrait également faire partie du circuit de production et donne l’opportunité de développer toute une filière. «C’est tout un mécanisme à mettre en place pour donner un coup de pouce à cette filière.

Cela contribuera notamment à booster une filière exportatrice, surtout que nos peaux sont connues pour leur qualité, et remettra en marche certaines entreprises qui avaient des difficultés à trouver la matière première», conclut-il.

Par ailleurs, l’office National de l’Assainissement a fait état de 542 interventions au niveau des réseaux d’assainissement et de certaines stations de relevage durant l’Aid, «qui a connu une augmentation sensible du volume des eaux usées, notamment pendant la matinée du 1er jour». Cela aurait donc permis d’éliminer les obstructions dans les réseaux et assurer l’évacuation normale des eaux usées.

Sofia Ouahib

[email protected]



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