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Tahar Gaïd, un moudjahid d’exemplarité qui s’en va

03 août 2019 à 10 h 00 min

«Agir en homme de pensée et penser en homme d’action.»Bergson

Le regretté Tahar Gaïd qui vient de s’éteindre le 9 juillet 2019 à l’âge de 90 ans incarne une véritable symbolique de militantisme, de convictions et d’abnégation pour l’amour de l’Algérie qui était sa passion et sa raison d’être.

Une école légendaire du mouvement national indépendantiste

Il illustre ainsi un repère de ce que fut une école légendaire de militantisme du mouvement national indépendantiste qu’il rejoignit très tôt avec ses compagnons pour œuvrer inlassablement et avec ténacité à travers un combat irréversible à la libération d’une chère patrie spoliée et engloutie dans les ténèbres de la longue nuit coloniale.

Cataclysme d’une invasion perpétrée par la France au cours de l’année fatidique de 1830 de sinistre mémoire à l’aube du XIXe siècle naissant avec ses promesses d’émancipation universelle pour une humanité asservie par des conquérants génocidaires de l’âge de pierre.

L’enseignement fondamental pragmatique de cette école d’éveil nationaliste relevait d’une pédagogie de l’histoire et ses cours porteurs imposaient une rigueur de perception et d’analyse de la réalité politique d’un pays criminellement envahi par la force destructrice et exterminatrice du genre humain d’une France officielle républicaine dans sa pseudo grandeur auréolée ridiculement de l’attribut de patrie des Droits de l’homme.

Ces leçons de l’histoire indélébilement ancrées dans la mémoire collective du peuple algérien s’articulaient autour de deux événements majeurs et fondateurs de l’aspiration profonde de celui-ci pour la reconquête de son pays des affres d’une colonisation de peuplement d’infra-humanité.

Une pédagogie de l’histoire et de la mémoire : des enfumades de Dahra aux massacres du 8 Mai 1945 à Sétif

Un véritable marqueur d’éternité de la conscience nationale que furent les criminelles enfumades du Dahra accomplies un apocalyptique mercredi 18 juin 1845 sous la houlette du général-bourreau Pélissier qui a ainsi déshonoré l’armée française par un acte de lâcheté assassine innommable et de déni de vie sans précédent dans les pratiques de cannibalisme primitif de bestialité.

Ce massacre fut suivi un siècle plus tard par ceux du 8 Mai 1945 à Sétif, un jour de fête de la célébration de la libération de la France de l’Allemagne nazie occupante de Paris en 1940 et à laquelle ont contribué par leur sang les Algériens morts pour la liberté universelle, opprimés de la leur par cette même France dans le pays de leurs ancêtres dans un monde bouleversé, d’injustice et d’asservissement aux relents d’ensauvagement du Moyen-Age.

La forte symbolique de ces pans d’histoire révélateurs des desseins exterminateurs de ces pogroms de crimes contre l’humanité cimenta les convictions des militants de la première heure pour la seule et unique voie réaliste et salutaire de la lutte implacable pour l’indépendance de l’Algérie.

Ceci sans aucune autre option politique à une France promotrice de l’infâme code de l’indigénat et négatrice des droits à la vie par la terreur du glaive et de l’extermination à travers une pathologie de surdité hermétique à toutes autres revendications de citoyenneté et d’égalité vainement réitérées de longues décades durant et sans suite, si ce n’est l’octroi par générosité absurdement «clownesque» de la nationalité française à un échantillonnage choisi et ridiculement insignifiant d’Algériens colonisés jusqu’alors indexés à ce code ségrégationniste de l’indigénat.

Une France colonialiste atteinte de cécité politique et sourde aux revendications du peuple algérien

Paradoxe de l’histoire, c’est cette même France atteinte de cécité politique dans son œuvre d’oppression et de répression d’un peuple qui, par la radicalité de ses positions et réactions de mépris racistes et humiliantes, a aussi fortement consolidé la seule et exclusive voie de la revendication vitale et de la lutte pour l’indépendance.

Le mouvement national indépendantiste précurseur du lumineux 1er Novembre 1954 de la liberté

Opiniâtrement inflexible dans sa position impérialiste, cette France a aussi contribué à une adhésion populaire massive de cette revendication phare du mouvement national indépendantiste qui fut l’émanation de la profonde aspiration du peuple algérien et le levain du 1er Novembre 1954 dans son ascension historique.

Le moudjahid Tahar Gaïd, ainsi privilégié par l’histoire, a été formé avec ses compagnons à cette prestigieuse école fondatrice de militantisme indépendantiste et a inlassablement activé avec abnégation et persévérance à la libération de la patrie d’un joug colonial de peuplement et d’assujettissement de la nation algérienne.

Tahar Gaïd : un indéfectible engagement politique pour l’indépendance de l’Algérie

Cette rétrospective liée au parcours laborieux et fécond de Tahar Gaïd constitue une synthèse de son indéfectible engagement politique à un âge précoce pour le recouvrement de la souveraineté de l’Algérie.

De la médersa de Constantine à celle d’Alger où il militait pour l’organisation de la Jeunesse et des étudiants, il a rejoint les rangs du PPA/MTLD où il participe à la lutte armée pour la libération de l’Algérie avec le privilège d’avoir assisté aux premières actions spectaculaires du déclenchement du 1er Novembre 1954.

Membre fondateur de l’UGTA aux côtés de Aïssat Idir en 1956, proche ami de Amara Rachid avec lequel il a participé à la préparation du Congrès de la Soummam dirigée par Abane Ramdane,

Tahar Gaïd a également contribué par des activités militantes de premier plan avec Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Lahouel Hocine, Ahmed Mezghenna, Benyoucef Benkhedda, Rabah Bitat, Sid Ali Abdelhamid, Zahir Ihaddadene, Lamine Khene, Saïd Chibane pour ne citer que ceux-là entre d’autres très nombreux qui se sont entièrement investis dans une lutte perpétuelle pour l’indépendance de l’Algérie.

Tahar Gaïd a également connu dans son parcours militant les souffrances de la privation de liberté des prisons et camps d’internement colonialistes pendant une longue période de 1956 à l’indépendance de l’Algérie.

Il fut aussi un intellectuel chercheur érudit en théologie et adepte féru de l’Islam des lumières auquel il a consacré plusieurs publications d’anthologie d’exégèse et de rhétorique.

Modeste, affable, avenant et enclin au dialogue de savoir et de culture, il était un véritable passeur de mémoire en direction de la jeunesse qu’il aimait tant et pour reprendre à ce propos son expression favorite : «La jeunesse constitue la sève et la trajectoire d’émancipation, de modernité et de progrès de la nation algérienne».

Avec son incommensurable foi d’amour et d’attachement à l’Algérie pour laquelle il ne cessait de suivre dans le désarroi de l’inquiétude les récentes étapes douloureuses de ce qui s’est avéré être hélas un accident de l’histoire, le regretté Tahar Gaïd a connu la compensation méritée de vivre dans l’extase le sursaut tant espéré de la résurrection citoyenne du 22 février 2019, pour rejoindre enfin, l’âme en paix, le monde meilleur de la divinité céleste.

Un ultime viatique d’accompagnement moral et de réconfort apaisant pour celui dont la génération pensait et portait l’Algérie au-dessus et avant tout.

Un message expressif de celle-ci pour les générations futures redevables des sacrifices consentis par leurs aînés et aïeux.

Proche de notre Association, il répondait avec enthousiasme à toutes les invitations, particulièrement aux cérémonies d’hommages respectivement célébrées avec la contribution de l’Assemblée populaire communale d’Alger-Centre et de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA) et consacrés à ses amis et compagnons de combat, notamment Sid Ali Abdelhamid, membre du Bureau politique du PPA/MTLD son aîné, doyen unique survivant aujourd’hui âgé de 97 ans et auquel nous souhaitons longue vie, et le moudjahid historien de renom Zahir Ihaddadene, avec l’humaniste philosophe de notoriété, le professeur Bouamrane Chikh, ancien président du Haut-conseil islamique (HCI).

Consternés par la disparition de ce moudjahid d’exemplarité pour la jeunesse et les générations montantes, l’Association des amis de la rampe Louni Arezki, Casbah et ses nombreux sympathisants, tiennent à exprimer en cette pénible circonstance à l’ensemble de la famille du cher défunt et à ses proches leurs condoléances attristées ainsi que leur soutien et sympathie.

Que la rahma d’Allah Le Tout-Puissant puisse ainsi l’accueillir dans l’univers de son Vaste Paradis.

A Dieu nous appartenons, à Lui nous retournons.


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