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Pierre Kaldor, dernier témoin d’un épisode peu connu

08 mai 2021 à 11 h 14 min

En avril et mai 1945, l’avocat Pierre Kaldor, alors secrétaire général du Secours Populaire, était chargé du rapatriement de quelques déportés communistes depuis les camps de concentration nazis en Allemagne et en Tchécoslovaquie. Pour ce faire, il avait à sa disposition deux bimoteurs que lui avaient remis les Américains. Ces appareils ont été réquisitionnés sur ordre du général de Gaulle pour transporter des soldats à Sétif. Et du napalm.

Pierre Kaldor était, à partir de fin 1956, le coordinateur du pont aérien des avocats chargés de défendre les militants du FLN et communistes poursuivis par la justice française.

«Je n’étais pas en Algérie au moment des événements du 8 Mai 1945, mais j’étais très préoccupé par le problème algérien. Quand les camps de concentration d’Allemagne ont été petit à petit libérés par les Alliés et les Soviétiques, les déportés devaient être rapatriés. J’ai donc été investi de cette responsabilité, avec Edouard Dutilleul qui avait été le trésorier du parti communiste avant la guerre, sous l’égide du ministère de l’Air, dont le ministre était Charles Tillon (communiste).

La France n’avait plus d’avions de transport, ni même militaires. Il restait quelques petits avions de six à huit places. J’ai sollicité les Américains pour nous donner des avions de transport afin de ramener les déportés en France. J’ai pu obtenir deux avions de transport qui pouvaient contenir 18 personnes allongées ; c’étaient des avions de transport de troupes et non de bombardement. A Paris, j’ai stationné ces avions au Bourget.

Le 8 ou le 9 mai 1945, je ne peux plus vous dire, je vais au Bourget pour reprendre les avions et organiser deux nouveaux voyages en Allemagne.

Il n’y avait plus d’avions. Je téléphone à Charles Tillon, il n’est pas au courant. Sur place, les fonctionnaires de l’aéroport du Bourget me disent que le ministère de la Défense, sur ordre de de Gaulle, a ordonné la réquisition de ces avions et leur transfert en Algérie.

J’ai appris par la suite que les deux avions ont servi à transporter des troupes françaises pour mater la manifestation du Constantinois. Dès cette époque, du napalm a été transporté. Naturellement, je suis retourné voir Tillon, il n’était pas au courant. Maurice Thorez, qui était vice-président du Conseil, n’était pas au courant, lui non plus.

Les ministres communistes étaient dépossédés d’une grande partie des habituelles prérogatives de ministres.

Charles Tillon était ministre de l’Air, mais il n’avait pas d’autorité sur les avions militaires qui n’existaient d’ailleurs pas.

Les communistes tiennent beaucoup à dégager leur responsabilité dans les événements du 8 Mai 1945, mais ce que je vous raconte est peu connu, même dans les milieux du parti. vécu, il a pu confirmer ce que j’ai dit. Henri Alleg est au courant, mais cela ne figure pas dans son livre.» 

*Extraits du témoignage inédit accordé à El Watan (édition du 8 mai 2005)


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