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En février 1961 était créée l’Organisation de l’armée secrète (OAS) : Les méfaits d’une organisation criminelle

09 février 2021 à 10 h 03 min

Les crimes de l’OAS, organisation créée en février 1961 en Espagne franquiste pour imposer par la terreur armée «l’Algérie française» sont innombrables tant parmi la population algérienne que du côté français. En réaction, de nombreuses organisations progressistes et du Parti communiste avaient organisé des manifestations en France, dont celle de Charonne au cours de laquelle 9 personnes périrent sous la répression de la police de Maurice Papon.

Un hommage a été rendu hier à Paris aux 9 victimes de la répression du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et pour la paix en Algérie. En raison de la situation sanitaire actuelle, la commémoration de cette année n’a pu se tenir de manière habituelle.

La commémoration devait être marquée par un dépôt de gerbes à l’endroit où sont tombées les 9 victimes, près du métro Charonne.

En même temps que la manifestation du 8 février 1962, les partisans de la Paix et de l’indépendance pour l’Algérie s’exprimaient de plus en plus, avec de nombreuses manifestations, Le Mouvement de la Paix, les syndicats, le Parti Communiste etc. Le 7 février 1962, l’OAS commettait dix attentats à la bombe contre des personnalités diverses, qui firent de nombreux blessé-e-s et particulièrement une fillette de 4 ans.

Dès le lendemain, la riposte s’organisait : une manifestation se tenait à l’appel, notamment, du PCF, de la CGT, la CFTC, du mouvement de la Paix… Elle fut sauvagement agressée par les brigades spéciales de la police aux ordres du préfet Papon et du ministre de l’Intérieur Roger Frey, au carrefour du métro Charonne. On dénombra 9 morts et des centaines de blessé-e-s.

Les manifestations étaient interdites et de plus en plus marquées par les violences policières, comme ce fut le cas notamment le 17 octobre 1961, avec le massacre des Algériens, ou les manifestations syndicales en décembre 1961…. Rappelant qu’en janvier 1961, les Français répondaient «oui» à 75% pour le droit à l’autodétermination du peuple algérien, «les Français avaient compris que la paix et l’indépendance de l’Algérie rendaient justice au peuple algérien», relève dans un communiqué Henri Cukierman, président du Comité Vérité pour Charonne.

«Les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française refusèrent le verdict démocratique des citoyens français. Ils décidèrent de s’y opposer par la violence la plus extrême», ajoute-t-il. Avec la création de l’OAS (Organisation de l’armée secrète), «ils ont organisé des centaines d’attentats en France et en Algérie pour imposer par la force un coup d’Etat et poursuivre la guerre».

Ils s’attaquèrent en France, par des attentats à la bombe, aux organisations de gauche et aux personnalités politiques, syndicales, qui «s’exprimaient et agissaient pour la Paix en Algérie».

«Le gouvernement du général de Gaulle était frileux, voulait conserver des bases et avantages du colonialisme, mais il avait aussi au gouvernement des partisans de l’Algérie française, notamment le Premier ministre Michel Debré». «Avec la guerre d’Algérie, c’est la démocratie pour les Français-e-s et les Algérien-e-s qui a été confisquée.» Quant au président Macron, «il doit, entre autres, reconnaître le crime d’Etat pour le 8 février 1962», souligne Henri Cukierman.

«Une impressionnante série d’assassinats»

De leur côté, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo) et l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, communiquent en date du 29 janvier qu’«un certain nombre d’éléments de divisions parachutistes désertent et viennent prêter main-forte à des partisans extrémistes de l’Algérie française qui avaient fondé, entre le 20 janvier et le 10 février, dans l’Espagne encore franquiste, l’Organisation armée secrète».

Sans compter les milliers de victimes algériennes, rien que du côté français, les victimes de l’OAS sont innombrables.

MM. Jean-Philippe Ould Aoudia et Jean-François Gavoury, présidents des deux associations, signalent également qu’«avec le renfort des déserteurs, qui fournissent armes, munitions, explosifs et savoir-faire, l’OAS va gagner en puissance criminelle». «S’ouvre alors une impressionnante série d’assassinats et de destructions tant de biens privés que de bâtiments publics».

Les deux responsables associatifs rappellent que le premier attentat commis par ces ultras survient à Alger, le 25 janvier 1961, et coûte la vie à un avocat libéral, Maître Pierre Popie.

Le second a lieu en France métropolitaine, le 31 mars 1961 : il est dirigé contre Camille Blanc, maire d’Evian, ville dans laquelle se déroulent les pré-pourparlers entre le gouvernement français et le FLN.

«Tombé le 31 mai 1961 dans un guet-apens tendu à l’instigation d’un officier déserteur, le commissaire central d’Alger Roger Gavoury est le premier fonctionnaire de l’Etat français assassiné par l’OAS. Six commissaires de police, au moins un inspecteur de police et trois gradés et gardiens de la paix auxquels s’ajoutent une douzaine de fonctionnaires des Compagnies républicaines de sécurité (CRS)» ont également été assassinés.

«L’armée fut elle-même la cible de l’OAS qui a abattu plusieurs dizaines de militaires depuis le jeune appelé du contingent jusqu’au général de corps d’armée en passant notamment par les gendarmes mobiles».

«Le premier attentat commis contre la personne du général de Gaulle a lieu le 8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine. D’autres ont suivi, le 22 août 1962 au Petit-Clamart et le 15 août 1964 au mont Faron (Toulon), mais la police a pu déjouer plusieurs autres tentatives visant le chef de l’Etat français.»

«Les membres du gouvernement étaient également l’objet de menaces : ainsi, le 7 février 1962, une bombe au domicile d’André Malraux, ministre de la Culture, blessa-t-elle très grièvement au visage la jeune Delphine Renard.» Par ailleurs, le 15 mars 1962, à Alger, l’assassinat de six dirigeants du service des centres sociaux éducatifs (Max Marchand, Mouloud Feraoun, Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène, Salah Ould Aoudia) par l’OAS fut l’aboutissement paroxystique d’un processus mortifère enclenché très tôt. «Lorsque l’OAS entra en guerre, en 1961, de véritables lignes de front ont séparé les quartiers européens des bidonvilles où se situaient les Centres qui ont continué à fonctionner», rappellent les deux responsables associatifs.

Le Service des centres sociaux éducatifs, créé le 27 octobre 1955, à l’initiative de la déportée-résistante Germaine Tillion, membre du cabinet civil de Jacques Soustelle, fera l’objet dès sa création «de pressions, de menaces, de campagnes de presse de la part des ultras de l’Algérie française, parce que compter dans son effectif près de 80% de musulmans constituait en soi une source de suspicion».

L’historien Stora saisi pour un complément de préconisation

Dans ce contexte historique, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo) et l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons ont exprimé, le 4 février, auprès de Benjamin Stora, le souhait de voir complétée la préconisation n°2 de son rapport par la phrase suivante : «…Et de toutes les personnes qui, dans les derniers mois du conflit, ont respecté, servi la République et défendu ses valeurs au péril de leur vie.»

La version définitive deviendrait alors : «Un geste pourrait être l’inclusion dans le décret 2003-925 du 26 septembre 2003, instituant une journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, d’un paragraphe dédié au souvenir et à l’œuvre des femmes et des hommes qui ont vécu dans des territoires autrefois français et qui ont cru devoir les quitter à la suite de leur accession à la souveraineté et de toutes les personnes qui, dans les derniers mois du conflit, ont respecté, servi la République et défendu ses valeurs au péril de leur vie».

Le 5 février les deux associations demandent également à Benjamin Stora de «bien vouloir se faire l’écho, dans toute la mesure du possible, des recommandations respectives du Souvenir Français et de l’Espace guerre d’Algérie (EGAL), relatives à l’apposition de la mention ‘Mort pour la France’» sur l’acte de décès des six dirigeants des Centres sociaux assassinés par l’OAS le 15 mars 1962 : Max Marchand, Mouloud Feraoun, Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène, Salah Ould Aoudia.


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