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Il y a 4 ans, le 7 janvier 2016, nous quittait Brahim Chergui : Un homme d’action et de conviction

07 janvier 2021 à 10 h 12 min

Il y a quatre ans, le 7 janvier 2016, nous quittait le regretté moudjahid Brahim Chergui à l’âge de 94 ans, après une vie pleine et le sentiment du devoir accompli.

En l’espèce, le défunt a laissé son empreinte dans le Mouvement national, dont il a été un acteur important au sein du PPA, qu’il a rejoint à la fleur de l’âge, au début des années 1940, et au FLN qu’il a servi loyalement, notamment en qualité de responsable politique de la Zone autonome d’Alger.

Né en 1922 à Aïn El Khadra, dans la wilaya de M’sila, Si Brahim a été sensibilisé très jeune à la cause nationale. C’est donc tout naturellement qu’il se range aux côtés des épris et défendeurs de liberté et d’indépendance. Il ne tardera pas à se distinguer au sein de l’Organisation spéciale, dont il sera responsable dans le Nord constantinois et l’Oranie. Discret mais efficace, Si Brahim s’est imposé par son sens de l’organisation, sa perspicacité et sa rectitude.

Il a été l’ami et l’un des plus proches du héros Si Larbi Ben M’hidi. Les deux hommes se sont connus à Biskra, où Chergui avait des responsabilités politiques au sein du MTLD. A Alger, l’activité de Si Brahim, connu sous le pseudonyme de H’mida, va se décupler, compte tenu de l’ampleur de la lutte et des multiples opérations menées.

H’mida, également agent de liaison du Comité de coordination et d’exécution du FLN, se distinguera par le volume des activités de représailles, face à la folie meurtrière de l’ennemi qui redoublait de férocité. Si H’mida raconte les circonstances de son arrestation en 1957 et les conditions de démantèlement des cellules à Alger. «Les paras m’ont emmené dans une villa du quartier la Scala. Dès mon arrivée, les tortures ont commencé. J’ai l’intime conviction que j’ai été dénoncé, sinon jamais je n’aurais été arrêté», rappelle-t-il souvent.

Incarcéré à la prison de Serkadji, il n’en sortira qu’à la veille de l’indépendance. Depuis, ses contempteurs l’ont accusé de trahison et d’avoir «donné» Ben M’hidi aux paras de Bigeard. «Tout ça est archi faux. Ben M’hidi a été arrêté avant moi le 23 février 1957 et moi le 24. Il est clair que je ne pouvais ni le dénoncer ni donner son adresse, que du reste je ne connaissais pas.»

Dans l’un de ses témoignages, l’ancien président du GPRA, le regretté Benkhedda, affirme que Chergui ne savait pas où se cachait Ben M’hidi. L’ancien chef du gouvernement provisoire était lui-même traqué par les paras. Dans le livre La guerre d’Algérie 1957, il est écrit à la page 285 : «C’est au plus mauvais moment que Ben M’hidi s’installe ainsi au centre de la capitale.

L’état-major parchutiste est en effet sur la piste de Benkhedda. Il sait que ce dernier peut se faire aider par des pieds-noirs libéraux, notamment catholiques, habitant en ville européenne, c’est pourquoi, il fait renforcer la surveillance de certains quartiers résidentiels.» L’histoire de l’arrestation de Ben M’hidi et la calomnie qui s’en est suivie, touchant à son honneur, ont longtemps affecté Si Brahim.

Pourtant, en homme sage, pudique et réservé, il s’est abstenu de répondre à ses calomniateurs. L’histoire a fini par les démasquer au fil du temps et lui-même en a parlé dans son autobiographie, à laquelle j’ai eu l’insigne honneur de collaborer.

Repose en paix Si Brahim, la patrie t’est reconnaissante.


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