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Il s’est évadé de la prison coloniale d’Azazga : Ferhati Mohamed Ou Idir, chef nidham à Tamgout

18 novembre 2019 à 9 h 21 min

La glorieuse guerre d’indépendance, ce sont des personnalités iconiques connues, honorées par tout le peuple. Mais ce sont aussi de parfaits anonymes. Des moussebiline, des fidayine racés qui ont tout donné pour leur patrie, mais qui ont préféré rester dans l’ombre. Ferhati Mohamed Ou Idir est de ces nombreux combattants qui ont pris les armes pour libérer leur pays du joug colonial.

Originaire du village Ath Ouchen, Aghrib (Tizi Ouzou), il commence sa vie, démuni comme ses compatriotes. Né le 5 décembre 1930, le garçon, chouchouté parce qu’enfant unique d’une famille décimée par une mortalité infantile terrible, apprend vite à être responsable de la famille suite à l’éloignement de son père parti travailler dans une boulangerie à El Attaf (Aïn Defla), témoigne son fils. «Il a baigné dans le militantisme dès son enfance lors du passage des compagnons de Krim Belkacem dans sa localité, bien avant le 1er Novembre 1954», note-t-il. Au déclenchement de la guerre, la famille Ferhati de Lâazib Adrar n’a pas hésité à s’impliquer dans la guerre en donnant refuge aux maquisards de passage.

Non sans conséquences. «Le père (Ahmed) et l’oncle (Rabah) ne tardent pas être dénoncés et arrêtés par l’armée française en 1957, et jamais revus à ce jour, victimes de la fameuse ‘‘corvée de bois’’. Ils sont laissés sans sépultures dans la forêt de Tamgout. Peu de temps après, le tour du père arriva puisqu’il est arrêté et emprisonné à la prison d’Azazga. Il n’a pas cessé de cogiter tout seul au meilleur moyen de s’évader de cette geôle. Et l’occasion s’est présentée au bout du 6e mois où il trouva la faille pour prendre la clé des champs (il raconte avoir vu le plan d’évasion dans un rêve, la veille). Il rejoint directement le maquis en 1958, où surnommé Si Idir, il sera désigné chef nidham (de front) au douar Tamgout. Blessé à la jambe en 1959, il survécut en se cachant dans un buisson jusqu’à ce que ses compagnons le retrouvent et le soignent», détaille son fils.

Le combattant ne cesse pas pour autant son activité et rejoint le maquis. Ce n’était pourtant pas de tout repos pour ce baroudeur : blessure par balle de sa femme, arrestation de sa mère, opération Jumelles et ses affres dans la région, etc. «A l’indépendance, le moudjahid s’est retrouvé ballotté dans ses choix : la Wilaya III contre l’armée des frontières, l’appel du FFS, etc. Il décida de s’engager dans l’armée (ANP) suite à l’appel du colonel Si Mohand Oulhadj, chef de la Wilaya III, où il obtient le grade de sergent-chef, jusqu’en 1969», précise un parent. Mohamed Ou Idir préfère quitter l’armée.

Il est recruté par l’entreprise publique (Sogedia) où il menait une vie paisible malgré quelques ennuis de santé. «En 1989, Ammi cheikh, pour les intimes, décida de faire le pèlerinage à la Mecque comme l’aurait souhaité tout musulman. Là-bas, pour des raisons de santé (insolation et coma) il est porté disparu. Sa famille a réussi à le retrouver et le rapatrier», témoigne le fils. Il est décédé le 29 octobre 1989, à la veille de la célébration du 35e anniversaire du déclenchement de la guerre à laquelle il a pris part sans ménagement.


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